cf. Sum7na theologica, U^ U'^, q. I. a
2. « La religion a besoin pour être entendue correctement, d'un certain nombre de principes rationnels », dit judicieusement l'auteur du Programme d'Etudes de la Revue de Philosophie, mai 1908.
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mer, dans des idées et dans une langue humaines, les vérités divines qui sont Tobjet propre de la science divine. Le donné révélé se trouve ainsi doué d'un double caractère d'absolu, celui qui lui revient du fait de sa nature d'affirmation humaine vraie et celui que lui apporte la garantie divine de la révélation. Il a toutes les conditions requises pour être transmis, sans changer substantiellement, tant dans sa signification humaine que dans sa valeur divine, aux membres futurs de la Société ecclésiastique.
Mais ce n'est pas avec le donné révélé, tel qu'il est sorti de l'action de Dieu, c'est avec le Dogme, c'est-àdire avec la forme d'affirmation officielle de ce donné, qui nous est transmise par l'Eglise, que la Théologie est en contact immédiat. Or, le Donné révélé, par le fait même de sa définition comme dogme, de sa formulation en énoncés précis, souvent techniques et engagés, semble-t-il, dans les idées des époques qu'il a traversées, est soupçonné par quelques-uns, parmi ceux-là mêmes qui reconnaissent le droit de l'Église à le définir authentiquem.ent, de ne plus être un substitut équivalent de la pure parole de Dieu. Il fallait donc en éclaircir la notion exacte et. ce faisant, manifester son homogénéité substantielle avec le donné primitif. Avec cette troisième étude se termine le premier livre de la première partie, consacré aux Notions.
2. Lwî-e second. — A l'étude des Notions succède l'examen des Problèmes concernant le Donné révélé. C'est l'objet du second livre de cette même première partie.
L'un de ces problèmes concerne la possibilité même de se servir du dogme, des vérités révélées, et jusque
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de raffîrmation humaine, philosophique ou de sens commun, pour .exprimer les réalités divines avec un rendu suffisant pour que Ton puisse s'en faire une idée ivraie, et surtout que l'on puisse opérer, comme disent les mathématiciens, avec des éléments aussi imparfaits. S'il y avait là une impossibilité réelle et définitive, c'en serait fait de toute doctrine spéculative touchant les réalités divines, et, à plus forte raison, de la théologie, dont la tâche propre est précisément d'opérer avec les formules de son Donné, de les mettre en relation entre elles ou avec des vérités de Tordre naturel, pour en tirer, par le moyen de la logique rationnelle, des conclusions vraies et qui étendent notre connaissance de la divinité. Dans la première section du deuxième livre nous nous sommes efforcés de montrer que le procédé analogique nous met en possession d'un moyen efficace de proportionnement de notre intelligence à une connaissance vraie du Divin. Cette connaissance possède une signification suffisamment rigide pour que ses énoncés puissent entrer dans les échanges intellectuels de la dialectique rationnelle. On aboutit ainsi, au terme des raisonnements, à des conclusions douées de la même et fixe valeur de signification et d'expression du Divin que leurs principes eux-mêmes.
L'autre problème concerne le fait de l'annexion au dogme défini de certains dé^^eloppemenls des énoncés primitifs, qui ne se trouvaient ni explicitement, ni même formellement compris dans la teneur du Dépôt de la révélation. Il ne s'agit plus ici seulement d'une évolution de termes; le contenu lui-même est, d'une certaine manière, neuf. Il n'était contenu que virtuellement dans le donné révélé; il est exprimé formelle-
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ment dans le dogme défini. La théologie, au moment où elle s'abouche à ces développements qui constituent une part de sa mise de fonds première, de son donné brut (puisque c'est au Dogme, quel qu'il soit, qu'elle s'origine), suppose que leur homogénéité avec la vérité révélée a été défendue et justifiée. Et c'est la raison de la deuxième section de la première partie de cet ouvrage, le Développement du Dogme.
il. Deuxième partie, — La deuxième partie traite de la nature essentielle de la théologie et de sa distinction d'avec les disciplines connexes. Elle contient quatre leçons : 1° Le donné théologique ; 2° La science théologique ; 3° Les systèmes théologiques ; 4° Ce que doit être pour nous saint Thomas d'Aquin. Justifions cette division.
