SOIS L'EMPIRE
f Eiso.iiittAS t QQitr«-vti]gl-douz« , ^oni lei ptui impôriiiiil^ «mt : t« mirqtilB d< PujîerL — Polignac [rères. — ?iun«a de to* Uiyi frèfc*. — De Poni.
— Pedro MeadaU. — Le géoëral Des noyers. — > Veraon de Hœder, major pruiiieo. ^ Cofm« FcdleînL ~~ Le baron d« KoMi. — Vao Âlplien»— Conditt^ -** Mina* — Ûuvrard. — A^ad. «—L'abbé d'Afitroi.
— L'abbé Fooiana. — Les eardrraayi di Piclro, Gabrîelli, Oppiioai^ Gregorlo. — L< géoéral Laborie* — Lei érlques de Gaiid, de Truyefr de Tournaf, — Eâmenard. — Lfl §éQér«ui espagnali Zb^mb, Landiiabal, Carlo« Odonnel, de )a Etoea, — Le baron Budon. — Eliear de Sabran, ete,
CquiéanliAnt B^AnuES : UjireL GouT£R?rttjft (181^) ; DaumetniL CoMHA^DANTS DU Docwjoff : Gillet, Leiarft.
Le 3 fuiti 180S, l'ordre siitviiit fut envoyé au iîeur Fàmmoîer, coocierge delà maison du Temple :
» Le âéoaieyr, minUlre de la police géoértk de l'empire « ordonne au concierge de h maiion du Tempie de remellre les prisonniers confiés à sa garde^ à M. Paqnes^ înâpecteur général
S16 « HBiom
da ministère, qui est churg^ de les faire UraDsporter dam le donjon de Vincennes; après cette remise, il 9e transportera i Vincennes, pour y recevoir lesdits prisonniers, dont il continuera à être chargé dans ladite prison.
» Signé : fovcsk.
» Les prisonniers remis à M. Pâques, au nombre de dixsept, sont :
HH. Dayid, prêtre.
Lavillalte, propriétaire.
Garrez de Mezières, ancien officier.
Bégon de la Rouzière, propriétaire.
Collio, ditCupidon, domestique.
Vaudricourt, rentier.
De Rousse de Puyvert* rentier.
Polignac (Armand), vivant de son bien.
Polignac (Jules), vivaut de son bien.
Bournissac, propriétaire.
LaDeufville, prêtre.
Chassuart ou Chassour, distillateur.
Daniaud-Duperrat, négociant.
Conchery, employé.
Auerweck, cultivateur.
Hontmayeux, professeur de mathématiques.
Tilly-Blaru, ex-propriétaire à Saint-Domingue. » Tous ces prisonniers avaient été compromis, pour la ploparl» dans les affaires de Georges. On reconnaîtra parmi eux des noms que nous avons déjà mentionnés. D'autres étaient arrêtés pour manœuvres contre la sûreté de l'état; d'autres enfin pour relations avec l'ennemi.
Ce que nous ayons dit de la Gonyenttoa, en affirmant que ce pouvoir n'établit jamais de prison d'étal, nous ne pouvons le dire du directoire, du consulat ni de Tempire. Les prisons d'état furent, sous ces divers gouvernements, le Temple et Sainte-Pélagie. À l'époque que nous venons de mentionner, l'empereur voulut que ces prisons se trouvassent hors de Paris, et pour cela il fit donner des ordres pour l'évacuation du Temple; il fit plus tard démolir la prison et la tour, sur l'emplacement desquels on éleva ce vaste hôtel, qui servit au ministère des cultes, et qui est devenu aujourd'hui un couvent, dont la princesse de Conti fut la première abbesse.
Les archives de la préfecture de police possèdent le registre d'écrou de Vincennes : ce registre est le même que celui du Temple, à la suite duquel on l'a continué. Il contient l'histoire complète du donjon, comme prison d'élat, sous l'empire. Tout y est mentionné : ordres d'arrestation, écrous, instructions, régime de la prison, et jusqu'aux visites annuelles faites par les conseillers d'état, par ordre de l'empereur. Nous allons suivre ce document précieux et authentique par ordre de date, afin de donner une idée juste de cette prison.
