PREFECTURE DE POLICE
Paris, le 14 nivôse an IX de la République française une et indivisible.
Le concierge de la maison d*arrêt du Temple recevra du C. Boachon, officier de paix, Hugues Destrem, venant du Dépôt établi près la préfecture de police.
Le préfet de police :
Signé : Dubois.
Pour copie conforme à l'original, signé :
Marrais.
Signalement : Destrem, Hugues, âgé de 47 ans, natif de Fanjeaux, département de l'Aude, propriétaire, domicilié à Toulouse, département •de la Haute-Garonne, logé à Paris, rue St-Denis, n® 56, taille de 1 mètre 78 centimètres, cheveux gris blanc, sourcîTs châtains, front moyen, yeux gris, bouche moyenne, menton rond, visage ovale et plein.
C'est le moment que choisit Joseph Despaze, poète satirique, pour accorder sa lyre. Ce jeune homme chante :
rélite des pervers, d'audace redoubla ; «lie cita les grecs, admira leur civisme, de la poudre des temps retira l'ostracisme ^lut Briot, • Destrem, 'Duplantier, Aréna, Santonax, que jamais un forfait n'étonna.
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Et encore :
et d'éternels discours, chef-d'œuvres de délire qu'on entend, malgré soi, mais qu'on n'ose pas
[lire, introduit récemment dans le temple des lois Briot, Briot lui-seul, en fait trente par mois ; Destrem, digne rival de ses succès immenses, harangue sur la guerre, écrit sur les finances, au peuple, aux tribunaux prétend ouvrir les
[yeux ; dénonce ces voleurs, qui font tant d'envieux.
Mais ici, Eugène Despaze appréhende que le courage de son acte n'apparaisse pas très clairement, et il ajoute en note :
Destrem, digne rival de ses succès immenses... Il est du nombre des exilés. {Les quatre Satires ou la fin du XV JW siècle, par Joseph Despaze, 5« édition, an IX).
Un autre poète, le citoyen Crouzet, lit le 12 pluviôse an IX, à l'Institut national, une ode sur Vattentat dja 3 nivôse.
Quoi, toujours tes fureurs, implacable Angle-
[terre, par des forfaits nouveaux étonneront la terre ? veux-tu changer ce globe en un vaste cercueil ? et, de la pâle mort usurpant le domaine seule sur le néant, jalouse souveraine, couronner ton orgueil ?
En résumé, le citoyen Crouzet s'en prend sagement à la perfide Albion ; il n'accuse qu'elle de l'explo^'ion du 3 nivôse. Il dédie, on ne sait trop pourquoi, son ode au citoyen sénateur, le général Kellerman.
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