II
.issaient pas avant; et voilà les idées de la révélation ui entrent dans l'histoire à un moment précis. Dans i supposition où Dieu est îutervenu pour sauver les ommes, il a agi dans le temps et dans t'espace, et Oilà certains faits qui ne se sont pas passés de tout bnips, en tout lieu, mais bien à un instant donné des iècles et en un point donné de notre globe. Dans la upposition où Dieu a agi, il n'a pu agir qu'au sein le l'humanité et par les hommes, et voilà l'action di- 'ine qui revêt )a forme humaine. Si vous voulez prosirire tout ce qui est historique et humain, vous pros- '.ïivez tout ce qui est surnaturel. La forme historique î8l la forme nécessaire du surnaturel. Il pourrait ne kas y avoir de surnaturel, mais il ue saurait y avoir lu surnaturel non historique. Et Dieu emploie surtout lu surnaturel humain : c'est là sa méthode, méthode Sminemmenl morale. En supprimant ce qui est hislo- 'ique et en cherchant à supprimer ce qui est humain, ?0U8 vous faites une religion à laquelle on peut donaer pour devise cette parole : « Cela n'est jamais arrivé, nais cela est éternellement vrai. » Et vous réduisez l'eslence de la religion aux vérités de la raison, du cœur, le la conscience, en somme à La morale et à la relifion naturelles. C'est-à-dire que pou ravoir voulu d'une religion où il n'y eût rien d'humain, vous en avez jne où il n'y a pas autre chose que de l'humain, où out est humain, puisque vous la réduisez à ce que le hilosophe, le moraliste, le métaphysicien peuvent [êcouvrir par eux-mêmes (I).
(1) B Pourquoi faut-il que lo salut s
co mm once ment
Les adversaires ihéologiques de l'hellénisme fai quelquefois une concession. lis consentent à admellt que l'hellénisme a en une mission , mais celte misBÎoi ils la diminuent autant que possible, afin de pourti la déclarer temporaire, dépassée, finie. Pour l'ex^ , quer, ils citent eus -mêmes une page de Vinet :
■ Contraste merveilleux, n dît Vinet, « le chrisliaoiMI naquit là où , selon toutes les apparences, il oc devait pd
a demandé quelque part M. Bouvier, Pourquoi La question surprend ua peu. Pourquoi T Pour qu'il soit n rédemption, une intcrvcotion surnaturelle de Dieu dans fb toire, et non pas une simple philosophie humaine, une mit phj'siquo incertaine , confuse et impuissante. — Ponrqi faut-il que le salut soit un commencement nouvcnu T Pu que s'il n'ùtait pas cela, ie salut n'existerait pas plus aujofl d'hui qu'il n'existait au temps de Socrate ou de Zoroaetre, pi plus qu'il n'existait en Edon après la chute d'Adj aalut n'est pas un commencement nouve; nouveau dans l'histoire de rhumanilè , veau dans la vie individuelle de chacun de nous, — il n!; pas da salut; car il n'y a ni christianisme objectif, puisqu'il g. pas de révélation ni da rédemption, ni christianismaj jecdf, puisqu'il n'y a pas de conversion, — PourqnDiJ^ 1 ? Parce qud i le salut n'W u, c'est qu'il n'a irien à fairo k lerté de Dieu; un salut qui i laine et de la liberté divine c
D de moral, donc rien do religiM
litre, et où, selon toolea les apparences encore, il devait
lourir en naissant. Mais la Grèce avait ëlé préparée comme
Duri*icc â cette enfance débile. La doctrine la plua humaine
ai eût jamais été enseignée (et cela est naturel puisqu'elle
tait diviae) rencontra, à son premier pas dans la vie, le
pie le plus humain, à prendre ce mot dans une seule ,
ia une des plus importantes de ses acceptions diverses.
A civilisation, l'intelligence, la culture grecques étaient
lomainca de deux manières : d'une naanifcrc nûgative, en
amenant tout, même la religion, aux formes et aux pro-
«rtiona de l'humanité, incarnation du divin, mais oi le
iu était absorbé^ puis, d'une autre manière, en cultivant
éléments humains de l'homme , ceuï qui s'adaptent le
aïeux à sa position sur la terre , à Viotelligence et à l'ex-
iloitatiOD des choses de la vie. L'humanité, dans ce sens
BStreint, ne Fut jamais si parfaite qu'en Grbce ; plus de
«s éléments qui, dans l'Orient et dans le Nord, compli-
naient l'existence mnr:de et la reudaient moins propre à
i Tie. Tout est possible à Dieu ; il peut changer, il l'a fait
Dnvent, les obstacles en moyens ; mais si nous admettons
DQ Dieu préfère, en thèse générale, les moyens naturels,
n'est pas vraisemblable que, passant par-dessus la Grèce,
eût confié le frêle berceau du christianisme à quelque
luple de l'Orient ou du Nord. Il a dû (aous nous croyons
UtorisÉ â cette expression) choisir le peuple qui, par sa
ivilisation et sa culture, n'appartenait à aucune direction
Kolusive, était par là même à la portée de toutes; qui, par
Equilibre de tous les éléments humains, louchait h tous
s peuples; qui, sympathique à tous, hostile à aucun,
suvajt être compris de tous; le peuple qui portait dans
un l'Orient et l'Occident réunis, le peuple, en un mot,
plus doué d'uoiversahsme. Un tel peuple devait être
>a conducteur du christianisme, et puisqu'il faut que
DUte idée prenne la forme du vase où on l'a renfermée, un
LB DOOHE SRIO.
tel peuple pouvait, avec moins d'inconvénients qu'aucun autre, imprimer sa forme h une idée éter;
Ces coasidérations de Viasi sont assez vraies, quoi^ qu'il y eût bien des critiques et des réserves à faire, et aussi des additions. Il semble, par exemple, qiM l'expression d'idée élemelle n'est pas très bien choisie pour désigner le christianisme dans son essence, Dous reviendrons sur ce point.
De plus, Viuet ne va pas assez loin, n'est pas assn complet : Dieu ne s'est pas borué à choisir, an moment de réclusion du christianisme, parmi tous leï peuples, le peuple grec. Bien longtemps avant U Christ, Dieu avait préparé le peuple grec, autrecoenl — mais de même que le peuple juif. Il est, croyonBnoiis, inexact, insuQisant de dire que Dieu a pris, lors de la uaissance du christianisme, le peuple grec, parc» que ce peuple était ce qu'il était. Le peuple grec étaitU qu'il était, lors de la naissance du christianisme, paitt que Dieu, dès longtemps, l'avait préparé pour l'œuTrt qu'il lui destinait (t). Certes, la préparation d'IsraSl été tout à fait spéciale et unique, comme il fallait quel fût la préparation du peuple qui devait enfanter le Me» sie. iVIais il y a eu aussi, soyons en bien convaincus, une préparation du peuple qui devait porter au loin christianisme et le répandre parmi tous les autres peuples. Dans la Grèce aussi Dieu a fait concourir
(1) Vinet, d'ailleurs, le donne à peu prùa à entendre, la qu'il écrit : t La Orèce avait été préparée comme nourrie) cette enfance débile, n Mais les paroles qui suivent celte i claration ne paraissent pas tout à fait d'accord avec ollo.
vers le but suprême. Là aussi, il a exercé 3 seos sou influence souveraiue. Et comment |K>urrait-il en être autrement? Comment hésiterait-on aie croire, du moment qu'on croit à la Providence, du moment qu'on estime que ce que Dieu a le plus à cœur, c'est le salut des hommes, la rédemption? Se- Tait'il admissible que Dieu u'ait préparé au christianisme que le peuple juif? Serait-il admissible que son action sur les autres peuples n'ait pas eu pour but dernier la rédemption? C'est ici le cas d'appliquer la mot de Paul : -ri itc-vw eU Xpioxdv {Coloss., I, 17).
