LE LYS "DES VALLÉES
En moi je sens mourir un cœur prédestiné Meurtri de tout V amour quHl n'aura pas donné, Mourir, sans en rien dire, entre les mains des anges, A la simple façon d'un enfant dans ses langes, A la simple façon d'un tout petit enfant.
0 cœur, donné par Dieu, qu'un séraphin défend. Toi, rien ne souillera ta robe originelle! Sois content de la seule étrei?îte maternelle Dont t'environneront quelqtœs beaux soirs d'été. Et meicrs, dans ton désir et ta virginité. Le silence t'a fait orgueilleux et timide; C'est par lui que ta vie est si vaine et si vide, Toi, fait pour être aimé, toi, qu'on n'aimera pas !
34 LE DON d'eKFAKCE
Maintes merges, tes sœurs, t'eussent tendu leshms,
Comme au roi souTiaitéde toutes leurs pensées,
Hélas! et tu n'as pas connu ces fiancées,
Tu n'as pas vu venir dans la paix de tes soirs
Ces pjensives enfants qu'appelaient tes espoirs.
Et tu te meurs de tout cet amour inutile.
Cœur a jamais meurtri, mon 'pauvre cœur stérile !
LE "DO^ "D'E^FcAfKCE
En quel jardin fermé me suis- je réveillé? Ah! rien que les sanglots d'un cœur émerveillé] Des mots ne diront pas ce que l'âme veut dire.
Quelle Eve m' égara vers la paix de ces bois ? Pardonnez-moi, 7non Dieu, si j'en reste sans voix : Mon âme est une enfant, et ne sait que sourire.
Mon cœur sanglote ! Hélas ! ne le voyez-vous pas ? Mon cœur, qu'elle a ravi, défaille entre ses hras. Achevez mon lonJieur, et faites que f expire.
36 LE DON DENFANCE
Je n' eusse pas osé les vœux que vous comblez ;
Cest trop vite rouvrir VEden aux exilés; i
Kous ne sommes pas faits à ces grâces soudaines. ^
Et toi, par qui je meurs, et qui ne pleures pas, i
De quel ange envoyé foulais-tu donc les pas I
Quand tu m'as retiré des présences humaines ? *
liais que les purs léthés de ce paradis vert l
Font aisément douter qu'on ait jamais so uffert, i Et que mesguérisons mêmes me sont lointaines!
0 toi, dont les beaux yeux me regardent mourir Sans qu'un pleur fraternel vienne les obscurcir, Cette félicité ne t'est donc pas nouvelle?
LE DON d'eNFAKCE 37
Etrange et triste cœur que rien n'étonne plus, Tu Vas vécu, sans doute, en des soirs révolus, Le honJieur inconnu que ce soir me révèle ?
Ke me raconte pas quelle nuit vint après !
J'en mourrai, je lésais, sous ces calmes forêts ;
Elle me saisit trop pour n'être point mortelle.
Ali! cueille mille fleurs pour un lit parfumé! D'autres ne s'en iront qu'après avoir aimé; Ils ne seront pas morts d'unie mort aussi belle.