‹ Le donné révélé et la théologieChapitre 44 sur 130 · Cf. Rev. tho-m., nov. 1908, p. 599 sv · texte numérisé non relu

Cf. Rev. tho-m., nov. 1908, p. 599 sv

lorsqu'il s agit de notions élaborées, philosophiques. Ses notions sont communes à tous; cela est vrai d'une époque, mais comment dégager le sens commun contemporain de toutes les époques? Où commencet-il, où fmit-il? Ses conceptions semblent bien parfois un résidu de systèmes divers, adaptés sans lien les uns avec les autres : il y a place dans ces idées grossières pour toutes les contradictions. C'est une cote mal taillée entre les solutions divergentes d'un même problème. Cela réussit. Mais à quoi? A faire dire à tous le même assemblage de mots, peut-être; à entretenir un préjugé commun. Mais l'intelligence véri table des formules et des sentences, le sens de l'Église, que peuvent-ils bien devenir en pareilles mains? En dehors de son terrain propre, où il est passé maitre, il semble bien que le sens commun ne puisse jamais donner qu'une Weltanschauung à l'usage de ceux que M. Léon Daudet dénomme quelque part des Primaires. Comment, avec cela, aborder la traduction des formules, sinon savantes, du moins conçues en termes savants, de certains conciles? Et donc, suffisant toujours comme critère pour la catéchèse des simples, dont il ne s'agit que de diriger l'intention de foi — laquelle regarde moins les choses dites que l'autorité des majores qui les disent, — le sens commun ne semble pas, à première vue, susceptible de s'élever au delà d'une intelligence rudimentaire de certaines définitions.

Telle est l'objection. Certes, on va le voir, je suis loin de la faire mienne. Mais j'estime que pour la résoudre, il faudrait faire mieux que de donner des exemples de cas où le sens commun suffit à interpréter le dogme. Il faudrait manifester en lui un droit à

9i LE DONNÉ RÉVÉLÉ.

priori, montrer que ses traductions sont normalement en continuité avec le sens élaboré, technique, des formules; qu'il y un va-et-vient de Fun à l'autre, légitimé par une homogénéité naturelle des deux langages qui servent à traduire une mémo réalité.

C'est le progrès, si nous osons dire, que nous voudrions essayer de l'aire faire à la réponse traditionnelle. Nous concédons donc, en dépit de ces critiques, qu'elle est bonne, qu'elle peut résoudre toutes les diflicultés. Mais comment, et pourquoi les résout-elle ' ? Pour Texpliquer, il nous faut nous élever à une théorie générale de l'affirmation dogmatique, dont la solution entrevue se déduira ensuite comme un cas particulier.

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