‹ Le dogme de Nicée [microform]Chapitre 69 sur 79 · SozOMKNE, H. E., II, 25; PG., LXVII · texte numérisé non relu

SozOMKNE, H. E., II, 25; PG., LXVII

Aurelius Gerontius mon propre frère comme pouvant tenir ma place jusqu'à mon retour, à titre temporaire ; pourvoir à tous, les intérêts du monastère, disposer et administrer.., choisir des administrateurs comme moi, sans qu'aucune innovation puisse être introduite sauf le consentement des supérieurs du monastère, touchant... les moines qui voudraient sortir.

Cet écrit fera foi de la désignation, partout où il sera présenté.'A quoi j'ai déclaré expressément consentir. Aurelius Pageus susnommé, j'ai signé.

Les présents... CoUuthos et Dioscoride...

CoUuthos j'ai signé pour les autres, illettrés... Prôus... Paphnuce.

Ce concile de Césarée, qui mettait en mouvement une partie de l'Egypte ecclésiastique, était un coup monté par les ennemis d'Athanase, et s'il n'est pas rigoureusement prouvé que le prêtre Aurelius Pageus, appelé à ce concile, appartenait à la faction de Mélèce, nous avons les plus fortes raisons de le soupçonner. Le monastère Hathor était d'ailleurs — on le verra — entouré deMélétiens. Pour Athanase, il sut éviter cette ibis le piège qu'on lui avait tendu, et refusa de se rendre à Césarée. Mais l'année suivante, ses ennemis surent prendre leur revanche, en faisant intervenir l'empereur : Athanase ne put éviter de se rendre à Tyr.

Voici une autre pièce (papyrus 1914), qui nous introduit expressément dans les cercles mélétiens. C'est une lettre écrite de la banlieue d'Alexandrie, peu après le 23 mai (28 Pachon) d'une année qui n'est point désignée par sa

date consulaire, mais que les faits, permettent de préciser. On voit qu'Athanase est en proie à de grandes perplexités ; il hésite à entreprendre un voyage par mer. En Egypte, il a pris des mesures rigoureuses et obligé sept évêques à quitter leurs sièges. En même temps, il reçoit de Syrie de fâcheuses nouvelles : captivité de Macaire : arrestation, par un personnage nommé Jean, de certains amis d'Athanase partis pour délivrer le captif. Ces faits répondent à une date très précise. On est à la veille du concile de Tyr, qui se tint de juillet à septembre 335; Athanase avait pris la mer le 11 juillet. Dans Màcaire, nous reconnaissons le prêtre alexandrin inculpé dans la fameuse affaire d'ischyras, et qui sera retenu captif à Tyr pendant que les ennemis d'Athanase iront mener une prétendue enquête en Egypte. Dans le puissant personnage nommé Jean, nous reconnaissons Jean Archaph, chef des Mélétiens et adversaire constant d'Athanase.

, A cette date se produisent, dans la banlieue alexandrine, les faits qu'un certain Galliste raconte à un prêtre nommé Paiéus.

A mon bien aimé frère apa Paiéus et à Patabeit, prêtres, Galliste dans le Seigneur Dieu, salut. Nous voulons vous faire savoir les événements de céans. Vous avez appris tout de suite ce que nous avons souffert en cette nuit, dans la maison du-greffier Héraclius. Car quelques-uns des frères qui sont allés vers nous étaient avec nous dans

cette maison et peuvent rapporter eux-mêines les faits. Après ce jour-là, le 25 Pachon, Isaac, évêque de Léto yint

trouver Héraïscos à Alexandrie, et voulut dîner avec l'évêque dans le camp. A cette nouvelle, les partisans d'Athanase vinrent, amenant des soldats du duc et du camp; ils vinrent ivres, à la neuvième heure, après avoir fermé le camp, pour saisir Héraïscos et les frères. Là dessus, quelques soldats du camp, ayant au cœur la crainte de Dieu, les enlevèrent et les cachèrent dans les magasins du camp; ils échappèrent aux recherches. < Les agresseurs >, étant sortis, rencontrèrent trois frères qui entraient au camp : les ayant roués de coups et mis en sang

-au risque de les tuer, ils les chassèrent de Nicopolis. Cela fait, ils revinrent à la porte du Soleil, à l'hôtellerie où sont hébergés les frères : en ayant saisi là cinq autres, ils les

