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Petits Bollandistes, t. X, p

3. Sainte Livrade ou Libérate est une sainte assez problématique « à laquelle, écrit M. l'abbé Barrère, le Ciel aurait envoyé subitement une longue barbe pour l'aider à conserver sa virginité ». Ceci veut une explication.

Livrade, fille, dit-on, d'un roi mal servi par le Dieu des batailles, fut offerte comme gage de paix par le monarque battu à son vainqueur. La jeune fille, frémissant à l'idée du mariage qui va s'accomplir, supplie le Ciel de lui venir en aide. Le Ciel a entendu sa voix. Une barbe de sapeur garnit tout à coup son doux menton. Stupeur du prétendu. « Tout est rompu, beaupère! » Sur ce, fureur du chef de famille, qui, ne trouvant plus d'autre moyen de se débarrasser de sa fille, la fait crucifier. Que ne se mettait-il en quête d'une pâte épilatoire! Petits Bollandistes, t. II, p. g5.

t 58 Le Dossier

Un des saints sur lesquels les femmes paraissent pouvoir compter, dans l'état dit intéressant, est saint Udault :

« La protection la plus manifeste du saint martyr s'éprouve dans les accouchements difficiles. Il n'est pas alors de femme qui ne le trouve propice, si elle l'invoque avec ferveur1. »

A la collégiale de Saint-Ours, dans la vallée d'Aoste, un calice, qui passe pour avoir appartenu au saint, joue un rôle inattendu dans les délivrances difficiles :

« On a coutume de présenter ce calice aux femmes dont l'accouchement laborieux expose la vie et celle des enfants 2. »

« Les femmes enceintes, écrit à Mgr Guérin le curé de Montsalvy (Cantal), se recommandent à saint Bernard, et, dans leurs couches, elles sont très heureuses d'avoir quelques parcelles de ses reliques, ce qui leur est facile, vu que : i° vers 1844 ou 1845, Mgr Jalabert , vicaire - général , ouvrit l'ancienne chasse pour prendre un os destiné à la cathédrale de Saint-Flour, et donna de petits os au curé d'alors; et 20 en 186 5, lorsqu'il s'agit de remplacer l'ancienne châsse, Mgrl'évêque m'autorisa à retirer, pour les dis-

Petits Bollandistes, 1. V. p. , 14.

Petits Bollandistes, t. VU, p. i>

tri huer, de petits fragments que le temps ou le frottement avait détachés '. »

Contre la stérilité, les livres pieux nous recommandent saint André de Berthsaïde et sainte Colette.

« Elle obtient, nous dit-on de cette dernière, une postérité aux époux stériles2. »

Quand on est absolument fixé pour un garçon, c'est à sainte Félicité qu'on s'adresse :

« Comme sainte Félicie n'eut que des garçons, on l'invoque pour en obtenir3. »

C'est au moins fort logique.

Dans l'Ardèche, on sollicite volontiers de saint François Régis les douceurs de la maternité, mais sans avoir, je crois, de vues spéciales sur le résultat. Le tombeau du saint, à la Louvesc, est un célèbre but de pèlerinages.

o Vous entendez au fond de l'église, dit le Pèlerin, les vagissements importuns d'un nouveau-né. Ils troublent les offices publics, dérangent le prédicateur et l'auditoire. Toutefois, ne vous hâtez pas de vous impatienter et d'accuser d'imprudence ceux qui l'ont

i. Petits Bollandistes, t. XII, p. 181. i. l'etits Bollandistes, t. III. p. 2i3. !. Petits Bnllandistrs. t. VIII, p 2211.

apporté dans le lieu saint. Ce petit importun, c'est l'enfant du miracle. C'est un des nombreux petits Samuels du temple de la Louvesc ; c'est le fruit des prières et des largesses de sa mère au tombeau du grand thaumaturge1. »

De tous les malades, il n'en est pas de mieux servis que les fiévreux. On trouverait difficilement une région qui n'ait pas son saint guérisseur des fièvres. Pour nous en tenir à quelques cérémonies originales, je citerai celle qui se pratique au cercueil de saint Germain, dans l'église de Saint-Germain-sur-Bresle. Ce cercueil est placé sous l'autel :

« Le couvercle en dos d'âne est percé latéralement de deux trous circulaires, par où les pèlerins passent leurs bras et prennent de la terre qu'ils appliquent sur le corps des malades atteints de la fièvre2. »

Le tombeau de sainte Vergue ou Verge, dans les Deux-Sèvres, n'est pas l'objet de scènes moins bizarres :

« Ce qui reste de son tombeau dans l'église de sainte Verge se réduit peu à peu en poussière, les fidèles la raclant pour en mêler les débris à l'eau d'une fontaine qui porte le nom de la sainte dans le parc du château voisin. Ce breuvage est donné contre la fièvre3. »

i. 4e annee, p. i.->o.

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