III. — Esprit et méthode
« Il est décidément impossible, écrivait récemment M. Emile Boutroux *, à un homme qui veut être une personne, une conscience une et raisonnable, d'admettre également, sans les confronter l'un avec l'autre, les deux principes, science et religion, qui se disputent les intelligences. »
Oui, évidemment, une mise en présence s'impose, et Tapologiste chrétien ne saurait l'éluder. Mais cette confrontation, en ce qui regarde la religion catholique, ne saurait aboutir qu'à certaines conditions. La première, c'est qu'il s'agira vraiment de la science, qu'au terme science, on ne substituera pas des opinions philosophiques ou religieuses, revêtues d'apparences scientifiques, tels les placita du Modernisme. La seconde, c'est qu'il s'agira vraiment du catholicisme et non d'un concordisme, plus ou moins avoué, entre certaines théories en faveur et la doctrine catholique. Science authentique, religion authentique, voilà les termes vrais du problème.
Certes, il doit y avoir conciliation, mais cette conciliation ne doit pas résulter de l'enregistrement fatalement caduc de concordances prématurées, de l'amalgame de données hétérogènes, de concessions faites par un pseudo-catholicisme à une science ia-