‹ Le Don Juan de MozartChapitre 13 sur 19 · FINALE · texte numérisé non relu

FINALE

Nous voici arrivés au dernier tableau de ce grand et noble drame. Ce tableau comprend trois scènes importantes qui s'enchaînent assez étroitement pour que Mozart ait cru devoir les grouper sous le vocable unique de Finale, comme il l'a fait pour Tensemble des scènes qui constituent le Finale du premier acte. La scène représente la salle du festin chez Don Juan qui attend l'arrivée du Commandeur. Une troupe de musiciens occupe le fond du théâtre.

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Sur une fanfare joyeuse etinsouciante de rOrchesIre, Don Juan, richement vêtu, fait son entrée en scène : « Allons, « amis! » — dit-il aux musiciens, — « la table est prête ! Que les airs joyeux « retentissent! Quand je dépense mes « écus, j'entends me divertir! »

Aussitôt, les musiciens sur le théâtre entonnent une série de morceaux de différents rythmes, pendant que Leporello apporte les mets et les vins choisis qui composent le repas, tout en se livrant à des facéties sur l'appétit glouton de son maître. Toute cette scène est traitée avec une gaîté, une aisance, une désinvolture charmantes, et accom-

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pagnée par des combinaisons très variées d'instruments à vent.

Soudain Doua Elvire apparaît. C'est l'épouse qui fait une dernière tentative pour ramener son époux à de meilleurs sentiments. Sur un rythme plein de trouble et d'angoisse, elle accourt, non pour réveiller la tendresse chez ce cœur incapable de fixité, mais pour le sauver s'il en est temps encore. Tout ce mouvement musical est haletant de sollicitude etde supplication. Don Juan, insensible et cruel, ne répond à la douleur d'Elvire que par une raillerie amère et humiliante. Elvire, à bout de courage, plus navrée encore que révoltée, s'é-

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loigne en l'abandonnant à l'impénitence. A peine a-t-elle disparu qu'elle pousse un cri effroyable. Elle vient de se trouver face à face avec Vhonnne de pierre fidèle au rendez-vous.

« Qu'est-ce cela? » — dit Don Juan ; — « Leporello 1 Va voir ce qui se « passe!... » Leporello se dirige vers la porte et reparait aussitôt, pâle comme la mort.

Le rythme et l'instrumentation de ce passage respirent l'épouvante. « Ah I « monsieur, de grâce, n'allez pas de ce (( côté 1 . . . l'homme de pierre 1 . . . l'homme « blanc ! . . . c'est lui 1 ... si vous voyiez sa « figure!... si vous entendiez le bruit

« de ses pas 1 . . . » — « Hé bien ! » — dit Don Juan, — « puisque tu as peur d'ou- (i vrir, je vais ouvrir moi-même ! »

'^ Il prend un flambeau, se dirige vers la porte, et recule terrifié 1... La statue est devant lui 1...

Alors commence cette formidable entrevue qui est, peut-être, ce qu'il y a de plus grandiose dans la musique dramatique.

C'est sur les accords sinistres du début de l'ouverture qu'a lieu l'apparition du spectre. Je ne redirai point ici ce que j'ai dit, en commençant cette étude, sur la majesté de ces harmonies terribles.

Elles reparaissent, dans cette scène re-

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