Là où Viuet est bien dans le vrai , et confirme nos observations sur le caractère historique, humain, moral, de l'action de Dieu sur les hommes, c'est lorsqu'il déclare que la doctrine chrétienne est la doctrine la plus humaine qu'il y ait jamais eu, parce que c'est la plus divine, et lorsqu'il aiBrme que Dieu a choisi le peuple grec pour lui confier les destinées du christia- , parce que ce peuple était le peuple le plus huiVOui , Dieu a choisi, Dieu a préparé le peuple r influencer d'une façon durable le reste de wnitë.
Sgger cite quelque part celte parole d'Escbiue ê célèbre procès de la Couronne :
1^118 autres Hellènes, nous avons vécu d'uus vie plus
aine, et qous sommes nés pour faire l'éterael objet
(nifation des hommes, n — « Ecartons , » ajoute
', • écartons, si voua Ig vouiez, ce qu'il y a d'iij-
e dans cette patriotique emphase; une chose reste
êstabic : c'est que ica Grecs ont, surtout dès le
temps (les guerres médiqucs, la conscience déjouer dans le monde un rôle original et d'en être dignes. •
Venons-en maintenant à la restriction des adversaires de rbellénisme : si Thellénisme a eu jadis une mission, cette mission était temporaire, elle est aujourd'hui terminée. Voilà ce qu'on nous affirme. Bien plus , on nous exhorte à reprendre en sous-œuvre ce travail de Thellénisme pour défaire ce qu'il a fait', et ôter du christianisme tout ce qu'il y a mis. Est-ce bien soutenable? Les raisons que Vinet fait valoir pour expliquer comment le peuple grec reçut, à l'époque apostolique, la charge d'être la nourrice, le bon conducteur, le vase du christianisme, ces raisons ne subsistent-elles pas encore aujourd'hui ? Certainement, le cours de l'histoire a marché, de grandes révolutions politiques et autres se sont produites. Et pourtant, encore aujourd'hui, il n'y a eu et il n'y a aucune nation en état de rivaliser avec la Grèce ancienne aux divers points de vue que Vinet énumère. Encore aujourd'hui, il reste que le peuple grec a été le peuple le plus /lumamque la terre ait jamais porté. Encore aujourd'hui, on peut dire que Vhumaniiè^ dans le sens où l'entend Vinet, n'a jamais été si parfaite qu'en Grèce.
N'est-ce pas précisément l'argument qu'on fait valoir pour le maintien des études classiques, pour la conservation de ce qu'on appelle dans nos lycées les « humanités » î
Que dit-on, entre autres ?
On dit que, d'une manière générale, si les classi-
qaes grecs soot assurément moins anglais que Shaliespeare ou moins français que Molière , ils sont en revanctie plus humains. Grand avantage, l'ait-on remarquer, pour demeurer les éducateurs de la première jeunesse I Hieu en eus de très local, rien de très particulier, presque rien d'individuel. Dans une laugue très générale, ils expriment les sentiments généraux qui sont ceux de rbumanilé même. De très grands écrivains, parmi les modernes, allemands, anglais, français, italiens, des poètes surtout, ne sont pleinement intelligibles qu'à des hommes, à des homines faits, et à des hommes qui aient traversé les mêmes expériences qu'eux-mêmes. Plus grands encore , d'autres écrivains , des poètes dramatiques et des romanciers, ne sont cependant absolument compris, -sentis, goùlés que de leurs nationaux. Les Grecs, dans les genres les plus différents, sont immédiatement compris de tout homme qui pense. Ils sont cosmopolites, et de tous les temps comme de tous les ■lieux.
Un philosophe , ajoute-t-on , pourrait presque dire qu'ils observent, qu'ils composent et qu'ils écrivent eu deiiors et au-dessus des catégories de l'espace et du temps. D'une main facile, d'un trait sûr, ils tracent, pour ainsi parler, les contours psychologiques de cet homme universel dont l'âme, depuis eux, ira toujours se modifiant, se compliquant, s' enrichissant en mille manières, au gré de mille circonstances, mais ne cessera pourtant pas, dans son fond, d'être identique à elle-même. Pour ce motif, ils sont simples, d'une simplicité qui subsiste jusque dans L'affec-
98 LE SOQUB OHEC.
tation de leur style, et d'une simplicité dont n'avoQs pas retrouvé le secret : autre raison ei pour qu'ils coQvienneat merveilleusemeot à l'éducatioo de la jeunesse. Un eufaut de quinze ans, mis au point de les lire, n'entendra peut-être pas toutes les finesses de leur rhétorique, mais il se retrouvera d'abord de plain pied avec eux. Et, dans la connaissance de l'homme comme partout ailleurs, si c'est par degrés que l'on va du simple au complexe , les classiques grecs en ont marqué le premier avec une précision , un bonheur , une force qui n'a pas été , ni sam doute ne sera surpassée...
Toutes les grandes littératures de l'Europe moderne peuvent se diviser grossièrement en deux parts : l'une, ai nationale, si particulièrement italienne ou française, anglaise ou allemande, que les nationaul la peuvent seuls goûter, ou avec eux quelques poètes, quelques érudits, quelques critiques ; et l'autre, générale, qui, comme telle, ne se comprend peut-être, et certainement ne s'apprécie qu'au moyen et comme au travers de cette culture grecque dont effectivement elle procède...
C'est aiusi que s'exprime M. Bruaetière (1), dont nous avons reproduit littéralement les déclarations, en y remplaçant seulement lalm par classique ou grée.
M. Fouillée , dans son étude magistrale sur lei Humanités classiques, oe parle pas autrement. Et si lui aussi préconise le latin plutôt que le grec, c'est
(I) Histoire et litlira p. 33G-337. 342.
tll, Ls questio
LB DoauB QRBc BT l'beszhcb bu aHRiSTiAHisUB. 99 d'abord pour cette raison qu'il ne faut pas être trop exigeant et qu'en demandant trop on court risque de lie rien obtenir, c'est ensuite pour ce motif qu'il indique lui-même i
■ SaD s rompre la continuité de. la cLaïae historique, nous tâchons en partie un anneau qui est devenu plus éloigné de noua à meaui-e que nous avons progressé , tout comme l'hébreu et le sanscrit sont des anneaux aujourd'hui trop lointains, La substance assimilable de la langue et de la littérature grecques ayant passé dans la langue et la littérature latines, dont l'étude est eu somme facile, le latin suffit, pour la moyenne des esprits, k maintenir notre filiation ot notre contact avec l'antiquilë gréco-romaine (1), »
Mais, on le voit, le conlacl avec l'antiquité grécoromaine reste, pour M. Fouillée, souverainement important. Voici en |quels termes il le recommande :
■ Outre qu'il est pour nous national , le latin est aussi la seule langue pédagogique ayant un caractère international, puisqu'elle est le commun objet d'études pour les classes éclairées de toutes les grandes nations. Si , de nos Jours, les savants et les lettrés ne s'écrivent plus en latin d'un pa;3 i l'autre, il n'y en a pas moins toujours, entre les paya civilisés, ce trait d'union que tout homme vraiment instruit, lettré ou savant, à quelque peuple qu'il appartienne, a passé par la culture latine. Un grand Américain a pu dli-e que tout homme civilisé a deux patries, la sienne et la Francetout homme instruit peut dire qu'il a deux langues, la
(1) Alfred Fouillée, Les humanités classique» [Heu Deux-Mondes, 15 août IS90, p. '760).
