‹ Le dogme de Nicée [microform]Chapitre 67 sur 79 · Apolog. c. Afian., 71 ; PG., XXV · texte numérisé non relu

Apolog. c. Afian., 71 ; PG., XXV

leurs mains, était amené prisonnier à Tyr; Athanase Ini-même dut s'y rendre, en accusé.

Ariens et Mélétiens se partagèrent les rôles : aux Mélétiens Taccusation, aux Ariens la sentence. On décida de ne tenir nul compte de la défense présentée par les évêques d'Egypte, de Libye et de Pentapole, au nombre de près d'une centaine, tous favorables à l'évêque d'Alexandrie.

Arsène lui-même était là, réduisant à néant la fable construite autour de son nom. L'accusation décida de reprendre l'affaire d'Ischyras. On nomma une commision d'enquête, pour aller instrumenter au Maréotis, mais on eut soin de la composer de purs Ariens : Théognis de Nicée, Maris de Ghalcédoine, Théodore d'Héraclée, Macédonius de Mopsueste, Ursace et Valens évêques de Pannonie : tels furent les commissaires chargés de faire la lumière sur l'histoire du calice brisé. On écarta tous les candidats proposés par les amis d'Athanase ; et tandis que le prêtre Macaire, inculpé dans l'affaire du calice, demeurait à Tyr sous bonne garde, Ischyras était emmené au Maréotis pour documenter l'accusation. Philagre, préfet d'Egypte, prêta main-forte. Les clercs d'Athanase ne furent pas admis à témoigner en faveur de leur évêque ; on fit déposer, par contre, des païens, des juifs, sur les mys-

tères chrétiens ; on fit déposer, par force, des vierges chrétiennes, entre les épées nues, en n'épargnant aucune mesure d'intimidation, ni la flagellation, ni les pires outrages V. La commission rapporta ce qu'on avait voulu; et Ischyras, qui ne fut jamais prêtre, n'ayant d'autre ordination que celle qu'avait pu lui conférer un simple prêtre, CoUuthos, reçut pour prix de sa complaisance le titre d' évoque, avec l'investiture d'une église construite à son intention^.

La psychologie de l'empereur Constantin n'est pas le point le moins déconcertant de cette ténébreuse histoire. A la fin de l'année 331, il avait mandé Athanase à la cour et, après l'avoir entendu à Psammathie près Nicomédie, l'avait renvoyé couvert d'éloges, en signifiant à FEglise d'Alexandrie qu'il voulait la paix \ Au temps même du concile de Tyr, mis au courant, par lettres, du tour que prenaient l'affaire d'Arsène et l'affaire d'Ischyras, il écrivait à Athanase en personne, en termes forts durs pour les Mélétiens ", « ces hommes dignes de toute malédiction, pervers et injustes, stupides et dépourvus de sens,

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