Ce fut le 7 juin 1808, à quatre heures du malin, que les dix-sept prisonniers dont nous avons donné la liste furent transférés dans le donjon de Vincennes. Le sieur Fauconnier, concierge du Temple, les suivit, comme on l'a vu, et fut provisoirement établi seul chef de cette prison. Il trouva les instructions suivantes, à la date du 30 juin 1808, signées par le sénateur, ministre de la police générale de l'empire, Fouché; elles portaient, entre autres, article dix :
« Le sieur Pâques, inspecteur général du ministère, est
Uft «UTQQII
chargé de gvrveiller T^éculion de cet ordre «i de iaire deu fois par semaine la ymte du donjon ; il rendra compte e)M<pit fois du résultai de son inspeclion, relativement au bon ordre de la prison et à la conduite des détenus. Il veillera à ce que les aliments soient ssins «et propres. »
Ce sieur Pâques parait en effet s'être occupé plua^péctal^ ment du donjon de Yincennes. Tous les ordres d arrestations sont certifiés conformes par lui sur êe registre» de même que ceux de transfert. Nous trouyons, en outre» dans la suite» une instruction qui ordonne de ne remettre qu'à lui 1rs prisonnîen.
Puis venaient diverses prescriptions, qui naccusaient pas «a régime sévère : les pri>onniers devaient être logés de préférence dans les étages supérieurs, pour être en meilleur air; on leor accordait deux heures de promenade par chambrée, à dee heures différentes; enfin les détenus pouvaient» moyeuunt permission du ministre, recevoir des visites du dehors» à nn parloir construit à cet effet» tous les dimanches et fêtes.
Comme on le voit» les prisonniers pouvaient oommuniquor ensemble par chambrée. On n'exceptait de celle mesure que ceux qui étaient au seciet. Tous ceux qui arrivaient à Viocen*nés y étaient mis provisoirement» et il durait plus ou moins longteii ps Cependant» à de rares exceptions» il était le^é as bout de qudques jours» et souvent après qu'on avait extrait ie prisonnier» pour Tinterroger au ministère de la police.
Maiiilenant voici par ordre de date le résumé des écrous de ce registre» et tout ce qui y est consigaé.
Le 19 septeuibre 1S08» Pierre Macanas» secrétaire intcndaiil du prince des Asturies et du prince d'Espugne» fui écroué m donjon» et y resta jusqu'au 3 juin 1800.
Le SO, ce furent Fernand Nunez de loslUos, secrétaire d'ambâMade à Lisboane, el son frère, Joseph, général de brigade. Ib furent mis en liberté le 9 mû 1809.
Le même jour, Laréa, agent diplomatique de Charles lY à Alger, y fut conduit et en sortit le 27 octobre.
Enfin le 25 septembre, Garmerero, officier de l'ambassade d'EÉpagne k Ck)n9tantinople, y entra aussi et fut mis en liberté h 22 octobre.
L'écrou de ces quatre prisonniers, tous Espagnols, porte pour motifs : prévenus de manœuvres frauduleu$es contre ta sûreté iê l'état.
Ce motif est exprimé sur presque tous les écrous que nous allons Toir. Un seul écrou déroge à la forme habituelle : nous altone le transmre en eutier ; il est h la date du 27 septembre 1808.
« Le ministre de la police générale ordonne au concierge du
donjon de receroir et d'ébrouer, en se conformant à la toi, le sieur
Armani Bertillat, prévenu de manœuvres contre la sûreté de
Tétat. Il sera retenu au secret.
» iSî^ ; FoucHÉ. »
C'est le seul écrou, disons-nous, qui porte celte phrase r m m ^mfmMnt à la loi. Ce Berlillat semble, en effet, sortir des prisonniers ordinaires d'état. Nous voyons dims le signalement qui est sur le reg stre, qu'il était simplement cultivateur. 11 fut Atrait deui fois du donjon pour être amené au ministère de la police. Il resta au secret jusqu'au 22 octobre, et ftit mis en libertélell avril 1809.
