Vie et Culte de saint Gilles, p
4. Histoire de l'invention du tombeau de Saint-Gilles, par l'abbé Trichaud. Nîmes, GirauJ, 1868, in-S", p 1
enfants morts sans baptême un petit retour à la vie1» , le temps seulement de les entendre crier sous l'aspersion sainte et d'offrir des dragées au curé. On ne dit malheureusement pas si le recours est agréé. Notre-Dame de Beaune et Notre-Dame de Nièvre, qui avaient autrefois la même spécialité, paraissent y avoir renoncé. Il n'y a rien de stable ici bas.
C'est « aux enfants rachitiques, à ceux qui n'ont pas une bonne croissance ou qui dépérissent tout à coup », que Notre-Dame des Vertus, diocèse de Périgueux, réserve ses faveurs.
« On les consacre à Marie devant son autel, lorsqu'ils sont malades, en faisant lire sur eux l'Évangile de la messe de la sainte Vierge. Les parents les mettent sur l'autel même ; là, ils les revêtent de nouveaux habits et abandonnent les anciens comme un témoignage assuré que le mal aura disparu2. »
Un usage analogue a lieu, le lundi de Pâques, à Domfront,. dans le sanctuaire de Notre-Dame de l'Habit, avec cette différence qu'il ne s'agit plus des enfants seulement :
« On y apporte des vêtements ou des linges qu'on dépose sur un petit autel dressé au pied de la statue de Marie ; on prie avec religion et on les remporte, avec la confiance que si on s'en revêt pieusement, il en sor-
i. Petits Bollandistes, t. VIT, p. ng.
i. Petits Bollandistes, t. X, p. 585.
des Pèlerinages i5y
tira une vertu secrète qui guérira les malades, préservera les soldats sur le champ de bataille, sauvera les hommes en péril, ou obtiendra d'heureuses couches aux femmes enceintes '. »
Toute une série de sanctuaires offrent, comme celui-ci, leurs services aux femmes enceintes. Souvent le même sanctuaire, par une relation naturelle, protège la mère et l'enfant. Les pèlerins se rendent à Notre-Dame de Pitié, dans le diocèse de Blois, pour lui recommander à la fois les nouveau-nés sujets aux convulsions et « les enfants près de naître2 ». Il est à remarquer qu'il y a bien plus de saints que de saintes à qui les femmes ont recours dans la période délicate de l'accouchement. Encore parmi les rares saintes en question figure-t-il une Vierge à barbe : sainte Livrade, qui a plusieurs chapelles dans le midi de la France3.
i. Petits Dollandistes, t. IV, p. 101.