‹ Le donné révélé et la théologieChapitre 90 sur 130 · Le Roy, Dogme et Critique, p · texte numérisé non relu

Le Roy, Dogme et Critique, p

â. Cf. pp. 17-34.

phia peremiis, à laquelle ne cessent de rendre hommage ceux-là -même qui ne sauraient la combattre qu'en s'en servant. Or, c'est avec ces deux sortes de vérités et avec elles seules, que la Science théologique proprement dite met en contact les vérités de la foi : et la doctrine de la substance, bien entendue, est du nombre. Sans doute, leur certitude est d'un ordre inférieur à la certitude de la foi ; elle ne saurait garantir seule l'homogénéité des conclusions théologiques et du donné révélé; mais, du moins, elle ne la détruit pas à priori par son inconsistance, comme le prétend l'opinion qui considère la vérité comme essentiellement variable et libre; et, de plus, nous le verrons dans un instant, elle permet de l'établir efficacement. Donc, c'est chose entendue, pas de scolasticisme ! — Toutes réserves faites en faveur de l'éternelle philosophie, latente même sous la philosophie scolastique.

B. Évidemment, le probabilisme n'a pas plus que le scolasticisme, ses entrées dans la science théologique. On ne fait pas de science avec du probable. Il est vrai, des raisonnements probables peuvent être adjoints aux raisonnements décisifs dans lesquels ils puiseront leur droit à se produire, et auxquels ils donneront une plus-value secondaire, un rayonnement plus étendu. Il est vrai encore, dans certaines questions d'application, la probabilité reprend le fil du raisonnement, au point où l'a laissé la démonstration rigoureuse, et prolonge sur certaines questions de détail la lumière des principes et des conclusions scientifiques. C'est ce qui a lieu, par exemple, dans la casuistique, qui, bien comprise, éclaire la région naturellement obscure des détails de l'action

LA SCIENCE THEOLOGIQUE. 231

morale humaine, d'une lumière tamisée, diffuse, la seule dont elle soit susceptible. Mais le corps de la théologie scientifique demeure inaltéré sous ces suppléments extérieurs et surnuméraires que rien n'empêche, d'ailleurs, de concevoir comme des appartenances des systèmes théologiques. Un théologien expérimenté sait toujours où il en est. Le malheur est que ce ne sont pas seulement les théologiens qui s'aventurent dans le domaine réservé aux historiens et aux critiques', que critiques, historiens et philosophes s'aventurent parfois à leur tour « dans la chambre à vanner » du théologien et, « loin d'y faire un utile travail, y étouffent, troublent tout et se plaignent qu'on gâte la moisson ». Ce serait le cas d'ajouter, avec le spirituel prélat auquel j'emprunte ces expressions : « 11 faut, MM., les reconduire tout doucement à la porte », si nous n'avions à leur donner un meilleur conseil, celui de se donner la peine d'apprendre et de comprendre ce que prétend être exactement la science théologique. Ils pourront alors utilement critiquer la théologie, et, au lieu de récriminations stériles et qui passent à côté, lui donner sur tel ou tel point insuffisamment prouvé les plus précieux avertissements.

Il est donc entendu que la science théologique ne devra admettre, en fait de vérités naturelles, que des faits de sens commun, ou des lois, des principes et des vérités philosophiques nécessaires, — que des

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