Ge fut peu de temps après, le 1*' novembre, que le sieur Gilet, lieutenant de gendarmerie à Sceaux , nomnié par décret de
l'empereur» rendu à Bordeaux, le 2 août 1808« commandant du donjon de Yincennes, fut installé dans son nouveau poste. Il donna ce jour-là décharge à Fauconnier des yingt-trois prisonniers que nous yenons de relater. Dès ce moment l'administration du donjon devint plus régulière. Le commandant avait sous ses ordres un concierge, un greffier, des guichetiers et des gens de service. Au concierge seul appartenait le droit de faire aux prisonniers les différentes fournitures, sous l'inspection du commandant, qui n'y devait prendre part sous aucun prétexte.
Les seuls prisonniers que reçut ce commandant dans la fin de l'année 1808 furent les nommés Devilaines et de Pons, chef de bureau au ministère de la marine, prévenus d'intrigues à l'étranger. Ces deux prisonniers furent écroués le 3 décembre.
Le 4 du même mois, M. Gérard de Raineval, ancien conseiller d'étaly y fut écroué pour le même motif.
Ces trois prisonniers furent extraits de Vincennes pour être interrogés les 7 et 9 janvier suivant, et mis tous trob en liberté le 24 février 1809.
Ainsi Tannée 1 808 présenta le chiffre total de vingt-six prisonniers sur lesquels deux seulement furent mis en liberté.
L'année 1809 s'annonça sous des auspices qui promettaient plus de clémence.
Après avoir mentionné Pedro Mendola, arrêté à Bayonne et conduit à Vincennes le 1^' avril 1809, pour manœuvres contre l'état, extrait du donjon» et nonréinl^ré, le 13 décembre 1813, hàlons-nous de constater la liberté de quelques-uns des prisonniers qui avaient été transférés du Temple à Vincennes.
La fille de M. Bégon de la Rouzière accourut au donjon
haletante de joie, apporter Tordre de mise en liberté de son père, le 6 avril, à neuf heures du matin. Cette circonstance est mentionnée sur le registre d'écrou.
M. Boissonnet de la Villale sortit du donjon le 8 avril; M. David, le 19; Monmayeux, le 12 mai; Conchery, le 20; Colin dit Cupidon en fut extrait le 14 juillet ; enfin le marquis de Puyvert fut envoyé dans une maison de santé, le 8 septembre. Mais la clémence ne fut pas entière pour ce prisonnier. Le 10 novembre 1812, il fut reconduit à Vincennes, oh il resta jusqu'au mois d'avril 1814, comme nous le verrons. Le marquis de Puyvert était destiné à commander dans ces lieux où il avait été si longtemps captif.
Ici commencent pour cette année de nouveaux écrous motivés pour la plupart sur les manœuvres contre l'état, mais qu'à la qualité des personnes on reconnaît pour s'être compromis dans la guerre d'Espagne ou les intrigues avec l'étranger. Cette catégorie de prisonniers est la plus nombreuse au donjon, ainsi qu'on en va juger par la liste que nous en allons donner.
Le 22 avril, le général Desnoyers fut transféré de la prison de la Force au donjon, il fut mis en liberté le 20 juillet 1811 .
Le 10 juin. Sorbi, Italien, y fut écroué. Il en fut extrait et non réintégré le 10 août 1811.
Le 18 juillet 1809, Yernèce de Reder, major prussien, amené de Vienne au donjon; mis en liberté le 14 avril 1810.
Le 26 juillet, Constantin Ârgenton, capitaine au 18* de dragons. Intelligence avec les ennemis de Tétat. — 14 novembre, extrait du donjon. — 22 décembre, fusillé.
Le 23 août, Cosme Pédicini, Napolitain. Menées séditieuses.
Mis en liberté le 8 février 1814.
