‹ Le donné révélé et la théologieChapitre 86 sur 130 · Art, cité, p. Cî)9 suiv · texte numérisé non relu

Art, cité, p. Cî)9 suiv

l'œuvre propre du traité des Lieux théologiques, q\ii sert d'introduction à la Théologie rationnelle. Ce classement s'opère dans la même lumière que le travail de la théologie positive, dont il reçoit les renseignements concrets sans les discuter, car il n'a pas pour tâche propre de recommencer à nouveaux frais l'inventaire effectué mais de le classer en lieux, c'est-à-dire en propositions munies chacune de la fiche qui constate la nuance de son autorité doctrinale, apodictique ou probable ^

Ainsi compris, sous l'hégémonie des lieux théologiques et comme instrument de la théologie positive, le recours aux sciences historiques et à la critique ne nuit plus à l'homogénéité du Donné théologique et du Donné révélé. Il n'y a pas conditionnement d'une doctrine naturelle par une science rationnelle ; ou, si l'on tient absolument à ce mot-, il faut dire que la théologie n'est conditionnée qu'à la manière dont une force autonome et vivante est conditionnée par les instruments vivants de son activité, qu'elle imprègne de sa nature essentielle. Ainsi, dans l'homme, les puissances animales, les passions par exemple, ne laissent pas, sous le commandement de la raison, d'émettre des actes aussi spécifiquement humains, actus hiunani et non tantum homi-

i. Cf. A. Gardeil, La Notion du Lieu théologique, spécialement le .: V. Paris, Gabalda, iy08.

2. Dans son Discours sur la méthode de la Théologie, M?' Mignot le répète à maintes reprises. Cette insistance répond à cette idée vraie, qu'avec une science imparfaite ou erronée on n'aura jamais une théologie exempte de lacunes ou d'erreurs matérielles tout comme avec un outil rudimentaire ou faussé, on ne saurait faire d'oeuvre parfaite et exempte de tares, cf. A. Gardeil, La place de saint Thomas dans la théologie {Kesuc de l'Institut catholique, décembre 1902)^

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nis, que peuvent Têtre les actes moraux issus des facultés proprement humaines, intelligence et volonté. Au point de vue moral, l'homogénéité est complète ^ .

La théologie n'est donc pas coupée de ses sources par l'écran de la critique textuelle, littéraire et historique. La foi surnaturelle, principe de la vraie science théologique, maintient en permanence la communication. Elle le peut, car elle ne dépend dans son être que de sa cause divine, la lumière surnaturelle du témoignage intime de Dieu qui actue, relie et soude la connaissance du divin, apportée par la Révélation et manifestée par l'enseignement de l'Église, avec la connaissance que Dieu a de lui-même. Et de là vient qu'avec une science fort imparfaite, comme a pu être celle d'un saint Thomas, il a pu être fait d'excellente et scientifique théologie scolastique, — scientifique, dis-je, de ce genre de science que comporte une doctrine d'origine surnaturellement garantie^. Les documents étaient relativement peu nombreux, pas toujours limpides ; mais l'atmosphère de foi pleine, — en continuité avec la foi des âges précédents et des origines, conservée dans la foi contemporaine de PÉglise, — dans laquelle ils étaient lus. compris, confrontés les uns avec les autres, formait pour leur entrée dans la science théologique une garantie majeure d'authenticité. Évidemment, au point de vue de l'appareil scientifique humain, il y a mieux. L'idéal sera toujours d'unir une information critique de plus en plus assurée de ses méthodes avec le sens théo-

1. Summa theol, !• 11=^, q. I, a. i: q. XVII, a. 4, 7. i. Gf. Mg"^ MiG.NOT, op. cit., p. 30(].

logique absolument sur des anciens. Mais cependant, s'il fallait opter, l'essentiel, ce qui décide, en définitive, de la valeur scientifique propre à la Théologie, n'est-ce pas la loi, ce divin critère? En dehors de son influence spécificatricc, il y aura toujours dans la Théologie comme un rationalisme larvé, qui la rongera par sa racine. Grâce à cette influence, au contraire, Taccès est assuré du côté des certitudes divines de la science de Dieu et des bienheureux, comme les appelle saint Thomas, et la Théologie, dans un minimum relatif de conclusions scientifiques, peut réaliser avec toute sa plénitude sa valeur scientifique essentielle, qui est de dégager, sans les altérer, les virtualités comprises dans la Révélation.

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