Summa theoL, I» P., q. I, a. 3, ad
La conception de l'apologétique comme théologie fondamentale, comme propédeutique ou introduction à la théologie, mutile l'idée authentique de la science théologique, elle rapetisse cette science d'origine surnaturelle au niveau des sciences purement humaines, elle la rend, par suite, incapable d'exercer cette souveraineté scientifique de métaphysique surnaturelle, de science absolument suprême, qui n'est jugée par aucune science humaine, et qui, de la citadelle des certitudes divines auxquelles elle est associée, les juge et les contrôle toutes ^
Il faut donc abandonner cette notion incomplète et inférieure de la théologie, issue des nominalistes, ces théologiens aux conceptions matérielles, toujours suspects à l'Eglise; née et grandie dans une époque qui n'a pour ainsi dire produit aucun théologien de race, capable d'être comparé aux profonds esprits théologiques qui ont illustré la science du treizième au dix-septième siècle ; occasionnée par le désir bien illusoire de ramener à l'estime de la théologie des rationalistes, en descendant sur leur terrain, en leur présentant un compromis entre leur conception de la science humaine et la vraie notion de la théologie. Ce terrain n'est pas le nôtre '^. Humaine dans ses procédés, la théologie est surnaturelle dans le donné dont elle part. Le véritable donné de la science théologique, c'est l'objet même de la science de Dieu, mis à notre portée dans les énoncés de la foi, dans les
i. Summa theol., P P., q. I, a. G, ad a""»; a. 8.
2. Pas plus que le terrain de la Tliéologie naturelle ou philosophique qui, dit salut Thomas, diffère génériquement (il ne dit pas spécifiquement, mais génériquement) de la Théologie. Summa theolog., P P., q. I, a. I, ad 2""'.
dogmes, reçus et acceptés par la foi surnaturelle. Pour faire un théologien il faut d'abord un croyant.