‹ Le donjon de VincennesChapitre 11 sur 14 · Abad ( Antoine-Tllëodore · texte numérisé non relu

Abad ( Antoine-Tllëodore

2^ AUKRWECKDB FlRSSB.NTELOS

r OUiS;

3«DA'IAUD dit DUPBRRAT

(l«4i<!C Danirl-iera)

4* G\R\i8R (Julifn)

5« Garhkz i>i Mizisas (NiooUs-

Gerard)

Donjon de Viooeuiet.

Ilainteou «n déteBtioii.

MaiiiteBa.

Mainttiiu.

M a iu tenu.

Déporté à Batavia.

Maintenu.

Maintenu provi«oirenient en

détention.

MaiDlen* en déteotk>B , mais

non an secret.

Maiuieuu en déieutioi.

Maintenu.

Maintenu.

S» KoLLi (le baron de) CharlMl-éopoM)

7* Mbndola (Piéiroj

8« MixA (Xavier)

9« Pfdicini (Co8me)

10«PiviL dit BoBSsuLAN \Tho-

nias-Aniie) «

11* Vaodricourt (Charletf-Ar-

uaud)

)> Signe : Napoléon.

» Poar Tempereur, le mioistre secrétaire d'éut Signé : Daru. 1» Certifié conforme par nous, grand juge, ministre de la justice.

v> Signé : duc de Massa.

1» Certifié conforme ; le ministre de la police générale.

i> Signé : duc de Rotmo. »

DU DONIOÎi DE VINCENNIS-

Ml

I/artDPe suivante» les mêmes formulilés furenl remplies : Tingl-deui prisofiniers furetil maiulenus, un seul fut mis en lU berlé; m^^i^iia iroisième année il o'y eut point de décisiou du conseil privé. Là campagne de 1813 et 18U empêcha «ans doute remptTeur de s'en occuper. Puurt^ànl la visite dtis conseillers d'éUit eut lieu à la date du 5 janvier 1813.

Ainsi commençaient à disparaître tes ^arauuesque Vempe* reur avait données dans son décret pour li s prisonniers d'état* Déjft, pour la seionde visite des commissaires, en 1812, le duc de Ilovigo avait écrii coLfiLteniiellemeot au commandant du donjon, h U difie du 15 janvier :

u MM. les ( onst illers d étal Corvelto et Dubois sont chargés de faire la visite des prisions d éiat, conformément au décret impérial du 3 mars 1810. Lorsqu'ils se présenleroal, vous devez leur donner tous les renseignements qu'ils désireront sur le régime de la prison, et les laisser ioïerroger les détenus^ k Teicepûon de Mendola et Sahla, dont Us paurront constater leiisteuce dans la prison. »

Pour la troi»ième visite, en janvier 1813, sur vingt sept prisonniers qui étaient au dtmjon, vingt-deux seulement pouvaient être iûlerrogéi par MM. Faure et Appellius, conseillers d'état, délégués à cet effet, et quant aux cimi «"tï^es, ils devaient se berniT à f onsiater leur existence, s'ils le jugeaient convenable,

Nous ignorons quels furent les motifs qtii diGlèrenl chs ordres. C'est un fait grave que nous nous bornons à constater-

L année 181 1 est close par les écrous suivants :

21 ^eptemb^e, Bianchi, cKef de division de 1 1 préfecture de Monienole, venant de la Force; manœuvres séJitieuses. Cest celui <|ue nous venunâ de mentiooDef comme ayant été mis en

Goo^

liberté par décision de l'empereur prise dans son conseil privé annuel. Il sortit du donjon le 16 juin 1812.

Le même jour, 21 septembre, était entré dans la prison Le Gallois, chanoine de Séez, pour manœuvres séditieuses. Le 16 juin 1812, également, il fut transféré dans une maison de sanlé.

Ainsi l'année 181 1 présente le tableau de vingt-six nouveaux prisonniers, dont sept furent mis en liberté.

Nous avons encore à mentionner trois circonstances qui se passèrent au donjon dans cette année.

La première est la mort du prisonnier Tilly Biaru, frappé dans sa prison d'apoplexie foudroyante le 2 mars 1811, d'après le procès-verbal. C'est le seul prisonnier qui soit mort à Vincennes durant la période de l'empire. C'est la seule vraie mise en liberté à laquelle Ibomme puisse atteindre ici-bas.

La seconde rirconslance est relative au régime intérieur suivi pendant la captivité des cardinaui, des prélats et des prêtres. Tous ces prisonniers depuis leur emprisonnement avaient été tenus au secret le plus rigoureux. Le 9 novembre 1811, arriva une lettre du sieur Desmarets, chef de la 1"* division de la police, qui transmettait au commandant du donjon les ordres suivants :

« J'ai l'honneur de vous informer, monsieur, que son excellence, par décision du 8 de ce mois, a jugé à propos d'autoriser les dispositions suivantes :

>i i^ MM. les cardinaux Oppizoni, Gabrielli di Piétro et les abbés habelli, Fontana et Grégorio, seront réunis et placés au premier étage avec un feu commun.

