livre ayant pour titre : /’Antimoine justifié et l'Antimoï
‘4 ne triomphant. | Le Cet ouvrage fut dédié à Guenaut, qui Te la dédicace, aurait employé ce médicament dans le traitement
d’une maladie d’'Eusèbe Renaudot.
SE 2 Ne LAS.
Le livre, in-4 de 396 pages est divisé en deux parties: dans la première, Renaudot jnstifie l’Antimoine des accusations portées contre lui ; dans le second (lantimoine triomphant) il fait son éloge, raconte du succès etc. Renaudot expose ses usages.
Mais deux autres docteurs régents Jacques Perreau et Jean Merlet refutèrent le livre d’Eusèbe Renaudot.
Jacques Perreau, en 1654, publia le ARabat-Joye de l’Atimoine triomphant ou Examen de l’Antimoine justifié de Monsieur Eusèbe Renaudot.
Dès l’entrée en matière Perreau s’adresse « à la plus
1, Eus. Renaudot. ZL'Antimoine justifià (Préface).
MENTON LE ve
: ) v UE a saine et meilleure partie. » » des
style nous rappelle celui de Thom a Nous le donnons à titre de curiosité.
« Mostieurs,.
« Le retentissement des obligations que an à notre
Eschole qui ma, comme enfant deses enfants, nourri el du lait le plus pur de sa véritable doctrine, élevé jeune
à la dignité de docteur régent et favorisé de toutes ses charges honorables, a fait un tel mouvement dans mon âme, et tellement agité mes esprits, que de muet que j'étais, ma langue se déliant tout à coup par un effort extraordinaire d'amour, je me suis trouvé sans y penser, assez de voix pour m’écrier comme le fils de Crésus dans l’appréhension de voir tuer son frère, contre deux de nos docteurs entre autres, lesquels trahissant la cause de leur mère, et se rangeant du parti de ses ennemis, lui tiennent le poignard sur la gorge, pour la contraindre à se dédire de ce que autrefois employée par autorité du Parlement, à rechercher plus curieusement, et décider en dernier ressort la nature et les vertus de l’Antimoine, elle a prononcé solennellement contre lui la condamnant de venin, après en avoir mûrement examiné la raison, lan 1566 par la bouche d’un digne Doyen, Maître Simon Pièêtre, surnommé le Grand, pour son éminente doctrine, et pour les illustres enfants qu'il a laissés, de l'avoir de tant de célèbres Docteurs de ce siècle là, fertile, s’ilen fut jamais en Personnages versés en toutes sortes de sciences. »......»
Et Jacques Perreau continue dans ce style pendant douze pages.
x urg tive, qu xl est un poison ee qu’ il a été ee | né comme tel par l’école de Paris (décret de 1566) qu'il ne tue pas tous ceux qui en prennent, mais qu'il ne vaut
pas mieux, et qu’il tue des malades par sa violence et sa
è malignité.
Il s’en prend à Eusèbe Renaudot, à son visage déchar-
né, à son esprit soupçonneux et malin, à ses contradictions,
à ses mensonges.
Dans son corps sont entrés par la Métempsychose
(page 168) l’âme et l'esprit de Paracelse. C’est un fourbe,
4 un mauvais logicien, un âne déguisé (page 264). Perreau
: se disait médecin au trois S (Son, Séné, Saignée).
Guy Patin, avant, pendant et après son décanat, (1650-
E. 1652) fut un des ennemis acharnés de l’antimoine. Ses fa-
F __ meuseslettres distillent sa haine contre ce médicament. Il
Ë reproche à Harduynde St-Jacques de l’avoir mis dans l’antidotoire sans consulter personne « Nobrs énsciis et énvitis; tmoet rnconsulta Facultate(Lettre du 15 mai 1641). Dans
À une autre lettre du 14 janvier 1651, il attribue à lanti-
moine la mort de 7 personnes et il ne se gêne pas pour
traiter Guénaud de « Grand empoisonneur chimique ».
C’est de ce même Guénaud que Boileau dit :
IL compterait plutôt, combien, en un printemps Guénaud et l’Antimoine ont fait mourir de gens (1).
(PISatireVeNVr01192,
Dans une lettre du 4 novembre 1650, Guy. Patin dit. “ que l’Antimoine a plus tué de gens que n’a fait le roi de Suède en Allemagne. Ra
Le 2 décembre de la même année, il Fr al’ ve | moine la mort de d’Avaux plénipotentiaire, de Madame Gazeau, de Madame de Gilliers, de Monsieur de Mirepoix | sans compter ceux quos fama obscura recondit. (Lettre du 3 mai 1653). Æ
Dans sa lettre du 16 février 1654, Guy Patin dit : « Riolan travaille contre l’Antimoine, lequel a de deça si malencontreusement tué tant de monde que ceux qui se sont voulu mêler d’en donner ci-devant en sont aujourd’hui tout honteux et dans une extrême confusion ; et je puis vous jurer que jamais on n’en a donné si peu que l’on fait aujourd’hui... Vautier en mourut lui-même en 1652. Guénaud l’a voulu maintenir, maisil y a perdu son escrime et s’est chargé de la haine de plus de 70 de ses compagnons qui ne le veulent voir ni recevoir nulle part en consultation...
Les uns appellent ce vin stibial, vin émétique, ab enecando ou hérétique pour le schisme qu’il a causé dans la médecine...» PER
Quelques mois après, Guy Patin écrivait : «On commence ici quelques ouvrages contre l’antimoinetriomphant du gazetier (Renaudot),nous avons quatre de nos collègues qui le veulent relancer d’une belle sorte, en quoi ils ont beau jeu, savoir MM. Perreau et Merlet, des livres desquels on commence l’impression et MM. Riolan et Gers vais qui traveillent sérieusement pour réfuter ce poison
qui est ici fort décrié et pour démontrer l’imprudence,
(10 avril 1654) ; |
De tous les côtés pleuvaient les épigrammes ou les de
ges sur l'antimoine. ;
En 1654 Jean Merlet st une réfutation dd livre | = ce d'Eusèbe Renaudot (ia-#) ce livre est précédé de. lettres |
latines de Jacques Perreau, René Moreau, Antoine Char-
pentier, Charles Guillemeau, Guy Patin, Jacques Mentelet
enfin de François Blondel.
. L'ouvrage a pour titre: Remarques sur le livre de
l’antimoïne de Monsieur Eusèbe Renaudot.
I] ne contient guère que des injures à Jadresse de
Renaudot que Merlet appelle Bedeau, avocat d’antimoine ; il l’envoie au moulin comme un âne. Il accuse d’avoir le sens perverti, une tête faible, etc. En résumé, ce sont des Pc injures plus que des raisons. ae e Le 15 février 1656, la Faculté rendit un décret ordonnant que pour la paix on ne parlerait ni n’écrirait sur lantimoine. On lit en effet dans les Commentaires (1). « Vetandum enim sub pœna expunctionts et privatrionts, ne quis sttbio tpso utentes conviciis ullis afficiat, infanstosqué morborum exitus isti medicamento exhrbito vel omisso adscribat ».
Mais deux ans après, l’antimoine eut une puissante recommandation.
Dans la querre de Flandre, Louis XIV, alors âgé de 20