ACTE DEUXIEME
Le charmant Duelto qui ouvre cet acte roule sur une altercation entreDon Juan et Leporello. Celui-ci, dégoûté de la vie que mène et que lui fait mener son maître, révolté dos violences qu'il lui faut endurer chaque jour, déclare que c'en est trop et qu'il est résolu h le quitter.
« Allons, garnement, laisse-moi tran- « quille !... » — « Non, non, Seigneur ! « Je veux m'en aller. » Le quatuor à cordes, deux hautbois, deux cors, voilà
tout l'accompag'nement; mais chaque note est à sa place ; rien n'est inutile, et la sonorité est aussi riche que discrète. Au point de vue de la comédie, on ne pouvait, musicalement, exprimer avec plus de justesse de rythme et d'intonation cette dispute familière entre maître et valet.
Vient ensuite un récitatif alerte dans lequel on tâche de s'accorder.
Do.\ Juan. — Leporello !
Leporello. — Seigneur?
Don Ju.vn. — Écoute un peu; faisons la paix; tiens, prends ceci.
Leporello. — Qu'est-ce?
Don Juan. — Quatre doubles.
Leporello. — Tenez, je veux bien, cette fois encore, en passer par là; mais, ne recommencez plus... et puis, qu'il ne soit plus question de femmes !...
Don Juan. — Plus question de femmes ! mais tu sais bien qu'elles me sont plus nécessaires que le pain!...
Etc..
Leporello. — Or çà, que désirezvous?
Don Juan. — Connais-tu la camériste de Dona El vira?
Leporello. — Non, seigneur.
Don Juan. — Eh bien! j'ai pensé que, tout à l'heure, le jour va tomber, et que, là, devant ce balcon, j'aurais
plus de chances de la séduire sous ton costume que sous le mien. Allons, vite, changeons d'habit.
Leporello. — Mais... Seigneur...
pour plus d'une raison...
Don Juan. — Assez, le dis-je; je ne souffre pas de réplique.