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Souvent encore ce sont les enfants eux-mêmes qu'on plonge dans l'onde miraculeuse.
Dans le Poitou, Mgr Guérin signale une fontaine de saint Macout, dénomination poitevine de saint Malo, « à laquelle on vient de fort loin en pèlerinage pour y plonger les enfants macouins ». C'est le nom qu'on donne aux enfants noués l.
Près d'Auray, sainte Avoye a, nous apprend le môme auteur, « sanctifié par son attouchement et sa bénédiction une pierre et une fontaine sur le bord de la mer. Depuis, par son intercession, les enfants que l'on met sur cette pierre, qui est creusée par le milieu, ou que l'on plonge dans cette fontaine, y obtiennent le pouvoir de marcher » 2.
On voit que non seulement certains sanctuaires se font une spécialité des infirmités d'enfants en général, mais encore de certaines infirmités particulières d'enfants. Ceux où l'on conduit les enfants « tardifs à marcher » sont les plus nombreux. Saint Léonard paraît être le saint qui fait prime dans cette spécialité. A Courcy (Calvados^, on applique sur les membres malades des enfants, voire même des grandes personnes, pour en accélérer le mouvement, une chaîne dite chaîne de saint Léonard. Le même genre de superstition, de dévotion si l'on préfère, existe à Chartres, où la chapelle del'Hôtel-Dieu possède, sous le nom de fers
[. l'etits Dollandistes, t. XIII, p. 41S. >.. Petits Bollandistes. 1 V, o. 36a.
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de saint Léonard quatre anneaux enfilés dans une tringle qu'on passe le jour de la fête du saint dans les jambes et les bras des enfants pour lesquels on vient l'implorer. Dans quelques localités, on invoque aussi saint Léonard pour les enfants « tardifs à parler ».
En Bretagne, c'est Notre-Dame de Lambader qui s'est attribué cette spécialité. Les mères inquiètes font dire une messe dans son sanctuaire pour leurs enfants quand ils tardent à parler,, et, par la même occasion, « y présentent à bénir du pain qu'elle leur font manger » ; après quoi, elles se retirent « pleines de confiance », nous dit Mgr Guérin *.
Dans la Franche-Comté, on invoque saint Hymetière pour les enfants « de faible constitution » 2; dans le diocèse de Châlons, saint Clotaire pour ceux « qui sont attaqués du catarrhe » 3. Les fidèles des environs d'Avesnes vont tremper dans la fontaine de saint Ursmar « les enfants dont les reins sont faibles » 4 ; ceux du Nord vont faire toucher aux reliques desaint Ghislain les jeunes citoyens et les citoyennes du premier âge que la dentition tourmente.
« Le prêtre récite sur eux l'évangile, leur fait toucher les reliques du saint, et souvent, après ce pieux voyage, les hideuses convulsions et les frayeurs natu-
i. Petits Bollandistes, t. V, p. i5i.