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Le 8 décembre, Carréga. Manœuvres contre la sûreté de Tétat • Elirait, et noo réiolégré» le 12 août 1811 •
Le dernier prisonaier de celle année fut Delaunay Boisé Lor cas ûls. Ce prisonnier avait obtenu des lettres de grâce de l'empereur. Il fut conduit au dpnjOn, pour y demeurer jusqu'au 30 mars 1811, époque à laqueHe finissait sa peine. Nous ne savons par quelle circonstance il en sorlil avant le terme fixé, le 1 1 mars de la même année, (let homme, ainsi que Constantin Argenloa, ne fait pas partie de la catégorie des prisonniers délaU et ne devrait pas être compris dans la liste. Néanmoins nous les avons laissés, parce qu'ils fig irenl sur le registre d'écrou.
Ainsi Tannée 1809 nous présente huit prisonniers nouveaux, trois mis en liberté, et trois extraits pour aller dans d'autres prisons, car c'est une remarque à faire, et nous en avons acquis la preuve par la let ture du registre d'écrou, que ces mois extriUti €t non réintégrés, s'appliquent aux prisonniers qu'on transférait dans d'autres prisons, sans qu'on les désigne la plupart du temps, et non à ceux qui obt maienl leur mise en liberté. Dans ce cas, le registre d'écrou a soin de le mentionner.
L'année 1810 vit paraître le décret qui désignales prisons d'étal et régularisa leur régime.
Ce décret, en date du 3 mars 1810, est précédé de considérations générales qui disent qu'il n'est pas convenable de traduire les prisonniers d'étal devant les tribunaux ; les uns par un motif d'humanité parce qu'ils seraient condamnés à mort pour leurs complots, les autres parce que de hautes considérations s'opposent à ce qu'ils soient mis en jugement; d'autres enfia parce qu'ils sont espions des puissances étrangères ou coupables de délits politiques antérieurs k la réunion des pajs
DtJ DONJON DE VINCENNES- M
étrangers à la Fraûce. Que cependaûti « CoDsidérâot qu'il est de DOire jusUce, fsUil écrtt daos le décret, de s'assurer que eeux de nos sujets qui soot détenus dans nos prisons d'état, te sont pour cause légitime en Yue d'iotérét public, et dod par des cODsidéralions el des passions privées» il convient d'établir^ pour Teiamen de chaque affaire, des formes légales et solennelles ; décrète, elc» »
Voici le nouveau mode qu'établissait l'empereur : tout prî* sonoier d'état ne pouvait être détenu plus d'une année. Avant respiration de ce temps» deux conseillers d*état devaient visiter les prisons et faire un rapport au grand juge. Le grand juge, à son tour, devait en faire un à leoipereur, qui, assisté de son comeil piivé, déciderait s'il y avait lieu à prolonger ta captivité ou à ordonner la mise en liberté. Ce fut la seule garantie que Napoléon crut devoir accorder aux prisonniers d*état pour lesquels le régime, du reste, n était pas extrêmement sévère. Kous a%ons vu déjà ce qu'il en était. L'empereur consignait en outre dans ce décret Tallocation de deux francs par jour à litre de secours, en sus de la nourriture et de l'eutretien à ceux qui les réclameraient. Ce décret fixait enfin les prisons d'état et les portait au nombre de huit. C'étaient Saumur, Ham, If, Land^k^onn, Pierre Chàtel, Feoestrelle, Campiano el Vinceones.
Ces dispositions rendirent plus sérieuses les mesures prises envers les prisonniers d'état et établirent une espèce de jurisprudence qui fut observée pour Tii venir- A l'avenir aussi les prisonniers furent plus nombreux. L'année 1810 en présenle quatorze à Vincenoes*j -^^
Ce furent le baron de Kolli, ministre, diplomate anglais, et Ctonstant de Saiul^Bonnel, qui furent écroués le 25 mars 1810,
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nA UISTOfflE
Le 6 avril, ce fut le tour de d'Épinay Saint-Luc, comte germanique, émigré non amnistié, pour troubles et menaces envers les acquéreurs de ses biens ; venant de la Force. Thomas PiveU pour manœuvres contre l'état; venant également de la Force. ExIratU, d'Épinay le 8 mars 1811, Pirel.ie 18 décembre 1813, et non réintégrés.
