‹ Le dogme grecChapitre 8 sur 15 · DOGUE SRËC ET LA CIVILISATION · texte numérisé non relu

DOGUE SRËC ET LA CIVILISATION

Un des grands mots au nom desquels on fait le (S i rheUéiiisme, c'est le mot de civilisation. de dogmes grecs! c'est la civilisation qui le veut, urquoi l'Evangile, après avoir provoqué UQ déveogmiiti*[iie dans le sein du monde greC, qui lui était à divers égards si contraire, serait-il à tout jamais frappé de stérilité, alors qu'il se trouverait placé dans son vrai milieu homogène, dans notre ci- TiliHation qui, en dépit de toutes nos misères, estbieosa fille authentiqua et qui le réclame par toutes sefli meilleures aspirations? On ne flatte nullement notra' époque en affirmant qu'intellectuellement parlant, elld' est plus chrétienne que les jours qui virent leagrandB^ conciles, alors que l'atmosphère entière était surchargée des miasmes du paganisme, ("est aujourd'hui seulement , après dix-neuf siècles , que l'Evangile esL enfin placé dans un milieu qui lui est approprié.' Pourquoi, après avoir levé sur le chemin pierreux ef au milieu des épines qui ont crft et l'ont étouffée , la

semence ne germerait-elli; pus, alors qu'elle a enâa trouvé la bonne terre? H y va de l'avenir de la religion et de la civilisation. — Si e.'scellente qu'elle pfll

être, la civilisation grecque était après tout paleiiue c'est-à-dire née en dehors de l'ucLion vivifiante de l'Evangile. Aujourd'hui nous avons une civilisation née du christianisme, qui, dans ses aspirations do moins, dépassG de beaucoup la civilisation grecque. Et, chose étrange, c'est entre cette civilisation uéedu christianisme d'une part, et l'Evangile de l'autre, que nous sommes menacés de voir s'étahlir un divorce bruyant. Ce fait est incontestahle. Il est de nature à troubler la foi des simples qui n'en sont plus aux espérances millénaires des judaïsants, rêvant d'an royaume de Dieu charnel dans le goût de celui des Pharisiens et des Mahomélans. Il s'agirait de s'expliquer. Car enfin que deviendrait la supériorité de Itf religion de .Jésus-Christ, si le monde chrétien fl sait, ainsi qu'il menace de le faire, exactement comme l'ancien monde? Pourrait-on parler encore de l'éternelle jeunesse de l'Evangile, religion universello, définitive, répondant aux besoins de toutes les époques du monde, et à loua les degrés de culture? Et voili' que, dans le sein de notre civilisation chrétienne, QUi entend de loules parts, et surtout de la bouche di ■ supérieurs, des cris de désespérance, à nom!

lire croire que , nous aussi, nous assiston:

d'un monde. Encore une fois, comment ce fait incoi lestable s'explique-l-iî ? A noire sens , l'Evangile sorbe, déOgurè par It; christianisme, sous l'actioa d* facteur grec, a perdu sa flexibilité et sou pouvoir d'ei-

pansioQ. Il se transmoL lù<in encore comme ua héritage du passé dans nos pays chrétiens ; mais, bien loin do faire des conquêtes , il perd pintôt du terrain. S'il SB propage encore avec succès, c'est dans le sein de populations non chrétiennes, apparemment parce qu'il leur est encore supérieur. S'il n'a plus de prise dans nos pays chrétiens, qu'il a cependant enfantés, le fait ne sn-ait-il pas imputable au christianisme beaucoup trop grec qui a laissé dans l'ombre l'Evangile auquel seul sont faites les promesses? Il est sans doute précieux que le berceau du christianisme ait été confié à la civilisation grecque. Mais l'humanité a marché depuis lors, une civilisation avec d'autres besoius, d'autres horizons, uuecivilisaLiûu chrétienne a succédé au monde grec. 11 ne faudrait pourtant pas que l'Evangile divoi'çât avec la civilisation chrétienne enfantée

I par lui, et cela par pur attaciiemeut irréfléchi , tradilibaiiel, 3upei'stilieu.\, pour la simplis forme du vase

' dans lequel l'idée éternelle a été primitivement déposée.