sienne et la latine. Le latin établit donc renié entre les nations. Remplacez-.
ciftsscs supërieui'os, pai- des la aveo les éièvea, i-éduisez les et Ica réservant à quelques ama viendront de plus en plus rai non Beulement en rupture avec son en rupture avec l'esprit actuel des elles, auront conservé, pour leurs cli
gues vivantes qui ides latines au minimui eurs de l'antiquité qui ïs, vous aurez une France esprit national, mais
a éclai
a cul-
ture anliqu
! à côté de leur
:uUure
lalionale. Nous nous t universel (1), ■.
Et encore :
« En résumé, c'est au moment où, en Allemagne Italie, en Angleterre même, on s'inquiëtc de l'accroissC' ment des écoles réelles et du « réalisme • qu'elles favorisent, c'est au moment 0(1 l'on propose, dans ces paya, d'en revenir au f collège secondaire unique, » qu'on voudrait, en France, substituer à la culture classique une sorte d'arlequin anglo-germano-scientifique , supprimer l'étude des lettres latines, qui est de tradition vraiment française eu même temps qu'universelle, et qui a contribué au dùveloppement de l'influence française. Pour nous, nuu! pensons pas que l'heure snit encore venue de rompre avec une littérature dont la nûtre est le prolongement. • Messieurs les Anglais, messieurs les Allemands, lirez les premiers ! n Mais ils s'en gardent bien. Les Allemand^ , i particulier, à cûté de leurs écoles réelles, conservent avec soin leurs gymnases, oii l'un étudie neuf ans le latin et' sept ans le grec. Dana leurs écoles réelles elles-mêmes, du moins dans celles de première classe (gymnases réels),
(1) Alfred FoniUàe, ibid., p. T7S-77&
es DOSMA aaSC BT L'saBBHCB DO CBBISTIAHIBHB.
ils réintégrent le latin , jusqu'à lui donner . dans certains I ètab lisaementa , cinquante-quatre heures par semaine (réneuf années) ! En France, faut-il employer les Hirces de l'Elat, — si limitées, — à doubler inutileîignemcnt secondaire, pour le seul plaisir de Jltcer le lalln (ce cran de sûreté de l'enseignement iiret par une langue vivante, et de créer ainsi une EUrrence fatale aux études considérées dans tous les ipays cominc seules classiques? Même en Amérique, on ftft beaucoup de latin et de grec ; les jeunes Elles appren-
nent souvent le ktin. On a jusque dans les écoles prim
El enfin :
introduit les éléments de latin (1) »
« En Allemagne, sur un chiffre rond de 4G millions d'habitants, il se trouve 26,000 étudiants répartis entre les F&cultés de droit, de médecine, de théologie catholique et protestante, enfin de sciences el de lettres... 30 pour 100 de ce total d'élévcs étudient la médecine , 20 pour 100 le •droit, 30 pour 100 la théologie, 15 pour 100 les lettres, et autant les sciences. Tous, sans es^ception, ont étudié le latin et même le grec. Un examen de « maturité h uniforme donne seul aux jeunes gens l'accës dans toutes ces Facultés indistinctement. Or, quels sont les étudiants auxquels le latin, et, surtout le grec, sont pratiquement indispensablesT Les philologues et les théologiens, 35 pour 100 du nombre total, tandis que les étudiants en droit, en médecine et en science, c'eat-à-dire les deux tiers, n'en retrouvent plus aucune application sérieuse. Car il est vraiment inutile d'apprendre le latin et le grec pour saisir le sens de
^^W«d Fouillée, L'enseignement classique français [tteaue ^X-liondet, 15 septembre 1390, p. 266-2G7],
quelques mots scientifiques ou de quelques termes miH' eaux , comme anémie , typhus , choléra ou adaotaigie- Pourquoi donc maintient-on en Allemagne l'étude du grec et, à plus forte raison, du latin î C'est que, si l'Allemagne n'est pas pbjsiologiquemcut de race latine , elle n'en est pas moins, comme tputc nation civilisée, partiellement héritière de la grande tradition classique : c'est cette traditLoa que l'Allemagne , malgré sa litléralure nationale et romantique, ne veut pas abandonner. Elle sait que dans l'esprit allemand , quoique à un moindre degré que dans l'esprit français, subsiste encore en partie l'esprit de l'antiquité classique, mSlé à l'influence du christianisme. Elle se 'croit même obligée de pousser plus loin que nous l'élade du latin et du grec, parce qu'elle n'est pas déjà latinisée par SB langue même et par plusieurs siècles d'une littérature inspirée de l'antique. Elle se souvient que, si sa littérature nationale est depuis un siècle sortie de la barbarie, c'est que les Leasing, tes Herder et les Gœthe « ont renouvelé sur le sol germain le sens longtemps perverti de l'antique. » On connaît la science des Gœthe et des Schiller en fait d'antiquité. Faut-il rappeler VIphigénie de Gœthe, ses Elégies romaines, le journal VArt et l'Antiquité qu'il avait fondé, les (raductions que fit Schiller de Vlphigénie grecque et des Phéniciennes, et, enfin, ses Dieux de ta Griaî Ce n'est pas en Allemagne, assurément, qu'on répudierait une tradition glorieuse.
D Ce n'est pas non plus en Angleterre. A Oxford et ft Cambridge, sous les vieux cloîtres, avec la verte campagne en vue, le jeune Anglais, de vingt à vingt-cinq ans, médite, lit , écrit, vit en commerce avec les grands écrivains de l'antiquité. S'il est bon humaniste, il aura une bourse d'études, gagnera un fellotiship, et 11 aura pour sept années de loisir assuré, avec une rente de plus de 6,000 francs. M. Paul Bourget, dans ses notes sur l'Angleterre , montre
jusqu'à quelle profondeur l'édncation classique a pénétré Jï pensée anglaise L'auteur de Jules César et do CoHolan a l'antiquité par l'intermédiaire de la France et de . de Boccacc , de Montaigne et d'Amyot; Milton a 'deux livres de vers lalins : Elégies et Sylves; Cowper, iJamentatioD en strophes latines et sur le rythme . ByroD avoit écrit une imitation de l'Art poétique 'il préférait à son Chitdc-Harold. Le plus long de Eeats est consacré ù Endymion; son ode la plus i uue urne grecque sur laquelle se voyait danse d'amoureux et de joueure de flûte, du sculpteur, qui soustrait au temps la vie, et l'amoui', et l'action, pour les flirer en quelque aorte dans l'immortalité des formes pures . inspire à Keats une poésie sculptée elle-même à la grecque, qui donne le sentiment de l'immuable daos le mouvement même et de l'intellectuel dans le sensible. Shelley, tour à tour, s'abîme dans Platon et dans Sophocle. Deux chefs-d'œuvre de Tennyson sont un Tilhoiius et un Ulysses. Enfin , rappelons que Swinburne, pour contribuer au Tombeau de Gautier, nous envoya quatre odes : une en anglais , l'autre en français , la troisième en latin, la quatrième en grec. L'utilitaire Albion conserve donc le culte religieux de l'antiquité classique, du jmna dans l'i^ducation qu'elle donne à ses classes diriiH. 81 les nations latines, dans l'éducation de leur ■eoisie, voulaient s'aSranchir non seulement du grec, du latin , elles renieraient leurs ancêtres, et, itto aorte d'ingratitude intellectuelle, prépareraient la leur esprit national.
