‹ Le dossier des pèlerinages, suitè de L'arsenal de la dévotionChapitre 69 sur 117 · Petits Bollanaistes, t. III, p · texte numérisé non relu

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le goût immodéré des reliques poussant les âmes pieuses jusqu'au faux en écriture publique, cas prévu par le Code. Mais pourquoi les âmes pieuses en mal de reliques ne risqueraient-elles pas çà et là un petit faux, quand elles n'ont pas toujours reculé devant le vol pour s'en procurer.

Venise doit les reliques de saint Roch, dont elle est fière, « au larcin de quelques pèlerins de Tortone ' » . Le bras gauche de saint .Laurent, que Laon n'a pas cessé d'entourer de sa vénération, est le produit du vol d'un religieux du pays, qui paya l'hospitalité que des prémontrés de Hongrie lui avaient donné, en leur dérobant cette relique.

« Sa grande dévotion le pousse, dit Mgr Guérin à enlever cette relique négligée par les religieux de ce monastère 2. »

' Qui sait si les prémontrés de Hongrie ne la négligeaient pas à cause des doutes profonds que son authenticité leur inspirait. On a tant abusé des fragments de saint Laurent ! Le clergé de Laon n'en alla pas moins recevoir le voleur en grande pompe, avec le précieux échantillon qu'il leur apportait de son savoirfaire.

Pour reconquérir les reliques de saint Taurin, que le Puy-de-Dôme — où ils avaient cru les mettre en

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sûreté, se refusait à leur rendre — les fidèles de l'Eure durent envoyer trois jeunes clercs avec mission de a s'en emparer secrètement » :

« Après avoir accompli leur pieux larcin, ceux-ci arrivèrent heureusement à Gigny... Les reliques furent transportées dans l'abbaye et placées sur un des autels,' où elles opérèrent un grand nombre de miracles. C'est là qu'elles sont encore exposées à la vénération des fidèles \ »

L'histoire des reliques fourmille de ces « pieux larcins ». Le procès- verbal d'une inspection pastorale de la « main de saint Guillaume 0, conservée dans l'église d'Eygliers, au diocèse de Gap, constate que tous les ongles manquent, à la seule exception de celui du petit doigt. « Ils ont été enlevés, y est-il constaté, par des personnes pieuses2. »

Saint François deGirolamo venait à peine d'expirer :

« L'infirmier, voulant garder quelques reliques d'un si saint homme, osa, avant de le revêtir des habits sacerdotaux, lui couper un morceau de la peau qui couvrait la plante de ses pieds, si souvent sanctifiés en courant après les brebis égarées :i. »

« On exposait autrefois cette sainte relique, nous

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