CONVALESCENCE
De quelles douces voix est donc fait le silence ? Oh! laissez-en, toujours, autour de mon enfance, Dans les sérénités du paradis rouvert, Laissez-en murmurer VineffaUe concert...
Cette heure est chère et triste a mon cœur hors d'haleine, Chère comme un rappel d'une ancienne 'peine. Triste comme un beau soir parmi des inconnus. Je sens se rendormir mes désirs ingénus, L'essaim convalescent de mes jeunes chimères, Sous des baisers de morts et des baisers de mères, En mon cœur hors d'haleine après ses premiers pas, En ce cœur trop heureux, qui ne se souvient pas.
LqA mÈ'iiE
L'automne a ramené le cher anniversaire. « Ah ! soupire l'enfant, que ne sens-je toujours, Ma mère, autour de moi, votre a?nour tutélaire^ Et que ne puis- je croire à d'autres heureux jours? »
Heureux, et cependant d'une mélancolie Dont son cœur orphelin s'est toujours souvenu, Jours qui lui font bénir la chère ensevelie Comme un ange en exila jamais méconnu !
La mère, étrangement souriante et malade, Emmène vers les champs, qui sont faits pour ses yeux, Dans une douloureuse et lente promenade, Un enfant doux comme elle et trop tôt sérieux.
Oh ! le -premier sanglot des lys dans les vallées! Ses yeux regardent tout d'un regard étonné, Et la verdure et Veau, tout a coup révélées^ Ont fait crier de joie un cœur aussi bien né!
Mais la rnère contemple avec inquiétude Ce fils de sa faiblesse , au cœur virgilien; Elle craint tout du monde et de la solitude Pour ce cœur égaré comme Vêtait le sien.
Car le signe fatal d'une âme trop aimante. Hélas! n'a point trompé ses beaux yeux moribonds; Et son fils, en exil dans la vie inclémente, Comme elle, souffrira la passion des bons.