seconde condition de notre grandeur à maja-
'est celle qui a fait de notre langue même une lan-
lique, toute pénétrée du génie antique, toute intel-
ille et, par cela même, universelle... Jusqu'ici, la
par sa langue , une situation privilégiée, Yé-
ritabla héritier du latin, a-t-on dit, le français fat le ^ par lequel la civilisatioa antique se répandit dans 1 l'Europe.,. Or, notre langue ne peut vivre et qu'en restant classique et en se rajeunissant toujours 4 sources classiques. Nous n'avons dune pas le droit defl noncer au système national d'éducation qui a langue littéraire, ni aux traditions historiques dont i langue fut clle-m^uie si longtemps le dépositaire Bdèl'; serait rompre avec la gloire et avec l'influence inlellectiM delà France (1), •
Assurérneat, il pourrait paraître bizarre à plusiei que, dans une discussion sur le dogme grec et 1' tude que les chrétiens d'aujourd'hui doivent prei à son égard, nous fassions iutervenir les argumeill invoqués pour établir l'ulilité des études classiques el la oécessilé de les maintenir dans l'éducation. Si on veut y réfléchir, pourlaut, on apercevra qu'un grand nombre de ces arguments vont plus loin que l'objet même en vue duquel ils sont énoncés, dépassent en profondeur le but pratique et immédiat auquel ils sout employés. D'après toutes ces considérations, il ne paraît nullement évident que l'influence exercée par l'hellénisme sur le christianisme ait dû être uniquement momentanée, et que ce ne fût pas faire subir k ce dernier une perte regrettable, fatale peut-être, que de le dépouiller en bloc de tout ce que l'hellëoisme lui a donné.
(I) Alfred Fouillée, Les humanités classiques {Revue des Deux-Mondes, 15 août IBM, p. 764-T68J.
r mieux préciser notre pensée et noire attitude se du dogme grec dans sea rapports avec l'es- Bence du christianisma, revenons à la dernière phrase de Vinet, sur laquelle nous avons déjà, en passant, exprimé une réserve :
.* a Un tel peuple devait être bon conducteur du chriatianisinc, et puisqu'il faut bieu que toute idée preuae la forme du vase ou on l'a renfermée, un tel peuple pouvait, avec moins d'incouvénienU qu'aucun autre, imprimer sa forme i une idée éternelle. •>
Sur quoi l'on s'écrie :
a Est'it vrai qu'un peuple historique puisse jamais imprimer une forme définitive à une idée éternelleî » •
Il nous semble que l'eipi-ession d'idée éternelle n'est pas très bien choisie, (1), nous l'avons déjà fait observer, pour désigner le christianisme dans son essence — du moins elle n'est pas très complète. Non, ce n'est pas d'idée élernelle qu'il s'agit d'abord et avant tout, ni de révélation intellectuelle. Qu'est-ce que le christianisme?
Le christianisme, c'est la personne de Jésus-Christ, avons-nous dit. Et, en efiet, si la foi chrétienne, à son début, n'est souvent que l'acceptation de ta déli-
(1) Quoiqu'elle soit de Viuot, elle sont fortement l'inleilec-
yrance opérée par Christ, ou bien qu'une adliésion'' du cœur à une œuvre, l'œuvre expiatoire, par exemple, ou encore à une doctrine, bientôt les pensées et les afîections du croyant se sentent peu à peu portés vers la personne du Christ, et la foi devient tous lea jours davantage union intime et profonde avec le Christ lui-même. C'est l'expérience de tous les vrais croyan ts.
Le christianisme, c'est Jésus-Christ. Il suit immédiatement de là qu'en un certain sens au moins et dans une certaine mesure, un homme historique, un être humain a donc imprimé une forme définitive au christianisme, puisque le christianisme, c'est cet homme historique.
Mais encore, qu'est-ce que la personne de Jésus- Christ?
C'est une personne h. la fois naturelle et surnaturelle, humaine et divine, historique et ëlertielle. Jésus-Christ est la conciliation, la synthèse suprême de ces antinomies.
Il nait dans Vkttmanilé et vit comme un homme, semblable à nous en toutes choses; mais sa naissance déjà tisl surnalurelle, al surnaturelle est sa sainteté.
Il est homme, plus homme en vérité que tous les êtres humains , homme-type et jouant , par rapport à la race humaine entière, un rôle qu'aucun autre homme n'a aussi humainement joué; et en même temps il est Dieu, fils de Dieu, au sens propre et non au sens figuré du mot, au sens métaphysique el noa au sens métaphorique du terme.
Il est historique ; il est né à une date connue , dans
mu; les principaux événements de Ea carsont racontés dans des documents histori- ^oes donL l'historidlë paraît de plus en plus mise hors de contestallon. Et il est éternel, car il est le même, hier , aujourd'hui , éternellement. Car il est le Verbe éternel, assis éternellement à la droite du Père, qui a quitté, pour venir ici-bas souffrir et mourir pour lions, la gloire céleste que Dieu lui a rendue par sa résurrection et son ascension.
En lui tous les postulats de La révélation se trouvent accomplis et dépassés. Il les unit, les harmonise, les concentre et les complète dans l'unité vivante de son unique personne.
Mais ne uous arrêlous pas là. Le christianisme, c'est la personne de Jésus-Chrisl, Encore faut-il entrer en relations avec celte personne. Pour que deux intÉrieurs moraux communiQueDt ensemble, il faut entre eux des manifestations. Une personne ne se manifeste clairement à nous que par ses actes et par ses paroles, et elle n'a quelque prix pour nous que si • noua nous faisons une certaine idée d'elle. Le christianisme est donc essentiellement, avant tout, une personne ; mais, à moins de le réduire à un magiame qui n'aurait plus rien de moral, et, par suite, plus rien de religieux, il faut bien convenir que le christianisme, précisément parce qu'il est essenlielUment une personne, est aussi un ensemble de faits et AHdies.
