‹ Le donné révélé et la théologieChapitre 26 sur 130 · Le Roy, Dogme et critique, p · texte numérisé non relu

Le Roy, Dogme et critique, p

2. Cité par Brochard, — Revue de Métaph. et de Mor., mars 1908, p. 136, 137; — Cf. A. Gardeil, La relativité des formules dogmatiques. Revue Ihom., mars 1904, p. 49.

/i6 LE DONNÉ RÉVÉLÉ.

vante », demandons à Fun des représentants les plus qualifiés de cette théologie, à saint Thomas d'Aquin, ce qu'il pense des conversations de l'Eden. Dans son article : Si les anges et Vhomme ont eu la foi, saint Thomas se fait à lui-même cette objection : « L'Apôtre dit dans TÉpître aux Romains, que la foi vient de l'entendre, fides ex auditu, et que 1 entendre est l'effet de la parole de Dieu : auditus per verhum Dei [sic). INIais cela n'a pu avoir lieu dans Tétat primitif de l'ange ou de l'homme. Qui auraient-ils écouté? Il n'y avait personne. » Saint Thomas répond : « Dans l'état primitif il n'y avait pas l'entendre de la parole extérieure d'un homme, mais l'entendre de l'inspiration divine, auditus à Deo inspirante, en la manière que les prophètes entendaient, selon ce mot du Psaume : J'écouterai ce que dit en moi le Seigneur Dieu^ »

Cette réponse n'est pas isolée chez saint Thomas. Dans les Questions disputées par exemple, reprenant la question posée et non résolue par saint Augustin au 1. VIII, c. 18 et au 1. IX, c. 2 de son de Genesi ad litteranij il déclare que, dans l'homme primitif, il y avait deux modes de connaissance : l'un par lequel il connaissait Dieu à la manière des anges, par l'effet d'une inspiration intérieure, l'autre par lequel il le connaissait comme nous, en prenant son point d'appui dans les créatures^.

Nous sommes donc ramenés par la « théologie savante », de saint Thomas du moins, à l'idée d'une connaissance prophétique se passant à l'intérieur de l'homme, et... l'épouvantail de la révélation anthropomorphisée disparaît, — comme nous avons vu dis-

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