‹ Le donné révélé et la théologieChapitre 18 sur 130 · Poster, analyt., 1. U, c. iilt · texte numérisé non relu

Poster, analyt., 1. U, c. iilt

Ainsi s'exprime Aristote avec un sentiment intense de la continuité et de l'homogénéité du réel, traversant les divers étages de l'intuition, jusqu'à ce qu'il « se dépose dans l'âme », sous la forme d'une notion composite et, d'autant, générale.

C. Les Faits de Sens commun. — Suivons ce point de vue, et l'élaboration interne des données de sensation, bien loin de se traduire par un affaiblissement de la réalité primitivement saisie par la constatation brute, nous apparaîtra, d'une certaine manière, comporter une plus-value. D'abord, au point de vue de l'existence de fait du réel. Est plus effective, en effet, comme existence, la donnée d'intuition qui a fait cent fois ses preuves, qui, par la constance de ses dénonciations répétées, signale la permanence de la possibilité d'intuitions qui lui correspond. Il y a, par suite, dans les données d'expérience et de sens commun, une vigueur d'affirmation de l'effectivité de la réalité qu'elles connotent, que Ton ne trouve pas au même degré dans les intuitions isolées et parfois éphémères qui occupent le seuil de la connaissance. Première plus-value à enregistrer. Au point de vue de la correspondance formelle il en est une seconde. Ces traits qui, toujours et chez tous, se répètent, s'accusent, approfondissent leur sillon; ces issues de la réalité qui créent entre tous les hommes une manière commune de comprendre ce qui est, expriment certainement, mieux que des sensations fugaces , que des expériences solitaires, les fonds permanents de l'être, les leit-motiv sous-jacents au rythme des phénomènes. Et dès lors, on peut conclure la*valeur majeure des données de sens commun pour renseigner sur la constitution même de la Réalité.

Et donc P correspondance, en fait et pratiquement indestructible, des données d'expérience acquise et de sens commun avec les faits, 2° importance majeure de ses renseignements pour la connaissance de la constitution intime des choses, voilà ce que présente au besoin d'affirmer ce qui est, — ce tout de riiomme raisonnable, — l'intuition sensible dans sa dernière démarche. N'est-il pas naturel que sur cette base, nous édifions des affirmations, en fait au moins, irréformables, et que nous cherchions à utiliser de si riches données pour tenter, avec leurs principaux éléments, un raccordement ultérieur, plus profond, plus décisif avec fêtre? Ce sera l'œuvre des affirmations du second degré.

Deuxième Degré : les affirmations notionnelles SPONTANÉES. — L'intelligcnce seule est capable, à proprement parler, d'affirmer le réel, dont seule, nous Tavons établi longuement, elle détient originairement l'idée ' . Les sens tombent en arrêt devant le Réel. Ils ne sauraient explicitement l'afTirmer. Les jugements d'existence eux-mêmes sont donc l'œuvre de l'intelligence, qui traduit l'attitude constante du sens, spécialement du sens commun, en termes d'être, et déclare existant ce qu'ils dénoncent si vigoureusement. La conspiration du sens et de l'intelligence dans l'homme à une même œuvre, l'intégration de l'être^, autorise cette interprétation.

L'intelligence ne s'arrête pas là. Activité toujours en appétit de ce qui est, elle travaille ces données composites du sens commun, dans le but de leur

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