Saint Hilaire, De Synod., 81-82 ; PL., X
sière et matérielle interprétation de l'ôpouffioç, mais ne l'attribue ni au Samosatéen ni à ses juges. Il estime, au contraire, que, sur les lèvres du Samosatéen, ce mot traduisait la pensée qui lui était propre, la doctrine du monarchianisme sabellieh, contraire à la Trinité; que ce mot fut condamné à Antioche comme la propre formule de l'hérésie sabellienne et samosatéenne. Le jour où il apparut dégagé de toute compromission avec cette hérésie, sa réhabilitation s'imposait. Ce fut l'œuvre de Nicée.-
Si nous reprenons et analysons ces deux interprétations, nous voyons que l'une etl'autre procédaient du sens concret du mot oùcta, entendu comme essence première ; mais en abusaient en sens opposés. La première, pour matérialiser ridée de Dieu : c'était trois dieux qu'elle présentait, et quels dieux! La seconde, pour effacer toute distinction réelle entre les personnes divines et volatiliser le mystère de la Trinité. Deux interprétations également abusives, également fausses. .
Et maintenant, pour conclure. On a dû observer que le docteur alexandrin procède par conjecture ; il n'a point les textes sous les yeux, et reconstitue l'histoire telle qu'à son avis elle a dû se passer. Le docteur poitevin procède avec beaucoup plus de circonspection. Il a lu
les textes, et parle de choses qu'Usait; sa version présente beaucoup plus de garanties. Il y a donc apparence que, si.le mot o^oqûqioc, fut con^ damné à Antioche, cinquante-sept ans avant le Concile de Nicée, c'est parce que Paul de Samosate en avait abusé pour enseigner l'hérésie de Sabellius. Une fois purgé d'un sens abusif, le mot redeviendrait apte à rendre le dogme catholique ^
Cet incident, qui nous a retenus bien longtemps, est à vrai dire le plus saillant que présente l'histoire de Vhomoousios durant les trois premiers siècles. Il nous reste, pour concevoir une idée d'ensemble de cette préhistoire, à considérer les divers courants doctrinaux qui existaient alors dans l'Eglise.
Pour rendre sensible à tous les yeux la position du christianisme au regard de la pensée antique, les Pères de l'Église ont parfois recouru à l'image du Christ crucifié entre deuxlarrons; et rien ne nous empêche de la reprendre. D'une part, le judaïsme, fixé dans un monothéisme intransigeant, se refusant à admettre