Petits Bollandistes, t. XIII, p. \3q
des Pèlerinages 199
« On ne peut nombrer tous les lieux du royaume qui se vantent d'en avoir, mais la plupart sans titre. »
Et encore :
« La plupart des églises qui gardent des reliques sous le nom de saint Pancrace se réunissent à solenniser la fête de son martyre au 12 mai, quoiqu'elles ne soient pas toutes persuadées que ce qu'elles ont soit véritablement de lui. »
Il semble qu'après cet aveu il n'y ait plus qu'à abandonner les reliques de saint Pancrace à leur fâcheux destin. Point. Baillet les défend encore :
« Comme il est, dit-il, assez ordinaire de voir que, lorsqu'on a quelque ossement considérable d'un saint, on se vante d'avoir son corps, on doit être moins surpris d'entendre dire que le corps de saint Pancrace se trouve en quinze ou vingt endroits différents (c'est en cent endroits que Baillet devrait dire), sans être obligé de recourir au mystère de la reproduction '. »
Hé, là! qu'est-ce que ce mystère de la reproduction? demanderez-vous. C'est un mystère assez curieux par lequel Dieu manifesterait son goût pour les amulettes en multipliant à plaisir les reliques d'un même saint pour la plus grande édification des fidèles. Au