Le Dos.ncr
Saint-Bauzille ? Qui vous a dit que la sainte Vierge n'a pas choisi ce lieu cie préférence pour réveiller le sentiment religieux engourdi dans ces riches contrées vinicoles? Qui vous a dit qu'à l'heure où nous sommes menacés de perdre la vigne, Dieu n'a pas voulu montrer que le grand médecin de nos maux, le grand inventeur des remèdes est au Ciel, et que la prière est plus efficace que tous les essais de la science humaine ? »
Dans ce chaleureux appel en faveur de la Vierge de Saint-Bauzille — la Vierge au phylloxéra, — on remarquera le coup de patte à Lourdes et à la Salette. Quoi ! ces deux sanctuaires devraient-ils vraiment baisser pavillon devant la simple croix de Saint- Bauzille ? Faudrait-il admettre que leur origine fut « plus modeste », que les témoignages relatifs aux apparitions qu'ils consacrent furent « moins sérieux » ? Dieu me garde, pour ma part, de ne pas accepter tous ces lieux de pèlerinages pour aussi sérieux les uns que les autres. Je ne veux voir, dans l'insinuation du narrateur anonyme de l'apparition de Saint-Bauzille, qu'un trait échappé à l'envie. Ah ! c'est que détrôner Lourdes ou, tout au moins, s'y rattacher par quelque point commun, est pour tous le suprême objectif.
Il y a à Fontet, dans la Gironde, une visionnaire, la femme Berguille, qui reçoit depuis plusieurs années les visites de la Vierge, visites où, par parenthèse, il est un peu trop souvent question du retour d'Henri V1.
i. En mai 1873, la Vierge, mal informée sans doute sur les résultats prochains de la fusion, disait à Berguille : « Un chan-
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Marie n'a pas manqué, là aussi, d'exprimer à son interlocutrice le désir de voir ériger sur le lieu de ses apparitions une église. On rapporte même, à ce sujet, les paroles suivantes de la Vierge : « Lourdes est pour la guérison des corps, Fontetsera pour la guérison des âmes et la conversion des pécheurs '. » De cette manière, Fontet se trouvait d'avance mis au niveau de Lourdes, dont il devenait, en quelque sorte, le pendant obligatoire.
Malheureusement, un avis récent de l'archevêque de Bordeaux aux ecclésiastiques et aux fidèles de son diocèse, leur interdit dorénavant la demeure de la Voyante, qui était, depuis quatre ans, le but de ridicules pèlerinages. Ce qui étonne, c'est que monseigneur de Bordeaux ait mis si longtemps à s'apercevoir que les célestes communications de la Voyante n'étaient qu'un incroyable ramassis de sottises ; mais il ne faut pas trop chicaner sur un fait louable, même quand il arrive un
gement dans le gouvernement va s'opérer sous peu et ce sera en bien. Bientôt vous aurez un roi. »
En octobre, elle lui disait encore : « Henri V viendra et sauvera la France. 11 n'arrivera point par le vote et les combinaisons des hommes. Les hommes ne le connaissent pas. Il viendra par la main de Dieu. On le croit très éloigné du trône, et il en est très rapproché. »
En décembre, la Vierge répétait : « Que l'on prie beaucoup : Henri V arrivera bientôt. » Et, comme on demandait à lie d'expliquer ce bientôt, elle répondit : « La Vierge m'a dit que son Fils l'avait décidé; que lui seul savait l'époque. » Almanach illustré du surnaturel , pour l'année 1875. Palmé, in- 1(3, p. 24.