‹ Le donné révélé et la théologieChapitre 46 sur 130 · cf. p · texte numérisé non relu

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définir sa propre révélation, l'afTirmalion humaine. L'examen de ces modalités va nous conduire tout droit à la solution du problème posé, et, donc, manifester la coïncidence du révélé et du dogme défini.

Premier ca&. — Si les assertions du donné révélé se présentent sous la forme d'affirmation de fait, — que ces faits aient été constatés historiquement dans leurs manifestations sensibles par des témoins humains oculaires, les Apôtres par exemple, ou que leur existence ait été affirmée par un prophète inspiré, et donc par le grand témoin oculaire du Divin qu'est le Saint-Esprit. — les affirmations défiriissantes de l'Église sur ces données de fait, devront forcément utiliser le seul ordre d'expressions qui soit apte à affirmer des faits, les données de sens commun expérimental. Un fait est un fait. Une fois fixé dans les données concrètes, capables de le réaliser devant l'esprit, il ne saurait, sous peine de n'être plus un simple fait, recevoir une élaboration ultérieure. Il a trouvé dans le sens commun sensible, concret, l'expression définitive que comporte son genre de vérité, et dans l'affirmation de ce sens commun la plénitude de connaissance (je ne saurais dire d'intellectualisation) dont il est capable.

En de tels cas, les définitions de l'Eglise ne sont qu'une réafQrmation, en termes de sens commun, de ce qui a été déjà affirmé dans les énoncés originaux de la révélation en termes de sens commun. « L'apostolicité littérale », chère à M. Tyrrell \ est ici la règle. D'ailleurs cette réaffîrmation se justifie par la

1. Through Scylla and Charybdis, Introduction, p. 4, 9: Theologism, p. 32f, 323.

constance de la réaction intuitive normale du sens commun, centre des sensations et totalisation de l'expérience humaine courante, à travers toutes les époques, tous les degrés de culture et toutes les mentalités de races. Je suis bien sûr, par exemple, que le lait que j'affirme aujourd'hui par ces termes de sens commun : a souffert sous Ponce-Pilate, — est le même fait qui a posé devant les apôtres qui Font vu, et devant les Évangélistes le consignant dans h dépôt de la Révélation, avec la garantie de l'inspiration du Saint-Esprit.

Les définitions de l'Ëglise sont remplies de ces réaffirmations, tantôt dans la lettre même des termes, tantôt dans des termes équivalents, tantôt en insistant sur la vérité effective du fait, tantôt avec des adjonctions qui sont destinées à écarter les interprétations du fait qui détruiraient son objectivité et à le protéger contre les influences corrosives des systèmes. Donnons quelques exemples : Le concile d'Ephèse déclare la Vierge Marie mère de Dieu, ôeotoxo; ' ; qu'est-ce autre chose que la réaffirmation de TÉvangile, des récits des deux premiers chapitres de saint Luc par exemple, — éclairés, si l'on veut, par le. premier chapitre de saint Jean? Voici saint Luc, d'abord : Tu deviendras enceinte et tu enfanteras un fils (Lwc, I, 31); FEtre saint qui naîtra de toi sera appelé fils de Dieu [Luc, i, 36); Les jours où Marie devait accoucher furent accomplis, et elle enfanta son fils premier-né et elle l'enveloppa de langes (Lucy ii, 7). Rapprochez : Et le Verbe était Dieu [Jean, i, 1; ; Et le Verbe devint chair et il habita parmi nous

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