Summa theoL^ I*, q. V, a
l'essence du créé à tous les plans de l'Être, avec le rapport qui jaillit de l'analyse métaphysique des deux termes essentiels en présence, voilà le nouveau point de vue. Or, ce point de vue exige que soit d'abord résolu d'une manière globale le problème de la distinction de l'être divin et de l'être des choses, que la caractéristique, si l'on peut dire, de l'un et de l'autre soit établie. Et saint Thomas l'établit sur ce fondement que de l'essence de Dieu suit son existence, que son essence est d'exister, ce qui ne saurait être le cas d'aucune autre chose, et voilà établie l'idée de Dieu dans une région absolument transcendante et surnaturelle ^ .
La théologie est désormais orientée. Quelle que soit la chose dont elle s'occupe, Dieu, vertu, vice, anges, sacrements, elle n'a qu'un souci : a) s'il s'agit de Dieu, manifester dans une conclusion spéciale, par exemple : Dieu est un. Dieu connaît les possibles, l'absolu transcendant de l'être qu'est Dieu; b) s'il s'agit des créatures, faire valoir, en les plaçant dans tel ou tel prédicament de l'être, sous telle inlluence, etc., la modalité propre de leur relation à l'absolu de la causalité divine. Evidemment, le Bien a sa place dans cette synthèse : toute la période du retour à Dieu - est dominée par l'absolu de Dieu considéré sous la raison de bien suprême, de fin ultime. Mais, comme je viens de le dire, il a sa place; il n'est
1. cf. sur ce point, les preuves de l'existence de Dieu de l'article Dieu, du P. Garrigou-Lagrange, dans le Dictionnaire d'Apologétique, en cours de publication. On comparera les preuves de l'article Dif.i: «lu Dictionnaire de Théologie catholique (col. 941 et suiv.) qui, par l'organe de M. Chossat, nie (col. 889) que ce soit là le fondement de la philosophie chrétienne, et l'on fera la différence,