Pour les contemporains da Jésus-Christ, qui pouvaient le voir et l'entendre, l'enseignement recueilli de sa bouche et les actions accomplies par lui devant eux constituaient ce moyen terme essentiel entre Je-
[ BOaUB QREC.
su8-Chrisl et eax. Pour nous (1), sans vouloir i certes, les relations personnelles, actuelles et viraiti
(!) On néglige trop souvent cette différence entre noii»'^ les auiliteura ou spectateurs de Jésua-Ghrist. — Par qu'on nous permette ici cetto digression, quelques tbèologifl l'oublient dans lit question de la valeur apologétique des S racles. Jésus-Cbrist, dont ils invoquent la théorie et la pra^ que en ces matières, n'a pas légiféré sur l 'apologétique ^ dix^neuviéme siècle. L'apologétique qu'il pratiquait de i vivant par Vaccompliseemenl de ses miracles ne prouve r; quant à l'apologétique que nous pouvons pratiquer, nous, ( jourd'bui , par leur r^cll. Vous me dites : « Hé quoil voi; uerrei an bommc accomplir tels et tels miracles , et cel&.fti prouvera rien ! o Le malhour, c'est que justement je n ' pas. Il s'agit de miracles accomplis il / a plusieurs siéda Vous me les racontez; vous essayez de m'en démontrer) réaliCé. Faudra-t-il vous répondre par cette formule qui oinait iftdis certnios contes populaires : o Je n'y étais pM , à vous non plus, pour que nous le croyions? » Non, J« vo crois. J'admets vos miracles. Mais pourquoi? parce que y preuves historiques controiBoent sciontiSquement mon adb sioDÎ Certes, j'ai le plus profond respect pour l'éruditioatf pour votre érudition. Et je suis bien persuadé qu'il faut à preuves historiques; mais, outre qu'attribuer à ces preuve historiques par elles-mêmes une puissance coavsincai cela même exclu!!ivemont qu'elles prétendent prouver rait courir le risque de placer le peuple chrétien sou
pond an ce des
et las eiperta
qui emporte la
'es miracles ont bien
douter, — Mais alors,
en contradiction avec
avez besoin dos faits historiques, doi
sous peine de tomber dans la mysti
des experts , même pour les savant rérudition, c'est-à-dire l'intelligenô finale, — j'eniends la conviction q«j réellement lieuT II est permis d'M
mémos. Vous prétende» qui
miracles du Chria^ , Et puis voi
de Jésus-Gh rious , sans
c l'dme du raclieté , nous ne pouria porte au plas dangereux raysti-
prêciei l'importance do ces miraclos, et vous seoibloï même leur refuser toute valepr protianto. "- L'objection ne nous parait pas fondée. Que sont pour nous les mirades? Cb ne sont pas clcs actes extérieurs en quelque sorte a la personne de JéauB-Clirïat, que jËSus-CiirL3t aurait accomplis 3im[jJenieat pour accréditer son message, comme s'ils en étaient distincts; da sorte qu'on pourrait tout d'abord prouver, par voie scientifique, l'historicité do ces miracles pour partir ensuite de là et en conelurs la divinité du message. Non. Les miracles sont certains actes particuliers du Christ historique, dont tous les actes et toutes les paroles nous sont nécessaires pour le connaîtra et entrer en relations avec lui. Les miracles sont donc une partie de la révélation que Jésus-Christ nous fait do luimËnae. Et nous ne croyons pas que l'historicité des actes et des discours de Jésus-Cbrist puisse être étahlie, par la critique, d'une façon pôromptoiro et contraignante. Nous sommes dans le domaine moral et religieux. Nous acceptons l'historicité de ces actes et do ces discours , non pas arlillrairenieut (nous avons des motifs, certes, des motifs moraux surtout), mais librement. Que les miracles ûa Jésus une fois admis prouvent quelque chose, cela est certain pour nous, puisqu'ils révèlent, manifestent Jcsus-Christ , et contribuent à nous mettra en relations avec lui. Mais il faut tout d'abord les accepter. Or le mJraclo peut s'impc>sor k ceux qui le voient, il ne s'impose pas au delà. Je no sais plus quel auteur n même afRrmé, non sans vraisemblanco , que la valeur probante du miracle décroissait dans la proportion rnémo où croissait le temps Écoulé depuis l'accomplissement du miracle. Et, appliquant à la question le calcul des probabilités, il a indiqué, en partant de l'époque de Jésus-Christ, quelle serait l'époque olila valeur probante des miracles du Christ deviendrait égale et mime inférieure à zéro. Quoi qu'il en soit, c'est par voie moral» ino nous, aujourd'hui, noua les acceptons. Ces
J cisme, réduire le christianisma à ces t'elations en^ daignant les Taits et les discours du Christ historiqdj
F que nous n'avons ni vus ni entendus , mais gui ntri sont transmis par la tradiLion, par la Bible : tant v drait, sous prétexte de pouvoir mieux cueillir les frttîfl couper l'arbre à sa racine.
Le christianisme est donc, sans l'être exclusiven un ensemble de faits et d'idées.
De faits, d'abord. C'est ce que paraissent onblti ceux qui en veulent si fort aux peuples historiqiw aux afdrmations dont on peut établir u[ie genèse hËl torique, à tout ce qui est historique eiiflu. Des failt appartiennent essentiellement au domaine de l'tiisloire. Un fait, — c'est un truisme, sans doute, mais il faut pourtant bien le rappeler, — un fait ne peut pas ne pas se passer k un moment donné, dans un certain lieu et daiiH un certain milieu, eu de certaines circonstauces (1j. Un fait ue peut pas ne pas être l'œuvre de quelqu'un ou de quelque chose ou de plusieurs personnes. Remplacez le mot idée éternelle par
morale qui QOQE conduit bu Chi et Eos pitroles, et c'est eUe qui nous ini pondèrance pour notre esprit à telles i iriques plutOt qu'à telli
Clirist historique k travers ses actes et pouvons, à travers le Christ historiqi éternel assis à la droite du Père, et e) relaliuns aetuelle!
(1) B Un fait n'i
(Louis Liard , La
historique à travers ses actei à accorder la prédé ration s et sr^-
, atteindre ie Cbrîit 'er avec lui dans des
t-il pas pour latJa temps et di ciencB poiUivB e
essentiel d'être !opoint de l'espaceT > éUphysique, p. 6Î.)
le mot {ait dans rinterrog»tion citée ci-dessus. Elle deviendra parfaitemeut ridicale : i Est-il vrai qu'uD
Uple historique puisse jamais imprimer une forme ïitive à uQ fait, à des faila? » Certes, c'est vrai. Ffait, une fois qu'il a eu lien , a toujours reçu uub forme déQuitive. Car rieû au monde, ijas même Dieu dans sa toute-puissance , ne pourrait faire qu'il ait eu lieu autrement qu'il n'a en lieu.
Idais le fait ne sufUt pas. Le fait par lui-même n'est rien, ne sert de rien (1), II faut, pour qu'il vaille quelque chose , l'interprètalion du fait, l'idée. Le fait chrétien dans sa gëuéralilë, c'est qu'un homme est né à telle époque, dans de telles circonstances, a vécu, a parlé, est mort sur la croix, est ressuscité. L'interprétation du fait, c'est que cet homme était le Fils de Dieu venu en chair pour arracher les hommes au péché, et qui a'est livré à la mort afin de faire la propitiation pour les péchés des hommes. Comme le dit saint Jean , avec saint Paul et les autres écrivains du Nouveau Testament et Jésua-Cb,rist lui-môme : » Dieu a tant aimé le monde qu'il a donné son Fils unique, afiu que quiconque croit en lui ne périsse point, mais qu'il ait la vie éternelle... Celui qui n'avait point connu le péché, il l'a fait pëclié pour nous, ahu que nous devenions en lui justice de Dieu... n
Qui nous dit que c'est en cela que consiste la vraie interprétation du fait chrétien ?
