‹ Le dogme de Nicée [microform]Chapitre 73 sur 79 · Tomus ad Antiochenos, 5 ; PG.', XXVI · texte numérisé non relu

Tomus ad Antiochenos, 5 ; PG.', XXVI

m LE noGME M frtCÊE.

leë Arîêris. La fausseté des ÉLéeusations était si claite, au moins en ce qui coàcerne saint Athanase, que, de péttr d'êtfe confondus, les accusateurs reèulèrent devant la perspective d'ttne confrontation : Fépiscopat oriental, à i)eine arfîvé â Sardique, se déroba, et s'en fut à Philippopolis, sur le territoire de Constance, empereur d'Orient, laissant l'épiscopat occidental poursuivre seul, surplace,, l'examen des questions pendantes. Après la justification éclatante des acciisés, les Pères de Sardique voùlureiit faire aussi œuvré de doctrine, et rédigèrent tin mémoire qui ne reçut jamais une sanction officielle, mais dont le texte nous a été conservé par Théodoret. Ce mémoire, reprenant les expressions du concile de Nicée, les rétrécit, en ce sens qite, soudant étroitement le mot hypostàse au mot essence, il pËîrle couramment, et à pltisieufs reprises, d'une seule hypostase divine, et anathématise quiconque admettrait plus d'utie hypostase.

Pareille déclaration pouvait devenir une arme aux mains de ceux qui voyaient du sabellianisme partout ; et cètix-là, c'étaient d'abord les Ariens. Ils ne manquèrent pas de saisir cette arme et de la brandir contre leurs adversaires. Saint Athanase protesta étiergiquemeilt contre l'abus d'un document sans autorité.

Dans le célèbre Tome aux Antiochiens, émané

du concile alexandriiï de 362, il recommande de s'enquérir si les gens professent loyalement la foi de Nicée; quant au chiffon de Sardique, — îCiT'taziôv êv T"^ xaTà Sap^wÀv (juv6^(ù (juvraj^Ôèv,— il n'y attache aucune importance, cette formule aiguë n'étant propre qu'à brouiller les choses^.

L'attitude du grand évoque d'Alexandrie est intéressante à noter, à une date où la différence du langage menaçait de creuser un abîme doctrinal entre l'Occident et l'Orient chrétien. Daîïs le temps même où saint Athanase montrait tant de détachement pour le choix des mots, l'Occident croyait généralement la foi liée à l'affirmation d'une seule hypostase; l'Orient la croyait généralement liée à l'affirmation de trois hypostases. De cette divergence, nous trouvons une expression pittôi'ésque dans le langage de deux grands docteurs, un Latin et un Grec, saint Jérôme et saint Basile.

En Tannée 373, saint Jérôme a quitté Rome pour l'Orient, et nous le trouvons, deux ou trois ans pltjts tard, au désert de Châlcis en Syrie, occupé d'ascétisme et d'études. Il est arrivé là àVec ses habitudes occidentales d'esprit et de langage, professant la foi de Nicée dans les termes mêmes où elle fut définie

L Théodoret, h. E., II, 6; P&., LXXXII; 9994016; éd. Parmentier, II, 8, pp. I0I-II8;

àNicée, y compris l'identité « d'hypostase pu d'essence » entre le Père et le Fils. Et autour de lui, il entend qu'on se réclame aussi de la foi de Nicée, mais en affirmant trois hypostases, contrairement à la lettre du symbole. Non seulement on affirme trois hypostases, mais on prétend lui imposer aussi cette affirmation ; et on lui déclare qu'en s'y dérobant, il se rendra suspect de sabellianisme. Voilà saint Jérôme affolé. Il écrit au pape Damase pour lui révéler son état d'esprit. Chrétien de Rome,, il ne connaît que la communion de Pierre, sur qui le Seigneur a bâti son Église. Et voici qu'en arrivant à Antioche, il trouve dans cette seule ville trois évêques, qui sont près de s'anathématiser l'un l'autre, et qui chacun prétendent être le seul vrai évêque de l'Église catholique : Vital, représentant la tradition d'Apollinaire de Syrie; Mélèce, qu'on dit fidèle à la tradition des Pères de Nicée ; Paulin, qui prétend succéder à Eustathe, un des Pères de Nicée. Jérôme ne sait auquel entendre. Provisoirement, il suit les évêques égyptiens, exilés en Syrie : ces confesseurs de la foi paraissent offrir les meilleures garanties. Mais, poursuit-il, « je ne connais point Vital, je repousse Mélèce, j'ignore Paulin ))i. Il

Page 1