‹ Le donné révélé et la théologieChapitre 94 sur 130 · Cf. ScuAF.zr,r:p., ojj. cit., c. i, a. -2, n. G · texte numérisé non relu

Cf. ScuAF.zr,r:p., ojj. cit., c. i, a. -2, n. G

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la réalité concrète et vivante, il n'en est pas ainsi. Il n'y a pas plus d'assentiment théologique purement dialectique qu'il n'y a d'assentiment théologique purement réaliste. L'assentiment proprement théologique est mixte. Ce n'est pas la révélation immédiate qui le motive, comme l'assentiment de la foi, c'est ce que l'on appelle la révélation médiate : c'est un motif où resplendit la divine lumière, comme dit Cajetan, ce n'est pas directement la lumière du témoignage divin. Mais, en dépit de cette empreinte mise par le raisonnement théologique sur l'assentiment théologique, la victoire reste en définitive à l'homogénéité. Somme toute, ce sont les réalités, et non les moyens par lesquels les réalités nous deviennent effectives dans tout ce qu'elles contiennent, qui causent l'assentiment aux conclusions théologiques.

Soit, en effet, ce raisonnement théologique élémentaire :

Le Christ possède dans l'unité de sa personne divine une nature divine et une nature humaine — natures qui, toutes réserves faites sur l'infini qui les sépare, sont, analogiquement parlant, d'ordre intellectuel.

Or une nature intellectuelle ne se conçoit pas sans une volonté libre lui appartenant en propre.

Dans le Christ, il y a donc deux volontés.

Si j'affirme que dans le Christ il y a deux volontés, c'est parce que cette vérité de l'existence en Lui de deux volontés est préformée, inclue, dans cette autre vérité de l'existence en Lui de deux natures intellectuelles. Cette inclusion des deux volontés dans les deux natures du Christ faisait réellement partie de la révélation. Qui dit nature intellectuelle dit, par

le fait môme, volonté libre correspondante. La chose était donc en soi parfaitement dite et révélée par Dieu. Mais je ne le voyais pas : le raisonnement me Ta fait voir. Je le vois maintenant, et, du coup, l'assentiment de foi que je donnais à ce dogme : le Christ a deux natures, s'étend, d'une certaine manière, à cette vérité que je vois inclue dans la première : le Christ a deux volontés. Je ne puis faire autrement que de les voir l'une dans l'autre : je ne puis donc faire autrement que de croire à l'une comme je crois à l'autre, c'est-à-dire surnaturellement et parce que Dieu l'a révélée. Le raisonnement a été un auxiliaire utile, mais passager. Son œuvre, je ne l'oublie pas sans doute, et ce souvenir m'empêchera de mettre l'adhésion théologique absolument sur le même rang que Tadhésion de foi à la révélation directe. Mais sans être sur le même rang, elles ont le même motif foncier, elles sont du môme ordre, elles ont même nature. Les objets qu'elles affirment sont homogènes.

La théologie est donc, comme l'appelle saint Thomas, une science divinement inspirée. 11 ne dit pas une science divine : toute science déductive est forcément humaine pour autant qu'elle fait appel à un procédé humain; mais il dit : divinement inspirée, marquant par là qu'elle reçoit de ses principes divinement révélés comme un ébranlement lumineux qui traverse toutes ses élaborations, les imprègne, et suscite à leur issue une vérité dont le caractère principal est l'homogénéité avec ses principes générateurs, avec le donné théologique immédiat, et par lui, avec la révélation.-

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