De ces déclarations, exhortations et cousidératioas, ne retenons pour le moment que ceci : on nouB somme, au nom de la civilisation, de renoncer à priori à l'ancienne dogmatique, au dogme grec.

Le procédé suggère bien des réflexions. Notez tout d'abord sa grande commodité, peut-être excessive. La civilisation est quelque chose que chacun peut faire parler à son gré. C'est un mot vague , une idée peu précise qu'on s'abstient de définir et de délimiter. On

rïS& ^B DOQIIB ÛBEÛ.

se borne à luricer ce mot sonore , sans diie ce qu'il j a ou plutôt ce qu'on met deasona. U est clitir ijue si la seule émission de ces syllabes magiques : civilisation, suffit pour condamner le dogme grec, elle doit suffire aussi pour condamner bien d'autres choses avec, et, d'une manière générale, tout ce qu'on voudra. Pour légitimer n'ira porte quelle négaliou.iln'yaqu'às'écrier; la civilisation le veut, Et,la,civilisation|devieiitunearme très agréable et très facile entre les mains de ceux qui, doiéduclion en réduction, nous aclieminent tout doucemeul à l'élimination de tout le chjistianisme.

Est-ce là une exagération? Regardons et écoutons. Que se passe-t-il par exemple eu Grande-Bretagne et en Amérique î Interrogeons les sociétés pour la culture morale. Elles aussi iiivoijii(3iit contre le christianisme la civilisation , et, entre leurs mains, la civili- Bation, vigoureusement maniée, n'en laisse plus subsister le moindre morceau. Entendez pUitôL le langa tenu par M. Sallerà la Société pour la culture mon de Giitcago, le 18 novembre 1883, dans un discours sur les bons et ks mauvais succès du proicstantisme :

a La Bible ne peut pas étie une règle de foi et de coi

duite poui' les hommes d'aujourd'hui... Tout le degré dK civilisation auquel ellu a àié ûcrile fuit maintenant place i, un degré plua t'k'vé. Noua ni; iJimvons plus penser comme la liible voudrait nous Taire iiL'useï- ; nous ne pouvons plu«! I croiri- oL espti'cr cunmic JOsiis ut lea apûlivs voudriiicnl nous fuite croire et espéref ; nous ne pouvons plus vivre et agir comme ils noua commandent de le faire. Nous sommes séparés d'eus non aoulcmenl par dix-liuit siècles de temps, s par dix-liuit siècles d'expérience, de pensée et de rfi-

W>' La DOQHB ORBO Bt LA CiViLISATIOX. Iz9^

f flexion. Pour pnsser les diffôrcncoa moins importantes, 'quel homme s'intëripasiint k U\ civîtinalion moderne pourrait Woire au rojaume des cieux comme Jésus y a cru? Quel Jiomaïc pourruit reRarder le monde et se confier en une frovideuce personnelle comme Jésus l'a fait? Quel bomrae pourrait croire aux miracles comme Jésus y a cru, ou prier comme Jésus a prié, ou avoir de Jésus l'idée que Jésus KVait àe lui-mônieT Jésus n'est )>lu3 une autorité pour nous, les ap6tres ne sont plus une autorité pour dous, toute la Bible est ce que les Allemands rippellent un « iiberwunner SlandpunkI (I), •

Voilà ce que les sociétés Tnorales réussissent sans peine à tirer d'un emploi Judii;ieux et consëqueiit de 'argument de ]u civilisation, En vérité, n'est-ce pas e cas de s'écrier eji appliquant ici uit mot céLèbra — modifié : Civilisalioa! Que de choses ne peut-on pas nier eu ton nom ?

Mais ne nous bornons pas à cette critiqua négative de l'argument tiré de la civilisation.

Qu'est-ce que la civilisation ?

