Ibidem
unique motif : pour celte vérité divine qui se propose à nous dans les Écritures, telle que l'Eglise nous les interprète avec une saine intelligence (de leur contenu) : propter veritaiem primam propositam nobis in ScripturiSy seciuidum doctrinam Ecclesiae intelligentis sanè Ce n'est point le rouleau de parchemin arraché par Luther aux mains du pape ; ce livre muet devant les contradictions réciproques du luthérien, du calviniste et de l'anglican; ce livre mort que ces théologiens en discorde ont livré aux lacérations de la critique rationaliste, sans plus de répondants autorisés dans leurs églises faites de main d'homme, que si c'était un manuscrit d'Aristote ou de Virgile. La Bible de saint Thomas, c'est la Bible que lÉglise lui interprète avec l'assistance infaillible du Saint- Esprit, auteur de l'Église et^uteur de la Bible. La Bible de saint Thomas, c'est la Bible demeurée en vie aux mains et sur les lèvres de l'Église, qui lui en dit le vrai sens, fixé par les définitions de ses Conciles, parles témoignages unanimes de ses Pères en matière de foi, par son enseignement ordinaire et universel. »
Voilà sur quel terrain le donné théologique est établi par saint Thomas. C'est un intermédiaire entre la science divine qui le garantit et la science humaine qui va l'exploiter, avec ses arguments propres les vérités de foi déposées dans les documents authentiqués par Dieu, avec son critère propre le magistère contemporain de l'Église.
Cette position n'a pas vieilli. Elle est toujours actuelle. C'est la manière de voir nécessaire, dès lors qu'il s'agit de Théologie \ dans le sens propre du
\. Primum stringat fidei sermonem necesse est, quicumque christianœ scholee magister esse volet. Cano, De locis, 1. I, c. ii.
29 i LA THEOLOGIE.
mot. De ce point de vue, qui est celui de la théologie positive, l'étude historique et critique des documents nous apparaît conditionnée par un acquis antérieur. Et c'est ce que j'ai jadis avancé dans un article sur Vidée d'une méthode régresswe ^ dans l'étude de la documentation théologique, qui m'a valu des critiques de la part de certains théologiens, au sujet desquels je ne puis que répéter le mot du poète :
Qui depuis... Rome alors estimait leurs vertus.
On n'a pas remarqué que je me plaçais au point de vue des exigences de la notion de la Théologie catholique, le seul qui permette de donner libre carrière au renouveau des méthodes et des progrès de science pure, sans risquer de compromettre par les lacunes de la documentation scientifique et les hésitations de l'exégèse critique, l'intérêt supérieur, le droit inaliénable qu'a le Théologien de communiquer à tout instant, et en toute sécurité d'allées et venues, avec la parole du Dieu, Vérité première, qui fonde exclusivement la vérité de ses solutions.
2. Évidemment cette méthode qui a été celle de saint Thomas ne dispense pas du labeur humain qui consiste à replonger le contenu dogmatique dans ses sources réelles, en s'assurant de la plus grande somme possible de renseignements authentiques, compris selon leur teneur objective littérale. C'est là, tout au contraire, l'outil indispensable d'un bon Donné théologique, mais ce n'en est que l'outil. L'ouvrier est le théologien lui-même et nous avons dit ce qui le cons-