LE DON DES LYS
Mais le petit enfant qu'une berceuse endort Ne dort pas le sommeil qui suivra nos étreintes; Ce sommeil sera bon comme une bonne 7nort.
N'aveZ'Vous entendu mon appel ni mes plaintes ? Monâm£, désormais, contient de tristes fleurs : Voici des lys fanés et des roses éteintes.
Et, telle est, néanmoins, la vertu des douleurs!
Quelque ingénuité que mon mie ait perdue.
Ma douceur de naguère a grandi dans mes pleurs;
Car je vous ai longtemps, bien longtemps, attendue!
L'qAVEU T'RO'P TEiK'D'RE
A Albert Arnay.
Ididhear y ou talk Fa r àbove sîngîng !
Beaumont et Fletciier.
Ton doux sceptre, ô Candeur, estpos^siir mon âme : Ce sont des yeux de paix qui m'ont laissé tremblant . Une petite enfant est à présent ma Dame, Et je la briserais en le lui révélant.
« Mon âme est suspendue a tes lèvres naïves ; Oh l parle encore l Oh! dis encore les doux riens! Que je leurre ma soif à ce rêve deaux vives, Que je pense cueillir tes lys élyséens!
86 LE DON ©■'enfance
J'ai dédaigné 'pour toile 'parterre et Vallée,
Et les fleurs en inoisson du bocage feuille.
Nulle n'a le parfum de ton âme exhalée ;
Que me veulent les fleurs, quand ma Dame a parlé?
Devant ton simple lin de madone apparue, En rêve, le sais-tu, pour la dernière fois, J'ai rêvé d'une enfant que son âme eût vêtue. Mais que je f ignorais, en ignorant ta voix !
Pourquoi te taire, enfant, et sourire? Oh! pardonne Les mots qui t'ont fait mal en te parlant de toi. Si to7i cœur, en s'ouvrant, ne sait ce qu'il me donne. Mon cœur, en l'écoutant, ne sait ce qu'il te doit.
Mon cœur, je le vois bien, te devait le silence ; Le silence, ou les pleurs, ou tes mots délicats. Mais un aveu trop tendre a troublé ton enfance, Hélas! et tu fen vas, mon cygne, tu t'en vas... »
LETTRE ;^l HOn^ATIO
Tu veiTas quelle reine ont siM mes pensen ; Tu verras safierté d'enfant, ses yeux baissés, Et son silence, et sa tristesse, et son sourire, Et tout ce que des mots voudraient en vain te dire !
Et quand tu la verras, certes, tu pleureras.
S8 LE DON d'enfance
Car je tremlle pour elle à chacun de ses pas :
« Oh ! lui dis-je, gardez vos forces défaillantes
Des pierres sans pitié dont sont faites mes sentes !
Pour 1/ mener un peu ma pâle et frêle sœur,
Que n'avais-je un gazon docile a sa douceur,
Et qui n'eût pas froissé ses pieds de nouveau-wk ' »
Et la vierge sourit, comme tme sœur aînée,
Mais avec im si tendre et si triste regard
Qu'il semhle dire : « Hélas ! enfant, qtcHl est donc tard !
Pour fouler ce gazon, que votre sœur est lasse ! «
Et ces yeux douloureux semblent me rendre grâce,
Mais je meurs du secret qu'ils n'ont pu me celer.
J'ai beau flatter son mal avec ce doux parler
Que ne veut plus comprendre une âme qui s'exhale,
« Ma sœur, ma bonne sœur! Serez-vous toujours pâle ?
Ou verrai-je un printemps fleurir votre langueur ? »
J'entends au fond de moi se récrier mon cœur :
« Mais je t'aimerais moins, si tu n'étais si frêle î »>