La Religion des Primitifs, Paris. Beauchesne
ciles. Comment expliquer que le même mot, ôfxooudioç, consubstantiel, soit devenu l'expression de la foi de Nicée touchant le rapport du Fils au Père, alors quïl avait été condamné quelque cinquante ans plus tôt? Historiquement, on constate que TEglise, — d'abord aux prises avec la limitation technique que Paul de Samosato imposait à ce terme, en l'entendant d'une participation du Fils au Père comme tel ^ , eut ensuite affaire à l'interprétation non moins technique qu'imposaient à sa négation les Ariens, concluant de la non-identité de subsistence personnelle du Père et du Fils, à l'existence d'une simple similitude entre eux 2. Entre la signification qui pousse jusqu'au bout l'homogénéité, si l'on peut dire, et exagère la consubstantialité jusqu'à faire du Fils une partie du Père — et la signification qui pousse la non-identité de subsistence jusqu'à faire du Fils un semblable au Père, les Théologiens orthodoxes ont vu s'intercaler, sans effort, devant leur esprit, cette signification, qui semble aujourd hui toute naturelle aux yeux de quiconque lit le Symbole en se demandant simplement ce que parler veut dire : consubstantiel = être dans sa substance le même que le Père, tout en étant engendré par le Père à la manière d'un Fils. Evidemment le mystère du Fils qui demeure dans le sein du Père n'est pas levé : les deux affirmations restent en présence, consubstantialité d'une part, génération de l'autre : leur lien nous échappe : mais la signification de chacun des deux membres de l'opposition pris en soi est obvie pour le sens commun.
S'il m'est permis de passer de ces documents an-
1. HÉFÉLÉ, Histoire des Conciles, édit. 1907, 1. 1, p. 203 (cf. 201).