Pour qnelques-uns, qni coufoudent civilisation et face, l'ancienne civilisation, la civilisation païenne est :elle des races latines. La civilisation actuelle, la ciriliSBtion clirélieiine, est celle des races germaniques. Blaciiielleintint les races latines sont enfoncées sur toute lit ligne, et à bon droit. Elles devaient l'ôlre, air elles sont inférieures sur tous les points aux races [ernianiques. Il y a li un préjugé et un lieu commuo

(l) La rettgion basée mir la morale, p. 111,

130 LK DOGME QREC.

qui rëgueut souverainement chez beaucoup à l'heure présente. Médire des races latines et tout attendre des races slaves ou germaniques, est en ce moment à la mode. Il est permis de douter que la mode coïncide exactement avec la vérité.

Tout d'abord ne se cache-t-il pas au fond de cette idée de Tantagonisme essentiel des races latines et germaniques une exagération qui est une erreur ?

« Nous éprouvons le besoin , • écrit M. Renouvier, t de déclarer que les traits généraux par lesquels nous nous permettons de caractériser les peuples, ou, comme on aime à parler aujourd'hui, les nationalités et les races, ne répondent pas, dans notre pensée, à des propriétés intellectuelles et morales dont celles-ci seraient dotées originairement par la nature , et qu'elles perpétueraient fidèlement et nécessairement à travers tous les temps. Les attributs et les penchants naturels et nécessaires des races sont, à nos yeux, du nombre des fétiches de Técole historique moderne, et nous ne connaissons aucune preuve sérieuse qui les appuie. Tous les faits réels qui constatent la persistance de telle ou telle nation dans un caractère donné s'expliquent, premièrement, dans l'origine et dans le cours de Phistoire , par l'éducation que cette nation a tirée des circonstances qu'elle a traversées, par le travail que la liberté de ses membres successifs a fait sur les impressions et les idées de tout genre qui l'ont abordée ; secondement, par la transmission des habitudes ou manières d'être ou de sentir, librement contractées, ensuite fortifiées et fatalisées de plus en plus par l'action des institutions domestiques, civiles, politiques et religieuses. Ces lois positives de l'ordre psychologique et moral rendent compte de tout ce qu'on a coutume de rapporter à la race ; et l'on ne saurait établir

n que soit quant à la nici^ mi^mu , faute de pouvoti' it une époque où les facultés natives qiielconquf des cbefs de tribus auraient pu s'obaei'VL'i' à l'état du et tout spoatanë, avant le recouvremcat opéré par les siècles (1). n

Après tout, malgré les caractères particuliers des divers peuples, l'homme ii'est-il pas toujours et partout le mËme dans sou foods? L'Evangile ne s'adresset-il pas à tous? Est-il réellement indispensable d'être allemand pour comprendre quelque chose au christianisme et pour faire de la bonne théologie?

Aux assertions des germanophiles et des gallophobes nous pouvons encore ici opposer celles de M. Renouvier. Il déclare que

■ l'Allemand a sur les homiiica de l'Occident et du Midi do l'Europe des supériorités qu'il faut accoi'der franchement; i

Mais il estime que

s dites latines se distinguent de leur côté, com- 1

porativement à l'ÂI le magne, |jai' un caractëi'e important qui [

I est de nature à les retenir dans la voie de la décadence,

Mt-ëlre (néme à leur conserver pour l'avenir la place i

elles ont occupée si longtemps à la tête de la civilisation I

Popéenne (3). ■>

M. Henouvier doute qu'on puisse

« appeler Kant un pliilosopbc allemand, lui d'origine écos-

(1) L'Esprit germanique cl i'e^iiri phique, 1M7!, I. I, p. 161).

(2) Jbid , p. 161.

' latin {Critique pliiloso-

' ' LB DOmiE OBBO.

c et dont la pensée s'fcarti' [iresque en lout de la m gormaaique |l). n

Il affirme que

* l'Angleterre ctl'Ecosae se rangent du cAtê de tu de l'esprit occidental, nor du côté ùa monde e C2). .