La question sa pose en effet. Car s'il est vrai qu'un fait n'est rien sans son interprétation, il est vrai aussi
(1) Cf. l'appendice I : Religion oL thàologlo, ou Fait e
qu'un fait par soi peut se prêter à biea des interprétations diverses, et que, réduit h lui-même^ il ne possède pas en soi de quoi suggérer inviaciblement et fatalement imposer une interprétation et une seule — la vraie (1).
Qui donc nous donne et nous garantit la vraie interprétalion du fait chrétien ?
C'est Jésus-Clirist lui-même et ce sont ceux qu'il a lui-même choisis, préparés et inspirés pour le faire connaître au monde : a Allez, » leur a-t-i! dit, « instruisez toutes les nations... Je vous ai dit ces choses pendant que je demeure avec vous. Mais le Consolateur, l'Esprit saint, que le Père enverra en mon nom, vous enseignera toutes choses, et vous rappellera tout ce que je vous ai dit... J'ai encore beaucoup de choses à vous dire, mais vous ne pouvez pas les porter maintenant. Quand le Consolateur sera venu , l'Esprit àè vérité, il vous conduira dans toute la vérité; car il ne parlera pas de lui-même, mais il dira tout ce qu'il aura entendu, et il vous annoncera les choses à venir. Il me gloriûera , parce qu'il prendra de ce qui est h. moi, et vous l'annoncera, i
Ce sont les apôtres qui avaient mission de raconter et d'interpréter les fiiits chrétiens, ces faits que M. Sabatier met avec raison en dehors de sa contestable évolution dogmatique, mais auxquels il faut joindra
(1) et. notre Leçon d'ouverture dans la Critique phUosopF*-i' qus do décembre 1888, p. 424. — Cf. aussi Secrétiu, Mon ittopie, p. 153 r a Les faits bistoriquornoot établis sont susceo^J* blBS des intcrprélitliona Ica plus diverses, ii
nOBHB
(eor interprétation. Ces faits, avec leur interprétation primaire, ces faits et ces idées, voilà ce que la dogmatique chrétieiiue a pour lilche di: toujours mieu.t comprendre, de toujours mieux exprimer, de réduire, peut, en une doctrine systématique bien en- Cbalnëe et de développer en une concecption univer- Mltfl et féconde de l'ensombla des choses. Ces faits et ces idées, voiià ce qui est à la fois le point de départ, la matière et la norme de tout le développement théologique , dans la mesure où il y a développement (1),
(1) Ainsi, des faits et des idèss admis par Vitre entier et provoquant une expérience, si l'on veut employer ce tormo ambigu 1 voilà ce que nous postulous pour la religion. — La théologie est une réflexion ; I" sur cette expérience , non pas seulement sur l'émotion, le sentiment, mais aussi sur l'élément iatelloctuci que contient l'expérience; 2' sur les idées intellectuelles et les faits historiques qui ont provoqué l'expérience. — Nous Bommos heureux do nous rencontrer ici avec M. Louis Binery,"qui écrivait naguère ; ii Ce n'est pas à dire que la religion chrétienne n'implique aucune doctrine; il va de soi qu'une vie d'obéissance ii la volonté do Dieu, basée sur la conviction que Dieu est amour, qu'il veut faire de nous ses enfants et les héritiers de la vie éternelle, il va <Ie soi qu'une pareille conviction implique une certaine conception du monde et de l'homme : la parfaite dépendance de l'univers vis-à-vis de Dieu, la personnalité do Dieu, la possibilité pour l'esprit humain d'une existence éternelle, la reconnaissance de Jésus- Christ comme l'homme-Dieu, etc. Mais quant aux formules dogmatiques par le mojen desquelles le chrétien cherche à sa rendre compte de ssfoi, de sa conception religieuse du monde, c'est la matière qui varie avec le développement général de l'esprit humain " {Evangile et liberlé du 1 septomh. 1892, Une étude sur Bossuet], On voit que M. Emery sait faire neltcment la distinction entre les doux classes d'éléments intellectuels :
Aussi les écrits des témaiDs de ces Faits, leurs ri et leurs interprétations, Tont-ils autorité.
Vouloir nous réduire aux faits sans idées prétendent aujourd'hui quelques théologiens, c' encore ouvrir la porte au mysticisme dans ce qu'i de périlleux (I). C'est là la thèse soutenue récemmf par M. Rivier dans quelques pages remarquabli mais où l'on désirerait parfois un peu plus de clar £n Toici le passage saillant :
Certes , il y a loin entre constater un fait hiatoriqaa en comprendre le sens i-eligieuï et surnaturel. Un ôvéi ment dont la signiQcation nous resterait étrangère De rsit avoir pour notre salut la moindre importance direo quand même i! serait d'une richesse ineffable en leçons vincs et en motifs religieux. Pour que nous coonaissii Dieu , il ne suffit évidemment pas qu'il agisse, il faut < COrC qu'il parle. Seulement, il faut qu'il nous parle. I noua ne pourrons jamais reconnaître son activité dana. fait historique , que si l'explication de celui-ci nous y ! personnellement constater un élément divin. Or, cette terprétalion , Dieu l'a donnée !e plus souvent , d'après récils bibliques, auic témoins des événements. Tandis t nous, pour comprendre ces faits, nous en serions i-édu à la rédaction plus ou moins exacte de leur intcrprélatii authentique ("ï). »
Dans ce que la Bible et l'histoire nous transmette!
ceui qui ne doivent jamais changer, ceuï qui peuvont chani toujours,
(1) Lorsque ce n'est pas ouvrir la porte nu roysticisme, c'
(2) Elude tur la révélation clirélUmie, p. «.
OQEC ET LBSBGNCE DU CHniSTlANISllE.
il n'y 3 donc que les faits bruts à prendre en considèration. Le reste est sans valeur; peu nous importe ce que Dieu a dit h d'autres; cela seul nous importe qui nous a été dit. — Cependant les faits sans idées sont sans aucune importance pour le salut, on l'accorde. — Par conséquent ce que l'histoire et la Bible nous transmettent o'a aucune imporlance pour le salut : l'importance réside principalement, fondamentalement, dans ce que Dieu nous dit, à nous, actuellement, dans nos révélations, dans nos illuminations mystiques, dans nos fantaisies, dans nos rêveries.
Pour avoir voulu écarter les explicalionsapostoliques du fait historique, on se trouve tout naturellement amené à écarter aussi le fait historique lui-même. Et, en etfet, nous demanderons à M. Rivier : pourquoi celte façon différente de traiter le fait et l'idée? « Pour que nous connaissions Dieu, il ne suffit évidemment pas qu'il agisse ; il faut encore qu'il parle. Seulement, il faut qu'il nom parle. • Voilà qui est bien. Mais pourquoi ne pas dire aussi : Seulement, il faut qu'il agisse pour nous , par nous et eu nous. Il n^St pas utile de faire parler Dieu hislonquement? Mais pourquoi le faire agir historiquement? Hé I nous en serions réduits à la rédaction plus ou exacte et plus ou moins authentique des faits [Certains hommes ont été témoins il y a plusieurs ? Non, non ! 11 faut que Dieu agisse pour nous nous (I). L'interprétation apostolique des faits
(1} Si on veut ad reporter p. 73, on verra que toi est bien, par exemple, le langage ilo M. G, Frommol.
