‹ Le Don Juan de MozartChapitre 12 sur 19 · SCÈNE ET AIR · texte numérisé non relu

SCÈNE ET AIR

Le décor change et représente l'appartement de Doua Anna. Don Ottavio est prés d'elle et la conjure de hâter

leur hymen, o Cruelle!» — lui dit-il, • — « voulez-vous donc, par de nouveaux délais, accroîti'e ma douleur? »

— « Cruelle, dites-vous? » — répond Dona Anna. — « Oh! non, mon ami!

« il no m'est que trop douloureux de « différer encore un bonheur que, tous « deux, nous désirons depuis si long- « temps!... Mais épargne encore la « constance de mon trop sensible « cœur!... »

Ce récitatif de Doua Anna et le Cantabile qui le suit sont d'un sentiment très élevé, dans lequel toutes les délicatesses de la douleur, tous les scrupules du deuil s'unissent à la plus noble

DON JLA.N. 16'i

expression de la tendresse. Le charmant Allegretto ([ui suit le Cantabile contient quelques vocalises (mesures 20-28), que Mozart y a probablement introduites par condescendance pour la virtuosité de son interprète, comme il l'avait fait dans l'Air de Don Oltavio (n° 20). Mais que de grâce et de sensibilité depuis la mesure 30 jusqu'à la fin de l'Air! Quelle espérance ardente à partir de la mesure 35 où l'appui sur le second temps est d'une étreinte si passionnée! Quelles larmes discrètes et fidèles, que de soupirs étouffés dans les mesures 40, 41, si expressives et si tendres !

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