‹ Le dogme de Nicée [microform]Chapitre 66 sur 79 · Apol. c. Arian., 72; PG., XXV · texte numérisé non relu

Apol. c. Arian., 72; PG., XXV

LE SCHISME MÉLÉTIEN D'EGYPTE. 22o

tienne, évêque d'Hypsèlè? Quelques mois, peut-être. Il faut avoir ces ^ faits présents à . l'esprit pour apprécier à leur juste valeur soit l'épiscopat d'Arsène, soit la fidélité delà secte à l'engagement qui, en stipulant le maintien de ses positions acquises, lui interdisait toute promotion de clercs.

Parallèlement à l'accusation de meurtre, qui aboutit à cet effondrement, s'était élevée une accusation de sacrilège, échafaudée sur la personne d'Ischyras. Ischyras était un pauvre hère du Maréotis, devenu l'instrument des Mélétiens dans cette région où ils n'avaient encore pu faire aucun prosélyte. Ischyras commença de se donner pour clerc. Il n'était ni clerc ni qualifié par ses mœurs pour le devenir. Mais ces prétentions causèrent un certain émoi. Athanase, procédant à la visite des Eglises, fut averti par le prêtre du lieu. Il fit mander Ischyras, par ce prêtre et par un autre prêtre,* nommé Macaire. Les deux messagers trouvèrent Ischyras malade, dans son lit : ils se contentèrent de parler au père du malade, pour l'engager à veiller sur son iils. Le père* d'Ischyras et ses proches, mécontents de son incartade, le tancèrent fortement : au lieu de se rendre à leurs remontrances, il s'enfuit chez les Mélétiens, et l'incident prit des proportions tragiques. On raconta qu'ischyras avait été

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interrompu par Macaire durant la célébration de la sainte Eucharistie; que son autel avait été renversé, son calice brisé, les livres sacrés brûlés. Le récit comportait d'ailleurs des variantes : le preniier rôle y était tenu tantôt par Macaire, tantôt par Athanase en personne ; et pour le corser, on racontait, en outre le meurtre d'Arsène. Isehyras ne put soutenir . longtemps le personnage qui lui avait été imposé par la violence; cédant aux représentations de ses proches, il vint en larmes trouver Athanase, déclarer qu'il avait été roué de coups par trois évêques mélétiens pour accréditer cette fable, et -déposer entre ses mains une rétractation, dont voici le texte * :

Au bienheureux pape Athanase, Ischyras, salut dans le Seigneur.

Je suis venu vous trouver, Seigneur évoque, pour être admis dans l'Église, et vous m'avez reproché dés propos tenus par moi précédemment, comme si je les avais tenus de mon propre gré. C'est pourquoi je vous remets ce démenti par écrit, afin que vous sachiez qu'on m'a fait violence, que j'ai été frappé par Isaac, Héraclide, Isaac de Léto et leurs compagnons. Je déclare donc devant Dieu, pour démentir cette accusation, savoir que vous n'avez rien fait de ce qu'ont dit ces hommes. Il n'y a eu ni calice brisé, ni sainte table renversée : tout cela, oii me l'a imposé de force, on m'a poussé. Je l'ai démenti devant vous et vous ai remis déclaration écrite, comme quoi c'est mon désir et ma volonté expresse d'appartenir à votre communion...

, 1. ^po^. c. .4ncm.,|64; PCt.,;XXV, 364-65.

LE SCHISME MELETIEN D'EGYPTE. m

Isaac (de Gléopatris), Héraclide (de Niciopolis), Isaac de Létopolis : nous reconnaissons trois des évêques mentionnés dans le catalogue de Mélèce. Isehyras confirma cette déclaration par serment, en présence d'Athanase, de six prêtres et de sept diacres, tant d'Alexandrie que du Maréotis.

Cependant la calomnie avait fait son chemin.

Elle parvint aux oreilles de l'empereur. Attianase, mandé à la cour vers la fin de l'année 331 , put la démentir, et Constantin en reconnut l'inanité. Elle n'en fut pas moins reprise trois ans plus tard au concile de Tyr, et le pauvre Isehyras, rétractant sa rétractation, redevint, aux mains de la faction dominante, l'instrument docile qu'on" avait voulu.

Au lendemain de la soumission d'Arsène, qui constituait pour le parti la plus humiliante défaite, les Mélétiens pouvaient sembler définitivement hors de combat. Et sans doute ils n'eussent pas repris l'offensive, sans la prodigieuse ténacité d'Eusèbede Nicomédie qui les y ramena, en obtenant de l'empereur la convocation du concile de Tyr^ Des dispositions militaires furent prises ; une garde, commandée par le comte Denys, devait appuyer lès Eusébiens. Le prêtre Macaire, tombé entre

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