Petits Bollandistes, t. VIII, p
3. Petits Bollandistes, t. II, p. iM7. i. Petits Bollandistes, t. VU. p. 5qq.
Au pèlerinage de sainte Camelle, diocèse de Carcassonne, on vient non plus pour les bestiaux, mais poulies enfants.
« C'est à ce béni sanctuaire , dédié à sainte Camelle, dont nous possédons les précieuses reliques avec son glorieux tombeau, dit un prospectus de souscription, que toutes les familles chrétiennes s'empressent de recommander leurs enfants aussitôt après leurs naissance, afin que notre bienheureuse sainte veille sur leur précieuse existence. La conservation des enfants, tel est donc l'unique but de cette dévotion qui répond si bien aux ardents désirs du cœur maternel. »
Les sanctuaires qui se sont fait une spécialité de la protection des enfants sont entre tous les plus nombreux. Cette ardeur s'explique par l'intérêt qu'ont les sanctuaires à préparer leur clientèle dès le berceau. Si l'on songe, de plus, aux faciles terreurs des mères, à toutes les espérances attachées à la frêle existence de tant de petits êtres, on comprendra sans peine qu'aucune spécialité ne saurait être plus courue, partant plus lucrative.
Un sanctuaire récemment fondé dans le Cher a pris le vocable significatif de Notre-Dame des Enfants. « Toutes les familles qui pourront y amener leurs enfants, de près ou de loin, sont invités, par un prospectus de pèlerinage, à venir grossir la foule. » Il est du reste peu de Notre-Dame au sanctuaire desquelles on ne recommande, par voie d'imprimés, de conduire les enfants.
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« Depuis l'origine de l'Association , dit une petite feuille spéciale des missionnaires d'Issoudun , les lecteurs des Annales ont pu s'apercevoir que Notre- Dame du Sacré-Cœur se plaît à couvrir d'une protection toute particulière les petits entants. Que de fois, en effet, nous l'avons vue les préserver d'un danger imminent, les guérir subitement lorsque tout espoir était perdu, leur conserver miraculeusement l'innocence ou la santé, etc.
» La vue de ces bienfaits journaliers et si multipliés a inspiré à un grand nombre de mères chrétiennes la pensée de vouer, de consacrer leurs chers petits anses à Notre-Dame du Sacré-Cœur. Plusieurs nous ont manifesté ce désir. Nous l'avons accueilli comme une inspiration du Ciel; il a été confié à notre bonne Mère le jour de sa fête; elle le bénira, nous en avons la conviction.
» Comme signe de la consécration des enfants à Notre-Dame du Sacré-Cœur, nous tenons à la disposition des parents qui nous en feront la demande, un gracieux emblème aux couleurs de Marie , que nous pourrons bénir et faire toucher à la statue couronnée. Quant aux chers petits enfants qui nous seront présentés, nous les bénirons nous-mêmes et les consacrerons par une formule spéciale à Notre-Dame du Sacré-Cœur *. »
A défaut d'un « gracieux emblème » fourni par
1. Consécration des enfants à Notre-Dame du Sacré-Cœur . Prospectus in-^2. Bourges, impr. Pigolet.
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l'administration du sanctuaire, les parents font porter à leurs enfants les livrées de Marie en les habillant exclusivement de vêtements bleus ou blancs.
D'après Mgr Guérin, l'usage en question, longtemps oublié « et presque méconnu », serait de restauration récente. Un pieux écrivain en aurait dit :
« Ce vœu porte bonheur ; la Vierge Marie est comme intéressée à ne pas -laisser périr ceux qui ont pris ses couleurs. De certains droits au Ciel restent toujours à ceux qui ont revêtu , dans leur enfance , des vêtements blancs comme la chasteté et bleus comme le ciel '. »
Voilà donc le salut des enfants en ce monde et dans l'autre, la santé et le droit au ciel, subordonnés à l'adoption singulière d'une couleur 2. Quoiqu'il n'y ait pas de règles précises quant au temps qu'on devra les garder pour être assuré du résultat, on peut dire cependant qu'en général le port des livrées est de sept ans.
« Quelquefois, dit un bulletin de Notre-Dame de Chartres, pour des raisons particulières, on voue
i. Petits Bollandistes, t, V, p. 58-2.
2. Ceux qui seraient curieux de chercher la relation qui peut exister entre la protection du Ciel et l'usage de certaines nuances apprendront, sans doute, avec intérêt, qu'en Italie les épileptiques recommandés à saint Gérard, doivent revêtir « un habit de dévotion de couleur vert-clair ». Petits Bollandistes, t. VI. p. 147.
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l'enfant sans s'obliger aux vêtements blancs et bleus 1 . »
Il est sage, en effet — les inventeurs du « gracieux emblème » l'avaient déjà compris — de ne pas décourager les parents par de trop coûteuses perspectives. En tout cas, on spécifie que l'enfant devra porter une médaille, un cordon et un petit scapulaire bleu. Il convient de l'amener au sanctuaire de Chartres aux principales fêtes, de lui faire dire l'Évangile- et de brûler un cierge devant l'image de la Vierge.
« Plusieurs, ajoute le bulletin, font célébrer une messe aux principales fêtes de la bonne Notre-Dame. » Chaque année on fait une offrande d'un franc. «
On ne se contente pas toujours de promettre aux enfants voués la protection de la Vierge. Afin de rendre la promesse plus frappante on la met en action :
« Eugène Dubosctaret, de Garlin, fut atteint, à l'âge de deux ans, d'une méningite des plus violentes.
s. Consécration des petits enfants à Notre-Dame de Chartres. Prospectus in-32. Bar-le-Duc, impr. Guérin.
2. Se faire dire un évangile est un acte fréquent dans les lieux de pèlerinage. Pendant qu'il récite, non précisément l'évangile, mais un court fragment d'évangile, le chapelain délégué pour cette besogne vous pose sur la tète le bas de son étole.
« En faisant lire sur nous des évangiles, dit Fauteur du Pèlerin sanctifiant sa dévetion, nous nous prémunissons con démon, puisque les saints évangiles sont employés dans les exorcismes. » (P. 10.)
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Déjà tout espoir de le sauver était perdu. Tout à coup il vint à la pensée de ses parents de le vouer à Notre- Dame de Bétharram ; aussitôt l'enfant revint comme de la mort à la vie et fut guéri en peu de jours \ »
Il serait difficile de trouver contre la méningite un remède plus simple que celui-là.
Les petites pratiques qui accompagnent les visites d'enfants aux sanctuaires -se compliquent ou varient suivant les localités. Ici c'est une image, une relique qu'ils doivent baiser, là des linges ou des vêtements qu'on fait toucher ou bénir à leur intention.
Les parents qui s'adressent pour leurs enfants malades à Notre-Dame de Sainte-Langueur, diocèse de Troyes, « font bénir les linges ou les vêtements qu'ils leur destinent et demandent pour ces petits êtres souffreteux une neuvaine à Sainte- Langueur - ».
Ailleurs, on trempe les linges destinés aux enfants malades dans quelque fontaine que le saint local honore de son patronage :
« Les mères de famille de Saint-Aubin (Aisne) assurent que généralement leurs enfants malades éprouvent une agitation extraordinaire, prélude de leur guérison, au-moment où l'on trempe leurs langes dans la fontaine3. »
i. Manuel du Pèlerin à Notre-Dame et au calvaire de />'<•tharram, par un prêtre de Bétharram. Pau, 1S74, în-16, p. 49. ï. Petits Bollandistes, t. VI, p. 358.