Le 24 avril, Van Alphen, vicaire général apostolique de l'évéché deBois-le-Duc, et Moore, curé à Bois-le-Duc, pour manœuvres séditieuses. Van Alphen fut mis en liberté le 19 décembre de la même année, et le curé Moore le 1*' janvier 1811.
Le 9 mai, Julien Granier, rentier, pour manœuvres conùre rélat; et Concha, moine espagnol, pour trahison et espionnage. Granier ne sortit que le 7 février 1814, et Concha, transféré d'abord à TÂbbaye, revint à Vincennes et en fut définitivement extrait le 12 août 1811 et non réintégré.
Le 26 mai, Xavier Mina, étudiant, prévenu de brigandage ; on appelait ainsi la révolte d Espagne. Ce Mina est le général de ce nom. On a consigné, dans son signalement, un coup de sabre au bras droit. Mina resta prisonnier jusqu'en 1814.
Après lui, le 6 juin, le registre d'écrou contient cdui de H. Gabriel Ouvrard, ex-munitionnaire général, pour manœuvres. Plus heureux que le général espagnol, il ne resta au donjon que jusqu'au 8 janvier 1811.
L'ordre de date amèoe la mise en liberté des frères Polignac. Ils furent élargis le 23 juin 1810. Ces deux frères laissèrent au donjon des traces de leur séjour qu'on y voit encore. Ils habitaient le quatrième étage, Armand, la chambre n^ 43, Jules, celle n^ 46. Ils avaient tracé dans l'épaisseur du mur, contre la croisée de la salle commune, un méridien qui leur indiquait
DIT T>ONJON DE YÏNCENNES.
rheure. Ce méridien existe encore. Le prince de Polignac a dû le retrouver, lorsque, pour la seconde fois, il a élé prisonnier à Vincennes en 1830,
Le 30 juin de celle année, on emprisonna au donjon le nommé Abad (Antonio), chef de bande de rebelles espagnole. Cet homme élail Irès^redouté dnns la prison. Il resla longtemps au secret et ne sortit qu*en 1814,
Le 7 août, Bournlssac fut mis en liberté, et le 15, M. de Bylandl, aide de camp du roi de Uolknde, fut écroué à Vincennes, toujours pour la cause générale de manœuvres contre k sûrelé de Tétat. U fut mis en liberté le 18 septembre de la m^me année.
Ici, pour la première fois, se trouve sur le registre la trace de l'exécution du décret du 3 mars 18t0. MM, Jolivet et Faure, conseillers d'étal, commis à cet effet, ont consigné de leur propre main, en ces termes, la visite qui leur était ordonnée :
t< Vu par nous, conseillers d'état, nommés commissaires par sa majesté pour Teiéculion du décret du 3 mars 1810,
>} Sùjné : Jolivet, Faure • >*
Nous verrons plus tard la décision du conseil privé qui intervint,
U y eut encore deuï prisonniers durant le cours de celte année. Ce fureol Piiitippe DesjardiDS , curé des Missions, prévenu de correspondance avec un prince étranger sur les affaires de la France, écroué le 19 octobre, cilrail le 24, et non réintégré, et Maurice Rivoire, écroué le 24 décembre 1810, eitrait le 12 août 1811, et non réintégré.
Les djscuî^sions entre le pape et l'empereur, trop connues pour que nous en parlions ici avec détail, envoyèrent au don*
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jon QQ grand nombre de prisonniers ecclésiasliqaes pris dam les premiers rangs de TEglise.
