‹ Le donné révélé et la théologieChapitre 31 sur 130 · Cf. p · texte numérisé non relu

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diatement actionné dans la révélation, ce n'est donc pas le cœur du prophète, c'est son intelligence capable d'absolu. Si je ne craignais d'émettre une proposition malsonnante pour certaines oreilles pieuses, je dirais que, somme toute, la foi et la religion d'un prophète m'importent peu, pourvu qu'il ait été, entre les mains de Dieu, un bon instrument d'affirmation. Quand il s'agit de transmettre à toute l'humanité ce que Dieu pense, et veut que l'on pense de Lui-même, l'homme ne compte pas plus que la plume dont je me sers pour écrire : se préoccuper de ses expériences personnelles, ce serait, suivant l'énergique expression d'un Père, inquirere de calamol Je ne m'inquiète pas des répugnances intimes d'un Balaam aux ordres divins dès lors que je le vois contraint de s'écrier en présence du peuple élu : quam \ piilchra tabernacula tua Jacob et tentoria tua Is- i\ j^aël!

Vous comprenez bien, Messieurs, que le véritable objet de notre dissentiment avec les modernistes est au fond ceci : est-ce notre phénoménisme immanent et vital qui cause et i^ègle toute l'activité religieuse, à partir de sa manifestation fondamentale, à savoir la révélation, ou bien est-ce Dieu? Les positivistes parfois athées à qui l'on emprunte la théorie de l'expérience religieuse ne se préoccupent guère de la réalité de l'intervention divine : ils veulent tout simplement faire rentrer dans le rang une manifestation psychologique d'importance et l'expliquer par des facteurs naturels. Lisez le chapitre sur le Sentiment religieux de Théodule Kibot \ Ils laissent sans doute

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