cf. Summa theol, I P., q. i, a
porte de souligner, c'est que tout cela se présente néceFsairement à titre d'information, de renseignement sur rinconnu. La valeur de la révélation en regard de la vie surnaturelle est une valeur d'information vraie, de renseignement authentique sur les biens dont désormais nous devons vivre. Quiconque M ressenti la douloureuse misère qui laisse l'homme retomber sans cesse sur lui-même, en proie à des agitations perpétuelles qui ne savent comment se résoudre, comment s'apaiser, reconnaîtra que ce renseignement, et le don de la foi qui nous donne de 1 entendre, sont de première importance pour le relèvement de la vie de Ihumanité, à laquelle ils infusent, comme un sang jeune, les forces vives des tendances surnaturelles vers le Dieu vivant !
Et voilà ce qui justifie, devant la raison, le prétendu intellectualisme et la prétendue hétérogénéité à nos tendances intimes du Dogme et de la Théologie. Le Dogme et la Théologie ne sont, en effet, que les résultantes des efforts de Fhomme intelligent et raisonnable, — très spécialement assisté de Dieu dans le premier cas, en dehors de cette assistance spéciale dans le second, — pour s'assimiler davantage le renseignement de la révélation. Quel que soit l'état d'attente, de désir, de préparation de l'âme humaine au don de la révélation, celle-ci, comme tout renseignement positif sur un monde qui dépasse totalement nos investigations, est forcément, sous sa forme précise, du nouveau, de l'inattendu, de l'extrinsèque; forcément aussi, c'est de lintellectuel, car toute détermination de la réalité est d'abord vérité et pénètre en l'homme par la voie de l'intelligence. Si la ré-
vélation, tout en correspondant à une postulation confuse, conditionnelle et inefficace de la part de rtiomme, ne laisse pas, dans ce qu'elle a d'original, de venir du dehors et de se faire jour en nous sous forme intelligible, à quel titre refuser une valeur de vie au Dogme et à la Tliéologie on raison de leur extrinsécisme et de leur intellectualisme? Comment pourraient-ils être autres qu'ils ne sont, si leur source est de cette qualité même qu'on leur reproche? N'est-ce pas là, bien plutôt, une marque de leur homogénéité avec elle?
11 faut donc, en définitive, reconnaître au dogme et à la théologie, précisément parce qu'ils sont homogènes à la révélation, une valeur de vie analogue à celle qu'a la révélation elle-même, la valeur de vie qu'a tout renseignement autorisé, certain, précis, sur une question qui nous touche très profondément. La seule différence à faire vient des modalités spéciales d'expression de la vérité révélée que le Dogme et la Théologie ajoutent à la révélation proprement dite : et, aussi bien, il est temps de déterminer cette différence.
II. — Le degré spécial de valeur du Dogme et de la Théologie pour la vie surnaturelle.
1. Le Dogme. — La Révélation vivante, a-t-ondit, le recours aux sources vives de l'Evangile, est bien plus efficace pour créer la vie religieuse surnaturelle que les formules dogmatiques.
C'est très mal poser la question. Le Dogme ne s'oppose pas aux sources vives de la révélation. Cellesci, par leur plénitude, l'accent inspiré qui les anime
souvent, et fait d'elles comme de la pensée en acte d'attirance, demeurent efficaces par elles-mêmes, dominant de bien haut toutes leurs déterminations. Quand on a lu : Bienheureux les pauvres en esprit, car le royaume des cieux est à eux, on est plus renseigné sur la morale divine que si l'on avait pâli sur le Décret de Gratien ou les décisions d'Alexandre VII ou d'Innocent XI contre la morale laxiste. Lisez ces paroles : « Philippe, qui me voit, voit le Père. Comment peux-tu dire : Montre-nous le Père? Vous ne croyez donc pas que je suis dans le Père , et le Père en moi? Les paroles que je vous dis, ce n'est pas de moi-même que je les dis. Le Père qui demeure en moi, c'est lui qui opère. Croyez-moi donc, je suis dans le Père et le Père est en moi ^ » ; — vous en savez plus sur la consubstantialité du Père et du Fils que ne vous en apprendra le Concile de Nicée. Et cependant des expressions si claires n'ont pas arrêté Arius, n'ont pas convaincu pleinement les Eusébiens. Preuve que malgré leur valeur de séduction pour une piété sincère, il leur manque quelque chose qui projette sur tous les esprits une lumière, ne laissant place à aucune hésitation sur la signification du renseignement divin qu'ils promulguent, à aucun subterfuge de la part de ceux qui auraient intérêt à le comprendre autrement. On peut penser que si le mot ôjAoouaioç se fût rencontré dans l'Evangile même , au lieu de ces paroles : Le Père est en moi et moi dans le Père, ou encore : Le Père et moi nous sommes un — et d'autres textes semblables, l'idée d'Arius n'eût pu se produire, et que jamais le monde, selon