Jt6 LB Doaat OBBO.
chrétiens nous est donnée par la tradition , celte nesle tradition, ce cauchemar des esprits soi-disi indépendants? C'est vrai. Mais par quoi donc vous plaît, vous est fourni le faii, sinon par cette ml tradition ? Vous assurez que la tradition rapport les idées a besoin de commenlaires postérieurs vous vous écriez : » Le dernier commenlaire ei aussi revêtu d'une aulorité divine (!) ? » Nous noiîr informerons auprès de vous si la tradition rapportant les faits n'a pas besoin de critique : la critique, par hasard, serait-elle revêtue d'une aulorilé divine?
Bref, qui dit fait, histoire, ditparlà même témoignage, traditioii, autorité. Plus d'autorité, plus de tradition, plus de fait.
Quant à nous, si Dieu a accompli certains actes déBnilifs pour toute l'humanité dans son ensemble, il nous semble tout nature! qu'il ait donné aussi d'nne façon définitive, par son (ils Jésus-Christ auteur da ces actes et par les apôtres témoins de ces actes , formés à l'école du Christ et pénétrés de son esprit, une interprétation de ces actes valable pour toute l'humanité. Dieu a agi une fois pour toutes d'une façon définitive; mais le sens premier, essentiel de cette action ne change pas, puisque l'action elle-même, l'action passée, reste acquise, immuable. Il y a donc des idées définitives k côté de faits délinitifs. CelE n'empêche pas Dieu d'agir d'une façon spéciale pot chacun de nous, et de parler aussi d'une façon spéciale à chacune de nos âmes. Bt nous accord)
(!) Elude sur Ja révélation chTélietme, p. 45.
,î)ien Tolouliers que sans celte action et ce langage particuliers de Ditiu pour nous et en nous, ou bien nous n'admettrions pas les faits historiques et les idées historiques qui constituent le christianisme objeclif, ou bien, si nous les admettions, ils resteraient sans influence et sans valeur pour nos âmes. Mais qu'on uous accorde aussi que sans les faits historiques et les idées historiques : 1° nous ne pourrions jamais être sûrs que Dieu parle et agit pour nous et bu nous; 2° ce serait sans aucun résultat que Dieu par-
■sil et agirait eu nous el pour nous; 3° Dieu ne |rrait même pas agir et parler en nous et pour
Nous affirmons donc que les écrits des témoins des faits chrétiens, leurs récits et leurs interprétations font autorité (1).
(1) Nous
vons dcji dit (note
1 do ta p. 74) quo, pour nouH
cclto au Ion
è était non absolue
mais relative. Déjà, dans un
lettre publi
uo par le Cftrislian
sme au dix-neuvième aiéci
du 17 dècsn
brc 1891, nous avio
as appliqué l'épithéto da s re
latïvo u à Tautoritô do la Biblo. On a bien voulu noms faire observer que nous aurions mieux fait d'écrire o autorité inégale, ■ L'un n'empécho pas l'autro, ot l'un n'est pas l'autre. Nous dirîolis donc volontiers ; autorité relative el inégale. A propos de cetto même lettre, quelqu'un aussi nous a écrit : s La déclaration do foi synodale sous le béucficc do laquelle vivent les Eglises cvangéliques do France , ot qui a été rédigée par uno personne dont le souveuir ost cher à M. Henri Bois comme k bien d'autres, proclame rnutoritê souveraine des Ecritures on matière do foi et non leur autorité relafiue. u Nous avons répondu en nous appropriant et en. reprodi pour notre compta les termes mônies dont le principal rédac-
IÏ48 LE DQHifB aBEc.
Maintenant , si nous trouvons dans lea doctrini les déclarations des apôtres des emprunts à la pbi Sophie grecque, des expressions, des conceptions, formules qui proviennent de l'bellénisme et do daïsme soit directement, soit par l'intermédiaire Pliilon, il ne suffira pas de montrer que ces tormi doctrine sont en effet d'origine grecque on juive, faudra prouver que les apôlres ne les considéraieni pas comme des parties essentielles du Christianisme, n'y ont pas vu la manière la plus exacte d'exprimer les faits rénovateurs et rinterprêtation de ces faits. Anlrement, ce sera n'avoir obtenu qu'un mince résultat, en vérité, car les chrétiens de tous les temps
r de la déclaration de foi de 1S72 s'est servi pour en préer lo sens : o Je no fais pas do difficulté à avouer une ctio», it qu'il est extrêmement facile de nous embarrasser sur cepoint, en exigeant de nous des déclarations absolues, on nom appliquant cette vieille maxime : a Tout ou rien u ; ou affirme) la thoopnonslie, l'inspiration do tous les mots, de tous Iw points, de toutes les virgules, — ou reconnaissez que !a Biblfl n'a pas d'autorité. Méthode hautaine et commode qui se heartt
Ik la réalité des choses, oii tout est plus complexe et oii rim ne se résout par ces propositions sommaires et tranchantea. En affirmant l'autorité souveraine des Ecritures en matière ds^ foi, noua affirmons non pas une théorie particulière sur )t mode de leur inspiration, niais un Tait premier et fondamental à savoir qu'il y a eu une révélation surnaturelle de Dieu, uni' action surnaturelle de Dieu au sein de l'humanité pour \B sauver, et que l'bistoire authentique Ue cette révélation, dB cette action de Dieu est dans ios saintes Ecritures; c'est poM^ quoi les saintes Ecritures sont pour nous l'autorité souveraint en matière religiense » (Quatre discours prononcés au aynoi Oinér&l de 1872 par Ch. Bois, p. 72-73).
mot ^
LB ooaKB snic BI
ont prétendu bâtir sur le fondement des apôtres; et uoe des épilhètes dout l'Eglise s'est parée et se pare le plus volontiers, c'est celle d'aposloUque. Peu importe où les apôtres otit pris ce qu'ils nous présentent. Du moment qu'ils nous le présentent comme faisant partie intégrante de l'essence même du christianisme, il faut, k notre sens, l'accepter.
Pour prendre un exemple, vous me démontrez que ^ c'est par des moyens tout naturels, tout humains, par rinfiueace de son milieu, etc., que saint Paul est ' arrivé à croire à la préexistence personnelle de Jésos- I Christ, Eh bien! pour moi qui sens que la préexistence — ou du moins la divinité de Jéaus-Christ dont la préexistence est la condition sine qua non — joue I un rôle capital dans ma vie religieuse, pour moi qui rois comprendre par les écrits de Paul que cette cine jouait dans sa vie religieuse le même rôle B joue dans la mienne, pour moi qui croisa |àration uon pas mécanique sans doute, mais (ndément réelle pourtant de l'apôtre, quand je mple ces moyens naturels, je me dis : ce sont toyens dont la providence s'est servie pour donkPaut ces idées. Ce milieu, c'est Dieu lui-même placé; ces inOuences i-abbiniques, c'est Dieu le qui a voulu qu'il les subit; et c'est Dieu mployé tout cet ensemble de circonstances Econduira son apôtre à la vérité capitale à laquelle lait l'amener, la préexistence personnelle du 1. Si réellement l'inspiration a joué un rôle cama la formation des doctrines des écrivains du Bau Testament, et ai pourtant cette inspiration a
employé des moyens naturels, s'est esercèe i façon nalurelle, il ua suffit donc pas d'indiqué moyens iialurels et de prouver qu'ils sont uature pour avoir par là mdme dépouillé les doctrines i quoslion de lout caractère inspiré, et s'être débarras e ces doctrines elles-mêmes (1).