Et il conclut :

' Naii3 croyons ne rien exagérer i'D disant qne si, impossible, l'Allemagne était appelle à suivre le cours son développement, isolée du reste do l'Europe et sass mettre aucune iniluence extci'ne, elle pourrait eu veni se séparer du faisceau des races aryancs modernes, i | près comme les Hindous se sépaièrenl, il y a trois ou q tre mille ans, de ces autres aryans qui aval arec eux l'antique éducation védique, et desquelles reut les nations iranienne, grecque et latine. Elle c tuerait alors, sous l'action de ses idées dominantes religion et en métaphysique, une façon do christianii panthéiste et de philosophie émanatinnnisle, qui n'aui'ai plus rien de commun ni avec l'Ancien ni avec le Nouv Testament, hormis dans les mots, ni avec un exercice tique lie la faculté de penser. Son organisation sociale conformerait aux idées -que nous lui connaissons sa droit historique et la légitimité de la violence. Elle rct . bei'ait bientût duns cet engourdissement dont, api'ës (( ' elle ne sort en ce moment que grâce aux stimulants lui oiU ajipliquô d'autres peuples. Et l'on verrait alors

t[l) Ci-ilique pliilosophique, ibid., p. IG6. (!) Ibid., p. HiK.

>vicndrait l'aclivitë ralionnclle et scientifique dont

vante aujourd'liui , on vciTait si elle demeurerait

igtemps redoutable |iniu- ses voisins, ce qu'elle se sent

^ heureuse d'élre devenue ! Nous ne voulons pas suppo-

^iie, loiu de passer à cet état d'isolement iiicom|>alJble

t. civitisalioQ moderne, le mende germanique est dcs-

s'éteodre oit à rayonner de manière à être un jour le

^e universel. Il nous faudrait dire, en ce cas, que les

ments auxquels noire gi^nèration assiste sont les pre-

i de la chaîne de la décadence européenne ,

fcgéc même des jiius visibles [irugrés de l'ordre sciooiijc et malôriel. Noua aimons mieux espi>rci' que l'esprit I rucca liilincs, tel que nous le comprenons, ira de plus en plus en s'iicousant cl se foniflanl; que noire |)hiiusopliie H'atlucticra à un ci-iticisme dëSnilivcmcnt conscient de luimême et n'excluant, au nom des arguments d'une lausse i légitinke crayanccj que notre religion inclinera plulât à l'anthropomorphisme avoué qu'au dogme îninlelligibic de l'Infini et au cullc lic l'Absolu; que notre morale sera tuute fundéc sur la IJberlé et la dignité humal- 8UP le droit et le respect, sur la loi morale, et que noililiquc continuera à s'inspirer des traditions démocratiques clés aocii'us, dont nous sotnmcs, nous occidentaux et inéi'icliunaux, les sjuls fei-vents admirateurs et disciples, encore trop désordonnés seulement et trop peu pénétrés de s devoirs dans la poursuite de nos droits. Nous avons beaucoup â upprendre de l' Allemagne en fait de discipline. Sur tout le reste, nous pouvons lui ott'rir des leçons encore. Mais il n'y a guf^re actuellement de peuple, en Europe, qui u seutit capable de lui en donner en fait d'amour sincère de rbumauité et de la justice (I). »

(1) Critique pkilosophiijue, ibid., p. 1()IJ-I69,

E ORKC.

Sans doute la rédaclioii di; ces dernières lignes été iafluencée p:tr la date à laquelle elles ont été écn tes : 1872. Mais, une fois la part faite aus circonstances et au moment, le fond même de la pensée de M. Renouvler, qui, un peu refroidie, pourrait étri présentée sous une forme plus insinuante , n'en resU pas moins aussi vrai aujourd'hui qu'il y a vingt ang Et si l'on veut toute notre impression , nous ne saurions nous défendre de trouver quelque peu puérilfl cette exploitation du prétendu antagonisme d et de l'infériorité essentielle et irrémédiable des r latines au profit d'une certaine théologie. Cette inffi riorilé ne nous paraît nullement prouvée ni susceptible de l'âtre. L'infériorité essentielle de la race latins en soi k la race geroiauique en soi ne saurait être dà-t montrée, car il n'y a pas de race latine ai soi ni dti race germanique en soi. Il est bien certain que e cas les races latines ont éié supérieures aux races geiM maiiiques. Ne le sont-elles plus? Leur infériorité actuelle serait-elle établie, que cel» u 'entraînerait j les conséquences que l'on en tire un peu trop précipitamment. Il y aurait encore beaucoup à disculet pour savoir jusqu'à quel point l'infériorité actuelle des races latines et la supériorité acluelie des racQB germaniques exigent la rupture avec les dogmes qutf l'on prétend avoir été formés jaiJû sous l'influence de la pensée grecque d'il y a dix-huit siècles. II est clail qu'ici on perd pied aisément et que la discussion s'évapore dans les nuages. 11 ne peut y avoir aucun inté rét et aucun profit à nous embarquer dans des dispu' les sans issue possible et sans fondement sérieux , où

