I. cf. Rev. Thom., mars 1899, p
mions la personnalité divine s'épanouissant en trois personnes également subsistantes , dont elle nous donnera tout aussitôt, pour augmenter notre confusion, la notion en apparence la plus éloignée que nous puissions avoir d'un être subsistant, la notion d'une relation, d'un simple irpdç ti. N'est-ce pas, à tout jamais, quand il s'agit de Dieu, le naufrage de l'afïirmation humaine?
D'autre part, nous n'avons plus ici la hausse efficace de la causalité. La vie intime de Dieu, comme telle, n'est pas cause. Elle est à jamais renfermée en elle-même. « Mes pensées ne sont pas vos pensées, mes voies ne sont pas vos voies, dit le Seigneur. Comme le ciel est au-dessus de la terre, ainsi mes pensées et mes voies sont au-dessus de vos pensées et de vos voies ^ ». Ne faut-il pas, en présence de cette insuffisance radicale de nos conceptions, renoncer à toute pensée distincte, s'abîmer dans une prière muette, néant de toute représentation, et, dans cette attitude, attendre, comme disait Plotin, la visite du Bien?
Il en serait sans doute ainsi, si Dieu lui-même n'avait pas parlé en termes humains, si la révélation n'était pas, comme nous l'avons constaté, une affirmation divine s'exprimant, pour être communiquée à tous, dans une affirmation humaine. Si Dieu a ainsi parlé, dirons-nous, c'est qu'il avait quelque chose à nous faire entendre. Et, si ce quelque chose c'est sa vie intime, c'est donc que nous pouvons apprendre quelque chose dans la parole qui cherche à nous la révéler.
D'ailleurs, les motifs allégués plus haut pour situer