Le premier qui figure sur le registre d'écrou dans Tannée 1811 est M. Paul-Tbérèze Daslros, alors prêtre, vicaire général capitulaire, aujourd'hui archevêque de Toulouse. Il fat conduit au donjon le 4 janvier, prévenu de manceuvresiéditieuseM^ formule qui deunt générale alors pour le clergé, comme mor ncsuvres contre la sûreté de l'état l'était déjà pour les autres. L'ordre d'arrestation dit qu'il faut garder l'abbé Dastros étr<»tement au secret, mesure qui fut sévèrement exécutée. L'abbé Daslros avait, à ce qu'il paraît, affiché la bulle d'excommunication sur les portes de Téglise de Noire-Dame de Paris. On soupçonna Pierre Lacalprade, chanoine honoraire de Notre- Dame, Fonlana, prêtre italien, et Tabbé Perreau, d'être ses complices. En conséquence les deux premiers furent arrêtés la même jour que lui, et le troisième le fut le 8 janvier. Les abbés Das(ros, Fontana, Perreau, ne sortirent du donjon qu'en 1814; Lac^lprade en fut extrait le 27 mars 1811, et non réintégré.
Le moi.^ suivant, ce furent les cardinaux et les évêques qui devinrent prisonniers.
Le 22 révrier, Michel di Pielro, cardinal, préfet de la propagande; Jules Gdbrielli, cardinal, évêque de Sinigaglia; Charles Oppizoni, cardinal, arche?êque de Bologne, tous venant de la Force, furent écroués au donjon avec Grégorio , prélat de la cour de Rome, secrétaire de la légation du concile, et Joachim Isabelli, prêtre, tous prévenus de manœuvres séditieuses. Ils ne furent mis en liberté que le 26 janvier 1813. Nous verrons plus tard quelle fut, au donjon, leur manière d'être, qui se lie au sort daulres prisoiiniers dont nous n'avons pas encore parlé.
Avant d'en venir à de nouvpaux emprisonnements concernanl les ecclésîasliques, il se pa^^a quelques mois pt'Qianl le^ quels de nouveau! pensionnaires fureat amenés à Viucr^ones, Le 27 février. Sabla y fut mis pour espionnage; le 8 mars. Tripier, négociant, pourcomfnunicaûon avec renncmi. Extrait le 12 iioAl de la même annét, il ne fut pas réintégré* Le 9 mars, ce fut Pierre Dudos, de Borde^jux, prévenu d'intelligence avec les ennemis, Exlraii le 20 mars 1812 il ne fut pas réintégré. Enfin, le 2 «vril. le général Lahorie fut amené au donjrm et y resta jusqu'au 14juillel 1812. k cotle époque il fut transféré à la Force sur un ordre signé duc de Kovigo. Quelque temps après, quand la con^piralion Mallet éclaUt, ce mêmeLahorie, délivré de sa prison, envoya te duc de Rovigo le remplacer k la Force. Ce minisitrey pasna les qtielqîje^ heures pendant lesquelles les conspirateurs furent sur le point de réussir; mais le gouvernement impérial ayant arriité le complot dims la même journée, le duc de Rovigo sortit de prison, Laliorie y retourna et fui fusillé peu de tetnps après avec ses cooipUces. Ce sont les Jeux dessoriélés humaines*
Le même jour qu'on écroua L^ihoriei Viucennes, on y amena aum Annuller d*Amélia, enqdoyé à la cour de Sicile, prévenu de correspondance avec las ennemis. Il fut extrait le 16 octobre de la iiiôme année et non réintégré^ Mais plus lard, écroué de nouveau au donjon pour le même motif, le 28 décembre 1811 , il nen sortit qu'en 181 4«
Le 4 avril y amena le ca|)ttame de vaisseau anglais CumlilFe Owen, Il «n iul extrait le 12 novembre, et non rein égré.
Le 27 avril, Josepli Lann^y, administrateur des vivres, y fut conduiu £vtrait te 12 noveuïLre 1811, il ne fut pas réintégré.
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828 HISTOTFE
Enfin l'abbé Laneufville, prisonnier au donjon depuis 1808, en fut extrait le 30 juin 1811, et non réintégré.
