‹ Le donné révélé et la théologieChapitre 42 sur 130 · Ibid., p · texte numérisé non relu

Ibid., p

tiques à un témoignage plus récent en faveur de la destination du sens commun à l'interprétation du dogme, je citerai une anecdote qui date de la discussion des projets de la Constitution de Fide du concile du Vatican. Le premier avant-projet contenait une incise, tirée d'un passage, passé en proverbe, de saint Thomas d'Aquin : « Nous ne croirions pas si nous ne voyions que nous devons croire ^ .. « Il est à craindre, observa l'un des membres de la commission, que Ton ne voie dans cette formule une affirmation de l'autonomie de la raison en matière de foi. » Le rapporteur, M^"" Conrad Martin, répliqua : « Il n'y a certes pas péril dans la demeure : c'est une citation de saint Thomas : Desumpta sunt hœc ex sancto Thomâ Aquinate^ et defendi possunt certissimè, » On leur substitue cependant cet adage de sens commun, à savoir que la foi n'est pas un aveugle mouvement de l'âme. — Dans le même schéma il était parlé de ceux qui « ont donné leur adhésion à la Vérité première- ». C'est l'expression technique de saint Thomas pour désigner ceux qui croient à la parole de Dieu. Un père du Concile, quelque bon vieil évêque, brouillé avec ses manuels sans doute, objecte que ces mots n'ont pas de sens : nullum prœ se fert sensum ^. Il suffît; c'est le sens commun qui parle. Et l'on corrige ainsi : ceux qui ont adhéré à la vérité catholique^. Tout le monde a compris, et est content. On peut penser cependant que pour exprimer au juste ce dont il s'agissait, le premier terme était meilleur.

i. Summa theolo^., H* H^, q. I, a. 4, ad â-".

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