‹ Le don d'enfanceChapitre 5 sur 17 · LE RETOUR · texte numérisé non relu

LE RETOUR

« Après ce vain voyage aux fraternelles grèves Où j'avais cru mourir en la mort de mes rêves, Quand les chevaux cabrés d'un puéril orgueil Se furent ébroués, à la fin, dans le deuil Quipaije obscurément nos colères mauvaises, J'ai revu ton château parmi ses noirs mélèzes, Au sein des genêts roux q^u' effleurent de leur feu Les rayons désolés qui lui disent adieu, Ton château morne, Emmal dont l'antique verrière , Pleine encor des tisons d'une clarté dernière, Du fond de l'h orizon me regardait venir.

Ainsi ton fier logis verrait la même histoire Traîner dans ses splendeurs un rêve inexaucé, Et de tristes ennuis troubleraient son passé. 0 lendemain du rêve expiré, soir des races Qui ramène aux amours fanés les lèvres lasses, Sans leur rendre pourtant la fraîcheur du désir ! Ze paradis perdu de l'antique plaisir

Et toi, tu m'attendais, sachant ton souvenir \

Tenace à la façon des flèches barbelées.

Et que tous les efforts de mes mains affolées

Ne feraient qu'affermir en moi le trait reçu ! :

J'étais là, de nouveau, plus lâche et plus déçu,

Attendant, sans un mot, sur les degrés du trône.

Que tu vinsses à moi de ce pas qui pardonne. '■

Tu pris donc en pitié mon remords éperdu.

Tes yeux, sombres d'abord d'avoir trop attendu,

Eclatèrent du seul orgueil de leur victoire !

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