LES ADIEUX AU BORD DE LA MER
0 ma sœur, ai-je dit, ne parlez pas de charmes. ♦ Je ne sais qui m'attend, et vous voyez mes larmes ; Baignent les soirs d'été vous rendre vos aveux.
Les soirs! 2)l&ins de rayons, de chansons et d'haleines.
Et que j'explorerai sur de mornes carènes,
Ces soirs, tristes pour moi. Lieu, vous les fasse doux!
Nous nous serons aimés, pourtant, cette seule heure! Ah ! navire trop lent, reçois un cœur qui pleure ; Fais le soir et la mer bien vastes entre nous.
u^ som
L 'hiver n'a ])oint touché le val et la forêt : C'est un pareil silence autour de mon secret, Et l'Eden est le même, en un plus fier mystère.
Mais en ce calme soir qu'on rêve 'plein d'aveux, Un nuage, ô couchant, paré de tous tes feux, Porte vers les forêts son lent vol solitaire.
0 déclins! J'ai frémi comme devant mon sort. Tant les bois recevront un rayonnant trésor En sa chute inconnue aux enfants de la terre l
Lz.\ CRU^AUTÈ "DU "PIU^TEM'VS
Qui me délivrera de Vinmlte des fleurs?
Car mon cœur, aujourdliui, promène ses malades,
Hélas! et tro]) de fleurs jonchent ces promenades.
Refermez-xous^ lilas, que j'eusse aimés ailleurs ; Et toi, lys, orgueilleux comme une fleur qu'elle aime, Laisse-moi me distraire et d'elle et de moi-même.
Annoncez-vous V enfant que je n'espérais plus? Oh ! parfumez, alors, la sente qui V amène ; Efleuillcz-vous, lilas, sous les pieds d'une reine.
LE DON D E>'FAKCE
2Iais ne me rouvrez pas de paradis perdus
Si j'en dois cueillir seul les fleurs pour elle écloses;
Le souris qiC elle aura me navre dans les roses.
Je veux me résigner, ô toi qui ne viens pas! Mais donne à mon tourment la pitié de Vahsence; Que nul autre printemps n'évoque ton enfance.
Toujours entre les bras, toujours fuyant les bras, Pourquoi fuir a jamais mon rêve qui t'implore? Ton fantôme trop beau, m'a lassé de l'aurore.
Tes dédains m'ont brisé; j'en châtierai les fleurs! Je vous effeuillerai, roses des rosiers mièvres. Vos lèvres, trop souvent, m'ont parlé de ses lèvres.
— Le vain courroux d'enfant, que traJiiront des pleurs! Tu m'as flétri le cœur, cher cœur de l'inconnue^ Mais je n'ai pas cessé d'espérer ta venue.