Saint Thomas, Summa theol., I* P., q. H, a. 2, ad
2. C'est en ce sens qu'il faut entendre les mots : cura recta ratio fidei fundamenta demonstret du Concile du Vatican, si toutefois on doit les interpréter des démonstrations apologétiques et non des preuves philosophiques de la Théodicée.
Sophie et la théologie. Ces sciences ne sont pas reliées entre elles, coordonnées rationnellement. Entre théologie d'une part et philosophie et apologétique d'autre part, il y a l'acte de foi surnaturel, libre, gratuit. La théologie, comme telle, s'origine aux vérités de foi comme telles. Les vérités de foi, crues de foi surnaturelle, tel est le donné théologique essentiel.
On objecte ceci : Si la théologie dépend de la foi surnaturelle, le théologien qui perd la foi doit perdre du coup sa faculté théologique. Or, nous ne percevons rien de pareil. Lliérétique, qui refuse de croire un article concernant la Justification, demeure bon théologien sur le reste, sur le traité de Dieu par exemple. Qui peut constater la moindre différence dans la certitude de son assentiment aux conclusions théologiques, qu'il admettait auparavant? Nous ne devons rien supposer sans fondement. La présence d'une faculté connaissante se juge aux actes de cette faculté. Ici, les actes sont identiques avant et après la perte de la foi. C'est donc que la théologie ne s'appuie pas sur la foi surnaturelle.
Vous venez d'entendre Gabriel Vasquez ^, et au recours à l'expérience brute qu'il prône en matière de surnaturel vous avez reconnu la manière d'argumenter de l'école nominaliste.
Il est clair qu'au point de vue de l'habileté dialectique et de l'assurance à tenir pour acquises les conclusions déduites, il n'y a rien de changé. Mais, la qualité de l'assentiment est-elle encore la même?
1. In /"» p. Summœ theol. S. Thomas Aq., q. I, annot. circa, art. 1, at dicet aliquis; cf. disp. IV, c. 8, § immerito.
A-t-elle les caractères qui font l'assentiment théologique proprement dit? C'est ce que Ton peut nier sans se mettre en désaccord avec les apparences. On peut dire, par exemple, avec saint Thomas ^ que la belle assurance de l'hérétique qui théologise sur nombre de points avec exactitude, provient d'un parti pris et non plus d'une conviction intellectuelle ou scientifique. Au point de vue du phénomène brut, comment discerner ce qu'il en est? Apparemment, les effets sont les mêmes -.
C'est sur un autre terrain que celui de l'expérience qu'il faut se placer, le terrain des exigences de la science en général et de la science théologique en particulier. Une science déductive n'est science qu'à la condition que les points de départ de ses conclusions soient connus avec évidence. Le point de départ des conclusions théologiques est le dogme. Le dogme est pour nous objet de foi, mais il est pour Dieu objet évident. Le vrai point de départ de la science théologique est en réalité la science que Dieu a de lui-même. La science théologique humaine, de par les exigences de toute science comme telle, demande sa jonction avec la science de Dieu. Il n'y a, d'ailleurs, rien d'insolite dans ce phénomène d'une science se soudant à une autre science, pour y trouver l'évidence nécessaire. L'acoustique, dit saint Thomas, trouve dans la science des nombres et des proportions la justification de ses déductions, etl'op-