‹ Le donné révélé et la théologieChapitre 108 sur 130 · Leçons VI, p. 189-19-2; VII, p · texte numérisé non relu

Leçons VI, p. 189-19-2; VII, p

rez. Ce sont d'ailleurs des choses que l'on peut entendre deux fois. Il existe, dit saint Thomas, deux sortes de sciences : les unes procèdent directement de leur donné, principes évidents, définitions, etc., telles les sciences mathématiques; les autres reçoivent les principes dont elles partent d'une science antérieure, telles Toptique et l'acoustique ' commandées, comme chacun sait, Tune par la géométrie, l'autre par la théorie des proportions numériques. La théologie est une science de la seconde sorte : son point de départ est constitué par des principes qui ne sont connus directement que dans la science de Dieu et des saints du ciel. Comme Tacoustique se fie aux proportions établies dans les théorèmes mathématiques, ainsi la théologie doit d'abord accepter les principes que Dieu nous révèle. Elle est ainsi, ici-bas, du moins, dépendante de la foi surnaturelle.

Voilà donc la foi, l'obscure foi, érigée, avec son objet essentiel et nécessaire, en principe de discernement du donné théologique. Et ce serait sans doute une difficulté au point de vue d'une scolastique à la Descartes, qui voudrait l'évidence dans les principes immédiats de la science. L'évidence, ici, ne nous est pas donnée, et elle ne saurait l'être. Mais, en revanche, la certitude est acquise à un degré supérieur : la raison peut se tromper dans ses évidences; la théologie, elle, se fonde sur la lumière de la science divine qui ne se trompe point -.

Mais c'est la preuve d'autorité, dira-t-on, c'est-àdire, en matière scientifique, le dernier des arguments. Oui, répond saint Thomas, c'est le dernier des argu-

i. Perspectiva et musica ,

•2. Summa theol., I P., q. I, a. j.

ments lorsqu'il s'agit de science humaine, mais ici, nous ne sommes pas libres; le point de vue est déterminé par ce fait que nous n'entrons en possession du donné, principe de la science théologique, que par révélation. Le principe d'autorité s'impose donc. Mais cela acquis, il n'en résulte aucune infériorité pour la doctrine sacrée ; car, si l'argument pris de l'autorité de l'homme est le plus faible que l'on puisse utiliser, infirmissiinus, l'argument tiré de l'autorité qui se fonde sur la révélation divine est de tous le plus efficace, efficacissimus ^ .

Mais dans quelle documentation rencontrer cette révélation divine ? saint Thomas le déclare en ces termes : « La doctrine sacrée, dit-il, — et, ce disant, il nous découvre sa propre documentation, — emploie les autorités de l'Écriture canonique comme principes spécifiques et nécessaires, les textes des autres docteurs, comme principes également spéciaux mais non nécessaires^. »

Qu'est-ce que l'Ecriture canonique à laquelle il nous renvoie? Ce n'est pas le mince volume, dont l'historien critique découvre les plus anciens manuscrits au iv^ siècle de notre ère ou qu'il reconstitue péniblement à l'aide de citations patristiques. Non. « La Bible de saint Thomas, disait le P. Schwalm, dans son discours sur V Inspiration du sens chrétien dans la théologie de saint Thomas, c'est la Bible dont les livres authentiques sont reconnus, catalogués, conservés, interprétés par l'Eglise catholique, qui en possède la saine intelligence. A tous et à chacun des articles de notre foi, notre croyance adhère pour un

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