■ confinèrent dans le camp, le soir, et les retinrent captifs jusqu'à ce que le commandant vint au corps de garde le matin : le commandant, assisté du scribe, les prit et les fit chasser de Psicopolis, L'hôtelier Héraclide fut garrotté/ maltraité, gourmande avec menaces : « Pourquoi as-tu admis les moines Mélétiens à l'hôtellerie? » Il y avait dans le camp un autre frère, Ammon, qui lui aussi accueillait les frères : ils l'enfermèrent dans le camp, liii interdisant d'accueillir les moines dans sa maison. Il n'y a pas d'autre frère que ces deux à recevoir les frères : les autres ont pris peur. Nous sommes angoissés, entièrement séquestrés par eux. Nous avons la douleur de ne pouvoir parvenir jusqu'au pape Héraïscos et le visiter. La nuit où les frères furent maltraités, le commandant des soldats envoya un message à l'évèque : « J'ai commis une faute; j'étais ivre, la nuit où je maltraitai les frères. » Il fit les frais d'un repas ce jour-là, lui Gentil, pour expier sa faute.

Athanase est très abattu. Lui-même nous cause des soucis par les lettres et messages qu'il reçoit du dehors, depuis que l'empereur, ayant trouvé Macaire dehors à la cour... Archelaos et Athanase fils de Capiton étaient partis pour délivrer Macaire. La nouvelle en parvint à apa Jean à Antioche : il vint et s'empara de leurs personnes, sachant qu'ils avaient écrit contre Héraïscos de graves calomnies,

et qu'Archelaos lui-même avait porté les lettres hors < d'Egypte >. Ainsi Dieu les a conduits tous trois dehors et les y tient. La nouvelle de l'arrestation d'Archelaos abattit profondément Athanase. Malgré les démarches réitérées faites près ae lui, il. ne s'est pas encore décidé à partir : on a porté son bagage à la mer comme pour un voyage, il l'a fait retirer de la barque, ne voulant pas partir.

J'ai écrit pour vous faire connaître notre détresse.

Athanase a emmené un évêque de la basse terre et l'a enfermé au marché; un prêtre de la même région a été mis pareillement au secret, un diacre dans la grande prison ; jusqu'au 28 Pachon, Héraïscos demeure enfermé dans le camp. Grâce à Dieu, ses blessures ont guéri ; — le 27, Athanase a fait partir sept évêques : Emis est du nombre, avec Pierre, fils de Tubeste, Ne nous abandonnez pas, frères ; d'autant'que les proscrits ont laissé des pains derrière eux à l'intention de l'évêque, afin qu'il n'en soit pas dépourvu. Pour moi, achetant du pain pour notre subsistance, j'ai payé l'artaba de blé 14 talents. Si vous trouvez un homme sûr, envoyez-moi quelques pains. Je salue mon père Prauus et tous les frères qui sont avec lui, Théon le diacre, Saprion, Orion, Paphnuce, apa Sârmate, Paomis , Pior,Eudémon, apa T ryphon jGéronce, apa Hiérax, apa Hélénas, apa Aréus, apa Piam, Cornélis, Pisatis, CoUuthos, Joseph et ses enfants, Phines. Ne manquez pas, Pères, d'envoyer à Psais de Téroth pour l'artaba . de blé. Faites partir Tuas de Tamuros, que lui aussi aille à Tamuros pour l'artaba de blé ; le temps est venu de la recevoir. Je salue Paul le lecteur, et apa Elia, Anubas le grand, Anubas le petit, Pamutis. Tituès et ses enfants; Or de Tumnacon et tous les frères qu'il a avec lui ; Paphnuce et ïiéonidas son frère ; leur autre frère qui est avec eux.

A apa Paièus et à Patabeit. De Calliste,

Paièus, l'un des destinataires de cette lettre, est encore destinataire des sept lettres

suivantes (papyrus 1915-1921), écrites les cinq premières en grec, les deux dernières en copte. A travers les lignes de cette correspondance, on peut glaner quelques données sur sa personne. Son père avait nom Dicaeos !. Lui-même était prêtre, et confesseur de la foi% souvenir de la grande persécution. 11 exerçait son ministère probablement dans le haut nome de Gynopolis, non loin de ce monastère d'Hathor auquel se rapporte déjà la pièce précédente'. Son influence devait s'étendre à un groupe considérable. On lui écrit pour lui recommander un chrétien, marchand de vin, tombé dans la détresse financière et poursuivi par ses créanciers (pap. 1915-16); pour réclamer son intercession auprès de Dieu, et peut-être auprès des hommes (1917, 1919); pour diverses nécessités temporelles (1918, 1920-21). L'auteur de la présente lettre lui donne abondamment les nouvelles du jour, et compte bien éprouver sa bienfaisance.

Ce témoin de la vie chrétienne au iv® siècle, surgissant inopinément des sables égyptiens, tient un langage énigmatique parfois, mais non toujours. Entre les personnages qu'il

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