De Veril., q. xviii, a
paraître, dans notre précédente conférence, Tépouvantail de la chose-en-soi, au delà de la pensée. Nous avions pris au sérieux des jeux denfants, « qui s'effraient du visage qu'ils ont barbouillé », dirait Pascal. Sont-ils vraiment des enfants? On en doute pour quelques-uns d'entre eux, et l'on redoute d'être obligé d'appréhender chez eux la chose la plus odieuse peutêtre que l'on puisse trouver chez des hommes religieux traitant des choses religieuses, le persiflage. N'est-ce pas le son que rend ce membre de phrase que j'ai cité : Concevoir la révélation comme s'étant inévitablement fait entendre du haut des nuages, etc. C'est à nous que Ion prête cette conception, c'est à l'Eglise elle-même. Et, à ce propos, je ne saurais trop stigmatiser les amusements d'un critique, qui, prenant la contradictoire de la proposition 22 du décret Lamentabili, présente comme l'authentique expression de la doctrine de l'Eglise cette facétie : Les dogmes sont des çèritès tombées du ciel. La plaisanterie retombe sur son auteur. L'Eglise n'est pas responsable des termes dans lesquels les erreurs se formulent. Du temps que les hérétiques se donnaient la peine d'être théologiens, la contradictoire d'une proposition condamnée représentait une idée précise et exacte. Ce n'est pas notre faute si, en reprenant un ouvrier malhabile, nous étrennons d'une théologie sabotée.
Je ne veux pas dire cependant que saint Thomas a rejeté les récits imagés dans lesquels la révélation a enveloppé le mystère de ses manifestations, non plus que l'histoire des apparitions objectives de la Divinité, théophanies, visions Imaginatives, songes, voix matérielles, « signes sonores », puisque l'on y tient.
rencontre de faits réels providentiellement amenés. Saint Thomas lisait la Bible en croyant, et savait que rien n'est impossible à Dieu. Je constate seulement qu'il ne s'inquiétait pas outre mesure de ces extériorités de la révélation, qu'il interprétait d'ailleurs ordinairement, nous le verrons tout à l'heure, en valeurs psychologiques', qu'elles ne lui paraissaient pas indispensables 2 et qu'il concentrait dans l'inspiration prophétique intérieure le formel de la connaissance de révélation. Seulement il ne réduisait pas cette connaissance intérieure au rôle d'une expérience mystique personnelle et non garantie, comme le font nos contradicteurs.