lacua ne pourrait guère Kecléfeiidre de trausCormer s impressions eu arguraents irrésistibles et ses préfaces en axiomes indiscutables (1).

.) Nous ne pouvons rési

e M. Emile Faguat

r (dEUis son livre intitu

~ au plaifiir de citer la page Les conclusions de M. Laumûis son livre intitulé : La nationalité françaiêe ) De laissent pas d'âtre très pessimistes. Il croit ferà la supériorité de ta raco germanique sur la race Il montre celle-ci toute composée de sceplirs et de baladins, de « légistes faiseurs de codes cependant que Tassent des légistes?), de « tribuns u de poètes visiuiiiiaires, » d' u artistes impuis- « prôtras simoniaques et infidèles « (à quoi 7). u si ['ils clament ainsi, rieurs et ignorants, faux et perdons la tiédeur changeante do leur climat, là-bas, au , sous le brouillard et la neige, Kepler et Neivton com- Bnt le cycle que Darwin a fini. •> Car on sait que Kepler précurseur de Darwin; ot qu'il n'y a pas eu en France, Italie, de mathématicien comparable à Newton, Oolilée. Saxon ot Doscartes Ecossais; que Darwin n'a ei :e aucun précurseur, Latnarck étant du pays de Galles,

:s les n

É ù rétablissement de que cette civilisation 1 comprendrait pourrace devancent à cet égard Cou Ls, s'attardent ot dégénèrent, n grain. Nous sommes, comme fHer-,

1^ par leurs découvertes, ont partii

e civilisation industrielle : on veri

'œuvre de la race germanique; ., quoi les peuples do cet autres, qui, de plus on n Aussi faut-il veiller cule antique, au croisement des deux chemins, t nalité a à choisir entre deux races, deux civilisations, l'une! caduque et surannée u {la sienne), n l'autre jeune et puiasanle u (celle germanique), u Si elle reste fidèle à ses traditions, à ses tendances séculaires, elle mourra... Si elle a courage et le pouvoir d'accomplir des réformes urgentes, se baptiser de sang barbare, de rompre avec un passé trop.

Revenons à quelque chose di; plus réel eL iJe || tangible. Et puisque la plupart de ceux qui c

:t gramli

is iléchuos et J'idoos rétrograJea lern, transformée, ra le lio bellDS choses.

Je ne reprocherai pas à ces conclusions ;l<?n'ËCro pas pal iGs ; jo leur reprocherai d'ctro v

s portée. Que nous veut bien M. LaumAnior 7 qa'entM ce baptême de sang barbai'e ? Que nous provoquions 'B n salutaireï quo nous épousions des Allemandes F" que nous apprenions l'allemandT Si à ce dernier point âeri daisent ses objurgations, je suis avec lui ; mais il faudra peu le <Ure. Que nous changio

à choisir cutro dcui: races u)? Cet cthnojji'apbo doit S qu'il est difficile. Quo nous nous pénétrions d'esprit allomi Je veux bien; mais pourquoi les Allemands ont-ils jugjS propos de se tant pénétrer d'esprit grec, d'esprit Istîn et q prit français depuis quelques centaines d'années, Bt d'olt que cela ne leur a pas mal réussi î

rite est quo M. Laumônier sait certainement c< ,B qu'il ne l'a pas Jit: qu'il n'a pas prouvé * I singulièrement complexe, de la supériorité de la race 1 nique sur In nûtrc, ni indiqué la moyeu de cette transfor I Mon do la race gallo-romaine en race germanique qu'il Aét â est que ces deux pages, pour être jetées là i 1 preuves et sans discussion, ont l'air, — je dis o