» 2^ MM. les évêques de Gandy de Troyes et de Taumay et les

DU DONJON DE VINCENNES. m

abbés Duvivieret Vandervelde seroal également réunis dans une même salle, au qualrième étage, avec un feu commun.

» 3^ Les abbés Da8tro$ et Perreau seront placés dans une même salle, avec un seul feu.

» Ces treize détenus^ ainsi réunie, devront d'ailleurs continuer de rester au secret et n'avoir aucune communication avec les autres prisonniers du donjon. »

Ces mesures s'exécutèrent aussitôt. On changea seulement les étages, d'après le dire des gardiens du doujon, qui exis* taient dans ce temps-là, et que nous avons interrogés, et d'après les dispositions qui furent faites et dont on aperçoit encore aujourd'hui les restes k Vincennes. On mil les cardinaux au deuxième étage et les évéques au premier. Ces deux étages se ressemblent exactement. Une grande salle aux voûtes élevées, en arceaux et ogives, une large cheminée gothique, qui lui donnent un aspect moyen âge. précède les chambres situées dans les quatre tours. C'est daos cette salle qu'on établit le feu com* mun. En entrant à droite on voit encore cinq alcôves en bois peint en gris, qui, garnies de rideaux et délits, servaient aux cardinaux et aux évoques. Ces salles aujourd'hui sont encombrées de vieilles armes.

Ce fut là que les princes de l'Église passèrent tristement leurs jours, à dater de cette époque, avec une résignation et un courage dont le pape Pie VU leur donnait l'exemple dans sa prison de Fontainebleau, jusqu'au jour de leur délivrance, que nous avons mentionnée.

La troisième cbconstance fut le remplacement de Gillet^ com* mandant du donjon, par M. Lelarge, officier de la gendarmerie d'élite. U eut lieu le 29 août 1811, en exécution du décret

tS4 HISTOIRE

rendu par l'empereur le 22 du même mois. H. Lelarge doona à Gillel décharge de trente prisonniers» actuellement au don* jon, puis il transcrivit de sa orain sur le registre où nous les ayons lues, les instructions particulières du duc de Rovigo. Ces instructions étaient plus sévères que par le passé.

K Je vous préviens, monsieur, dis lient-elles, que vous ne devez point passer le pont de votre château sans en avoir ob* tenu de moi une permission par écrit. »

Ainsi premier le prisonnier du donjon était celui qui était préposé à leur garde.

Ces instructions ordonnaient en outre de rendre compte tous les jours au ministre seul, de l'état des prisonniers. Enfin un dernier article disait : « Le commandant doit voir si toutes les parties de la nourriture sont de bonne qualité; si le vin particulièrement est bon eu égard au prix de toutes clioses; si le Uogè fourni est payé au prix oh il est porté dans l'état; si les prisonni< rs sont tenus proprement; si Teaa k boire est toujours Bouvelle et de bonne qualité. >»

Le décret de 1810, les séances du conseil privé, le changement du commandant et les nouvelles instructions du duc de Rovigo, prouvaient le projet bien arrêté d'établir d'une manière incessante les prisons d'état. Elles durèrent en effet jusqu'à la un de l'empire.

L'année 1812 amena k Yinoennes treiie nouveaux prisonniers, la plupart étrangers et dont la captivité ae présente rien d'intéressant. Pour fournir un travail complet» nous en allons donner ta liste par ordre de date.

Le 13 février 1812, Blacke, capitaine général espagnol, prévenu de manœuvres contre la sûreté de l'état (29)«

DU DONJ(»f DB VINCENNES. t»

Le 14 février 1812, Esmenard, capitaine d'état-nugor; même cause; extrait le 5 août 1812. Don réiotégré.

Le 26 février, José Pascal de Zayas, général espagnol, méhne causa; extrait le 30 novembre 1813» non réintégré*

Le même jour, 26 février, Xavier Landizabal, général de division espagnol ; même cause.

Le 14 mars, Carlos OdonneU général de division espagnol, même cause.

Le 23 mars, Beauzou, prévenu de prévarication et infidélité. Extrait le 29, non réintégré.

Le 5 mai, Wurtinger, concierge de la maison Tbélusson, rue Cérutti, prévenu d'intrigues. Extrait le 3 décembre, non réinr tégré.

Le 6 juillet, Antonio delà Rora. brigadier des armées espagnoles, prévenu de manœuvres séditieuses.

Le 21 août, de Géramb, chambellan de l'empereur d'Autriche, prévenu d'intrigues politiques.