Le mois de juillet fournit une nouvelle fournée de prélats et de prêlres, par suile des discussions avec le pape, qui duraient toujours. Celle fois, c'élaienl pour la plupart des ecclésiasliques appartenant à l'église française, dont les molifs de captivité sont toujours exprimés par ces mois : manmivrcs séditieuses.
Oualre furent enfermés le môme jour, 12 juillet ; c'étaient M. de Broglie, évêque de Gand.
H. Hirn, évéque de Tournay, et Duvivier, chanoine de la même église, mis tous trois eu liberté le 13 décembre. Eufin Tabbé de Boulogne, évéque de Troyes.
Ce dernier élait le plus important. Chapelain de l'empereur, il lui avait témoigné sa reconnaissance et son dévouement, jusqu'au moment où ses discussions (f datèrent avec le pape. Alors il prit ouvertement parti pour le saint-père. Emprisonné pour ce fait, le même jour que les autres ecclésiastiques, on lui imposa pour condition de sa mise en liberté, sa démission d'évèque de Troyes. L'abbé de Boulogne y consentit, la signa au donjon, et en sortit le 14 décembre, un jour après ses compagnons de captivité. L'empereur nomma un successeur au siège vacant de Troyes. Le chapitre et le pape ne voulurent pas le reconnaître ; ils refusaient d'admettre comme bonne et valable la démission de l'abbé de Boulogne, attendu qu'elle n'avait pas été donnée librement; mais contrainte et forcée par sa signature dans une prison d'état. L'empereur exigea alors une nouvelle démission de l'abbé de Boulogne ; mais celui-ci la refusa constamment. Irrité de celte résistance et croyant mettre fin à cette guerre, qui menaçait de se perpétuer, l'empereur fît de nou-
Teaa conduire Tabbé de Boulogne à Vincennes. Il y fut écroué pour la seconde fois le 28 novembre 1813, et n'en sortit qu'en 1814. C'est le dernier écroudu registre.
La captivité de ce prélat fut très-resserrée : dans la première période qu'il passa au donjon, il fut constamment au secret. La chambre qu'il occupait alors est située au premier étage et porte aujourd'hui le n"" 11. On y lit encore les inscriptions qu'il à tracées contre les murs ; elles sont toutes deux entourées de peintures assez bien faites, représentant des arabesques, au milieu desquelles sont écrits ces mots, en lettres capitales : Miserere met Deus secundum magnam misericordiam tuam; de l'autre côté, et avec les mêmes enjolivements, on lit : Domine, exaudi orationem meam. La petite tour oîi l'on voit tout cela est aujourd'hui encombrée de vieux sabres et de fourreaux en réparation, ce qui n'empôche pas de distinguer les peintures, encore très-fratches.
Labbé BertazzoUi, aumônier du pape, fut aussi mis au donjon le 25 juillet. Transféré plusieurs fois au ministère de la police et réintégré le même jour dans sa prison , il en sortit le 27 du même mois.
Le 12 août 1811, Aymé, chambellan du roi de Naples, dont l'ordre d'arrestation n'exprime aucun motif, fut incarcéré; il fut mis en liberté le 23 novembre.
Ici se trouve sur le registre la première trace de Texécution du décret du 3 mars 1810. Voici la lettre qui accompagne le tableau figuratif dont nous donnons la fidèle copie :
cParis, 16 août 1811.
» Je vous adresse, monsieur, un extrait de l'état des prisonniers dont la détention a été maintenue par sa majesté , dans
les séances da conseil privé des 9 et 10 juillet 1811. H coDUent les noms des individus détenus au donjon de Vincennes.
» Vous aurez soin, conformément à l'article 8 du décret in* périal du 3 noars 1810, de transcrire sur votre registre des détenus, chacune des décisions^ et de les notifier h chacun des détenus qu'elles concernent. Signé : duc de Rovigo. »
XXTBAIT DE L'ÉTAT DES PlISOIfFriBmS DOUT LA DÉTENTIOlf A ÉTÉ MAIMKNUB PAR SA MAJESTÉ DANS LES SÉANCES DU CONSEIL PRIVÉ DES 9 ET lO JUILLET 1811.