une pure et simple drclaiiiatîon. J'ai regretté qu'cUos dSJ

Elles ne l'empâchent pas d'être bon ; mais il ne servit S } plus mauvais si elles n'y Étaient pas. Bt que voulei-T< r que M. Laumônier donnerait tout son livro préol pour ces deux pagus-là? Je n'en sais rien, mais j'en suis é L'homme est ainsi fait. I/iilùe générale non prouvée ■ lui des eocliantcmcnis morveilleai. Il la préfère a les plus solides. Creuser son sillon, jcler son grain, la belle '

lA DOBHB ORBC HT U C

jours à la bouche le mot de ciuilisallon n'ont garde de le définir, cherchons à nous aniiiillLT à leur place de la tâche (]iii leur ùicomberait, et voyons ce que c'est, en définitive, que la " civilisation c et ce qu'il faut penser de la prétendue « civilisation chrétienne, n

Dans quelques remarquables articles de la Crîlique philosophique (15 avril 1875 et ÏS septembre lt(76), M. Reuouvier, qui nu peut être suspect eu l'espèce, M. Henouvier, dont se réclament souvent les adversaires du dogme grec, et dont la proroiiileur philosophique est hors de contestation et exerce toujours plus d'iiiflutiace sur tes pliilosopiies français, exprimait naguère et très nettemeut un sentiment assez dissemblable de celui des honorables chrétiens ou théologiens que nous combattons ici. Uôsumons sa pensée snr ce.J point, elle nu vaut la peine.

M. Henouvier voit dans la race grecque une racOi de discussion, d'examen, dd liberté , d'esprit critique.! Et toutes ces qualités OU tous ces penchants iui | sent développés chez les Gi-eca à mi tel point qu'oa. 1 peut presque , selon lui , ideutitier l'hellénisme et la- 1 raison.

Ce n'est là que la répétition de ce que disait déjà Isocrate dans son panégyrique :

a Notre ville, > s'éoriail le célèbre orateur albiîQJen ,

atToirc! Ce ijui est beau, c'est do liru au livre des destins Aillai est néo U giliUusopliio do l'histoire. Celle de M. Laumônier en vaut une autre, c'est-à-dire qu'ello ne vaut paj^l grand'cliose n (Réuni; rMcue , Courrier litlér.tiri- , 29 oct, 1892, p. 569-570).

f . notre ville a laissé si Inln Jerricre elle , en pensée ^ éloquence, les autres liuuinies, que ses élèves sont derei les maîtres des autres, et elle a fait si bleu que le nom Grecs ne semble plus être la désignation d'une ra celle de l'intelligence même, et qu'on appelle Grecs plu encore ceux qui participent à noti'e culture que ceux sont du mâme sang que nous, d

Par suite do ce développement intense de la raii les Grecs ont été nn peuple non de coutume simpl ment, mais de politique ouverte et discutée; un pla de science (puisque les deux points foudameotai en tontes les sciences possibles sont l'examen analyl que et !e doute préalable et que c'étaient précisémej Ik deux traits fondamentaux du caractère intellech des Grecs); un peuple d'observation et de calcul da tous les sujets d'oidre général ; un peuple à pend élevées et désintéi'essées, qui a constitué la morale système rationnel dominant les mœurs, la vie em] riquc et s' assujettissant le principe de l'habitude; u peuple d'art eufln; car 1' » esprit critique > discussion des principes » sont écrits d'avance dai la manifestation d'intelligence et de moralité d" peuple capable de composer ces œuvres d'art proi gieuses , VIliade et VOdyssée. La littérature , telle qi ce peuple l'entend, n'est qu'unu manière qu'il a de raconter à lui-même ce qu'il est et ce qu'il pense , de s'offrir en spectacle à lui-même. Il en est, pour lu des autres arts comme de la {Kiésie : tous offrent l'homme des portraits de l'homme, on des imitation des passions humaines : imitations, c'est Ini-mâi qui le dit , fût-ce en parlaot , le croirions-nous? do

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