(I) Nous pouvons l ■s'applique , non pas se
I judaïsme, (
> UQO graine est plai k'veloppe par deux )
fairo une remarque générale et ) lement aux rapporta du christiar aussi aux rapports du christianill le le mazdéiGuie par l'intermèdiairs.
Tainc a écrit quelque part : ■ Qn^ la elle se i
: celle des fou mposcnt, et celle dus forces oxtèriott » qui l'entourent. II y a en elle un arliro qui tond k ea p, ». duire, mais il y a en dehors d'elle un sol et une tempéraH » qui tendent à diriger ou à déformer sa croissance. TarBil) » nient, dans une reliBion, il y a une conception nouvelle; > la nature et de la conduite humaine, qui se complète par a j> propre effort, mais qui, en même temps, rcçoïl des circoii' ■ stances une impulsion distincte « {Nouveaux essais i tique et d'Itistoire, p. 290]. Nous n'admettrions pas, pouc part, telle quelle, cette comparaison. Nous n'aimons comparer les religions, œuvres do liberté, avec le développe-" ment fatal, aveugle et nécessaire des plantes. Mais la comparaison renferme cependant un élément prccie religion cbrcticnno, en tant que révélation, en tant qu'histoire, peut, avec certaine^ réservés, étro envisagée comme quelqua chose qui so développe [non pas fatalement, rcgnliéroinent] et qui, se développant, le fait suivant ses lois propres et originales , son fonds particulier, et pourtant en au dehors des éléments qu'elle s'incorpore et qu'elle a'assimil*
en les élaborant. Qu'on vienne donc noua dire : Voilà ! csttB
^^^ doctrina hébraïque est un omprunt fait au mazdéisme!
Voilà pour les faits évaugéliques et pour leur interprétation aposlolii/ue. Qu'il y ait dans ces iiiterprélatiOLis des éléments grecs oa no», c'est une question fort secondaire et qui ne saurait avoir l'importance ^uâ quuli^ueS'UJis essiiieiil de lui douner. Aucnne bonne raison m: saurait noua autoriser à rejeter à pi'iori un enseignement de saint Paul ou de saint Ji^au, sous prétexte qu'il a une cnnleur liellénique.
Mais la théologie postérieure, les élucubralions dogmatiques des pèros et des conciles? Lk, il est vrai, nous sommes en face de productions avec lesquelles nous pouvons en user beaucoup plus librement. Il n'y a pas de comparaison à établir entre les écrivains dn Nouveau Testament et les écrivains qui les ont suivis. Non pas sans doute que nous soyons en d'écrivains livrés k leurs seules et uniques for- Non pas que nous voulions méconuaitre l'action lanente dn Saint-Esprit dans l'Eglise, la contir nuilé de son influence d'illumination, d'iustruc-
doctrinc chrétienne est un oiriprunt fait n 1b phik qne! nous répondrons : qu'importe! Cela n'empAcho pas ehristianismo li'étre ([uclquc chose d'origiacd qui s'est progreS' sivement détoloppô depuis la chute jusqu'à Jàsus-Chrisl SUK apûtrcs, et s'il s'est incorpoi'ù des ùlêments d'oTigine cl gère, il n'y a rien In que do naturel, on dirait presque cessaire en vérité! Et s'appuyer sur colta incorporalj èlénionts étrangers pour rejeter telle ou telle partie du christianisme , co serait comme si on voulait couper les branches et enlever les feuilles d'un arbre, sous prétexte que lout cols- ' provient d'influences élrnugi'res à l'arhre lui-même : do sol, de la pluie, de la culture liu jardinier,..
tioii, elc. Mais eiiSti autre chose est la préparation et l'accomplisse me ni du salut de la |tai'l de Dieu (quoique dans l'homme et par l'homme], et autre chose, l'acceptation, l'appropriation, l'assimilation, par l'homme, de ce salut uae fois posé, accompli, et les réfleiious Ihéologiques de l'homme sur ce salut. Il y a là, sans contredit, uue ditTéreuce (1)qui assure aux écrivains de la préparation (Ancien Testament) et de l'accomplissement (Nouveau Testament) du salut objectif une supériorité marquée sur les Pères et les pieux auteurs qui se sont succédé jusqu'à nos jours. Avec ces derniers, nous pouvons traiter d'égal à égal, sinon même de supérieur à iuCérieur, nous étant les supérieurs et eux les inférieurâ. A quantité de points de vue, ils sont assurément inférieurs à nos dogmaliciens contemporains. Toutefois, qu'on nous permette ici deux remarques :
1" Soyons libres et indépendants tant que nous voudrons, mais non pas irrespectueux. De notre droit incontestable à penser autrement qu'eiuv, le cas échéant, ne nous laissons pas aller à déduire le devoir très contestable de prendre toujours le contreptud
,'de ce qu'ils ont dit. Ils peuvent se tromper, mais ils peuvent avoir raison. Us peuvent se trompei', maia nous pouvons nous aussi nous tromper. Prenons garde d'être égarés par une tendance qui sévit ches beaucoup à celte heure, la tendance h vouloir tout ]'e-
I nou vêler, et comme qui dirait à vouloir tout inventer.
i lo Jpgrô JcB
LB DOOHB QRKC SI L EBBDTDB SU CHItlSTIAIlieMB.
Innovons, soiti i! le faut; mais innovons avec sagesse, avec prudence , avec tact , avec modestie et tiiimiliLé, et après avoir pris la peine de bien étudier, pour les bien comprendre et les bien apprécier, les idées de nos devanciers.
2" Môme dans cotte lliéologie postérieure à l'épogue des apôtres , l'origioa hellénique d'un dogme ne saurait constituer à piiori un motif de négation pour ce dogme. Ce serait parfaitement irrationnel etdéraisonnable. Il y a des dogmes grecs? 11 y en a de mauvais et de condamnables? C'est possible. Mais il n'y a .aucun bon motif, à priori, pour qu'il n'y en ait pas d'excellents (1). Encore une fois, étudions, avant de uoos prononcer, chacun des « dogmosgrecs» l'un après l'autre h la lumière de l'Ecriture, de notre conscience et de notre raison. Hejetons, s'il le faut, mais oe nous croyons pas obligés de rejeter pour être des esprits larges et éclairés. Hejetons , s'il le faut, mais conser-
(1) Qu'on nous permette ici un rapprocbemeat. Dans son ouvrage si rcmarguHble sur Bourdulone, M, Anatole Fougùrè les critiques que Fénelon adresse dans ses Dialogues des divisions dans les sermons. « C'est, a dit Peine invontjoD trùs modorne qui nous vient de la acon Sur quoi M. Fcugùr ) Lors mâme quo cela s btL'interlocuteur B est bien kt cet argument. On a mïlli
|CtloDS puâriles et les subtilités raffinées de l'école. Mais , ïcolostiquc a mis en nsuj-c ùcs proct^rlés raisonnables et ' i pourquoi les repousser ? u {Boui-dalove, sa prédication ' i (<-mjis, p. Sfi.)
, avec beaucoup do l à fait vrai , qu'imant de plier pavillon son de répudier
ii4 LE DOOMB ORBC.
V0D6 aussi quand rien ne nous contraint à rejeter. En un mot, suivant le conseil de Tapotre, examinons toutes choses et retenons ce qui est bon.