Foi et systèmes, p
2. Cf. Garrigou-Lagraxge, Le sens commun, la philosophie de l'être et les formules dogmatiques^ p. 1-56 et suiv.
pour donner à tous une idée suffisante des trois personnes de la sainte Trinité. — Voici encore le mot engendré, genitus^ exprimant la manière dont le Fils procède du Père. Ce mot désigne, dans Taccep tion commune, un mode de production très spécial, unique. L'engendré sort du principe qui l'engendre; il naît de lui; il n'est pas le fruit d'une action étrangère ; c'est la substance même de celui qui engendre qui passe en celui qui est engendré * . Comme disait Eusèbe de Césarée à Nicée, le fils n'est pas un Troir.ua, un ouvrage quelconque -. Cest le fils; il n'est pas fait, il naît du Père. — Le terme procession, à son tour, appliqué au Saint-Esprit, indique que le Saint-Esprit n'a pas d'autre « origine >* que le Père et le Fils : il exprime donc une origination divine immanente et qui, la différence voulue des vocables en est la preuve, n'est pas une filiation.
Il y a donc une {>ia média — entre Tacception technique des termes, dont usent et la Révélation et l'Eglise, — et l'acception symbolique qui ne conserve plus de fixité intellectuelle. Il y a l'intelligence collective, moyenne si l'on veut, que s'en forme le sens commun, fixe comme la nature humaine dont il semble bien le fruit normal. Ses conceptions ont la valeur dune représentation de la réalité divine, et, partant, la formule qui les exprime est un instrument et un véhicule de vérité sensiblement fixe, et non pas un instrument et un véhicule d'expériences flottantes, et
1. cf. le texte de saint Athanase. Orat., II, 41, P. G., t. XXVI, col. ùo, cité par M. Lebreton, Catholicisme, Revue prat. d'ApoL, 43 juillet IWT, p. 530.