Le 2 septembre, le baron Dudon, intendant général de l'armée de Portugal, prévenu de désobéissance, mis en liberté deux jours après.

Le 28 octobre, le baron Thomas Corneille de Heerdt d'Ewesberg, grand écuyer du prince d'Orange. Extrait le 10 décembre, non réintégré.

Le 20 novembre, rabbéLaneufville, écroué de nouveau, et mis en liberté le 2 août 1813. Le même jour, M. de Puyvert, réintégré au donjon.

Le 27 décembre^ Louis Legrand, propriétaire, prévenu de manœuvres contre la sûreté de l'élat.

Deux prisonniers de plus figurent sur lesregistres d'é(»*on de

Tannée 1813 Un homme de lettres ouvre la liste et un évèque la clôt, commenous Tavons déjà dit.

Le 15 avril 1813, EIzéar de Sabran, littérateur, fut mis au donjon pour correspondance avec les ennemis de l'état. Il obtint sa liberté le 6 mai.

Le même jour, 15 avril, Dusable y entra comme prévenu de servir les ennemis de Tétat. Il fut mis également en liberté le 6 mai suivant.

Le 19 mai, de Pfaffenhoffen( François-Simon), comte immédiat de l'empire germanique, chevalier de Malte, fut transféré de Sainte-Pélagie au donjon. D après la décision de l'empereur, il devait rester en prison jusqu'à la paix. Il en sortit le 27 du même mois.

Le 25 mai, Nicolas Allais, peintre; Prévost de Boissy, ancien militaire, furent écroués pour manœuvres séditieuses.

Le 26. Thomas (Jean-Nicolas), capitaine de la IV légion, pour mêmes causes.

Le 28 juin, Grandgéard, prêtre insoumis, de même.

Le 23 juillet, Clabon Robert, officier de marine anglais, en qualité de prisonnier de guerre

Le 31, Félix Picucci, prêtre italien, pour correspondance séditieuse. L'écrou de ce prisonnier est rédigé en ces termes : détenu par ardre de sa majesté dans une prison d'état.

Le 21 août, Marin Bruson, prêtre, pour manœuvres séditieuses. Venant de Sainte-Pélagie. Extrait le 18 septembre, noa réintégré.

Le 18 septembre, Van Hemme, supérieur du séminaire de Gand, détenu pour mêmes motife.

Le 20 septonbre, le baron de Brinken, officier russe, prisonnier de guerre dans un fort.

Le 4 octobre 1813, Behr N^endanck, et Boy^, prisonniers de guerre aussi.

£n6n, le 28 novembre, Fabbé de Boulogne, qui, comme nous Tavons dit, clôt le registre d'écrou.

A la suite de cet écrou sont les quatre ordres suivants d'élargissement.

a Ordre du ministre de la police, du 7 février 1814, de livrer au porteur du présent ordre Aùaerweck de Staffentefd, Âbad, Damiau du Perrat, Carrez de Mazières, KoUi, Mina, Vander Sahla. »

Le second, en date 8, conçu dans les mêmes termes, concerne Fontana, Gr^orio, de Geramb, Pédicini, de Boulogne, Grandgéard.

Le troisième, écrit avec beaucoup de précipitation, porte la date du 9, écrite au crayon. Il concerne Odonel, Blacke, Landizabal, la Roca, Brinken, Boyer, BehrNégendanck.

Le quatrième, sans date et sans exprimer d'ordre, concerne Dastros, Perreau, Picucci, Van Hemme, AnnuUer d'Âmélia, de Puyverl, Desnoyers, de Vaudricourt, Allais, Qabon, Legrand.

Ces quatre ordres sont signés Lelarge.

Le registre finit là (30), ou plutôt a Tair d'être interrompu sans être clos et sans que ce dernier feuillet soit paraphé.

Ce désordre s'explique par les événements qui se passaient

alors autour de Yincennes. Depuis le 31 mars, quoique cette

citadelle ne se fût pas rendue, les étrangers étaient maîtres de

Paris. La fameuse déclaration donnée à Fontainebleau par b. U

S88 mSKHRS DU DONION DB VINCENNES.

Temperrar était oomnie, et, dès le 6, le sâoit arait appelé Louis XYin au trône.

ki commence, pour Yinceniiei, une période qui appartient au règne suivant.

Quant à celui que nous venons d'écrire, nous avons copié fidèlement le précieux registre qu'il nous a été permis de consulter. Ce document* duquel nous n'avons rien omis, suffit pour faire apprécier cette époque. Nous avons dû mettre une grande réserve en écrivant les noms de personnages vivants encore, ou dont la tombe est à peine fermée. Nous continuerons cette réserve à l'égard de Napoléon lui-même, dont les faiblesses ne sont pas encore jugées par Thistoire.

socs LOUIS xvni, pendant les cent jours et sous

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