La théologie, ai-je dit, rencontre tout son donné dans la révélation et le dogme. Il semble donc inutile, à première vue, d'instituer une étude spéciale du donné théologiqiie. Mais procéder ainsi serait se réduire volontairement, en fait de lumières sur l'objet de la Théologie, à la portion congrue. La théologie catholique a la prétention d'être une science, et toute science, pour être intégrale, réclame un inventaire scientifique de son donné. De là cette première leçon. On y réfute deux conceptions de la mise-en-état scientifique du donné théologique qui compromettent son homogénéité avec le donné dogmatique et, par suite, avec le donné révélé lui-même : J'ai nommé la conception du donné théologique naturel, fondé sur la foi scientifique résultant des démonstrations apologétiques \ et celle du donné théologique 5c/e/i^//?-
\. Cf. La Crédibilité et V Apologétique, p 150.
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que^ qui, sous prétexte de mettre le donné théologique en relation plus rigoureuse avec le donné révélé, aboutit à faire de la théologie une dépendance des sciences humaines. J'explique, dans cette étude, comment, tout en ouvrant largement la porte à toutes les contributions scientifiques dignes de ce nom, on peut parfaitement maintenir le donné théologique dans la dépendance du seul donné révélé; et quel est le véritable rôle des sciences critiques et documentaires dans l'établissement de l'inventaire dogmatique intégral que constitue le donné théologique. La conclusion est que la théologie peut « opérer » avec le donné théologique ainsi entendu, assurée d'utiliser le donné révélé lui-même.
Elle le fait de deux manières qui caractérisent, respectivement, la science théologique et les systèmes théologiques, étudiés dans les deux sections qui suivent.
Pour prolonger le donné théologique, en développant ses virtualités dans des conclusions qui les explicitent, la Science théologique prend soin de n'utiliser que des instruments scientifiques de valeur absolue. Ce sont, sans compter la forme logique rigoureuse du raisonnement, des principes rationnels évidents, des vérités de sens commun incontestées, des points de vue générateurs de sa synthèse scientifique qui ne font pas difficulté en raison, ou qui sont empruntés aux données les plus effectives de l'objet de foi.
Les Systèmes théologiques, au contraire, trouvant occupées par la science théologique toutes les positions apodictiquement démontrables de la théolo-
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gie, doivent se tailler une province dans la région des hypothèses. Leur but est de remplir les parties laissées en blanc, pour ainsi dire, par la science. C'est là une tâche qui a sa grandeur et son utilité, comme je l'ai fait observer ailleurs, à propos d'une discipline analogue, la Dialectique ^ Mais c'est cependant une tâche secondaire. Aussi, doit-on excuser les systèmes théologiques d'introduire parmi les instruments de connaissance apodictique, qui relèvent en propre de la science, des instruments de moindre efficacité, propositions probables ou hypothèses, que Ton peut discuter sans se mettre à dos la foi ou la philosophie.
Établir qu'en dépit du logicisme des procédés, du caractère naturel, extrinséciste, si l'on peut dire, des propositions et des hypothèses rationnelles utilisées, en un mot, de ce qu'il semble y avoir d'artificiel dans toute systématisation doctrinale d'ensemble, les conclusions de la science théologique expriment une part, jusque-là inconnue, de cette réalité surnaturelle dont la révélation globale a été déposée dans le Donné primitif, tel est le but de ma leçon sur la Science théologique. — Dans la leçon sur les Systèmes, au contraire, je fais surtout œuvre de réhabilitation. Je montre leur rôle à la suite de celui de la Science théologique, je plaide leur innocuité et les services qu'ils rendent, je fais valoir la nécessité psychologique qui en rend fatale l'existence. Cependant, passant de la défense à l'attaque, j'essaie de mettre en évidence, à la limite supérieure des efforts inégalement réussis que tentent les systèmes pour s'égaler au divin contenu du Donné théologique, l'existence 1. La notion du Lieu théologique, p. 10.