LE "DOK "DES LYS
A Albert Mockel.
Respires-en sur moiVodorant souvenir.
M"" Desbordes-Valmore.
Vous me voyez, ma sœur, l'âme tout (fperdtie, Mais pourqtwi/ûtes-vous si longtemps à venir ? Car je vous ailongfemps, bien longtemps, attendue.
Bien des soirs, trop de soirs , j'ai fixé V avenir , Comme un bel horizon oU fleurira V aurore; Vous n'aurez de mes lys qu'un plaintif souvenir.
Ce sont des jours lointains qui les virent éclore,
Ces lys fanés en moi, que vous auriez cueillis ;
Mais je vous donne un cœur qu'ils parfument encore !
Ma sœur, pure aujourd'hui comme Vêtaient mes lys, Que vous arrivez tard, douce enfant désirée! Ma robe nuptiale a perdu ses grands plis.
Hélas l et la voici, flétrie et déchirée ;
Xai si souvent étreint, pour tromper mon ennui,
La vaine vision qu'évoquait la vesprée!
Ah! c'est tard, c'est trop tard, que votre aurore a lui, Et ce jour juvénile éclaire des ruines. Vous voyez, cependant, si j'en suis ébloui!
Vos séraphins, mon Dieu, n'ont pas dans leurs poitrines Ce sang qui méfait mal, ce sang qui bat trop fort, Et vous leur accordez des faveurs moins divines!