Petits Bollandistes, t. V, p. r
des Pèlerinages 233
des environs de Viterbe, c'est-à-dire sur l'ancien territoire pontifical, des Vierges remuaient les yeux « les élevant vers le ciel dans une attitude de touchante supplication ».
En 1874, M. le curé deNotre-Dame-des-Victoires rappelait aux pèlerins de Notre-Dame-des-Vertus, à Aubervilliers, la suée célèbre de la madone locale un jour qu'on lui demandait de Teau1. Nous avons encore de temps en temps des Notre-Dame qui transpirent. Je citerai notamment Notre-Dame de la Certenne, dont le pèlerinage est, au dire de Mgr Guérin, un des plus courus du diocèse d'Autun. Les fidèles s'y rendent surtout à la Pentecôte. On y arrive au soleil couchant, et tandis qu'une partie des pèlerins se répand dans les bois et autour de la fontaine miraculeuse :
« Les plus dévots, dit le naïf récit du prélat, se rendent à la chapelle, y récitent des prières ou y chantent des cantiques toute la nuit ; le rosaire, les litanies, les lectures se succèdent sans interruption. Tout ce monde entassé dans cet étroit sanctuaire respire à peine, les murs suintent sous le souffle de toutes les haleines, la statue suinte elle-même, et alors on crie au miracle; la Vierge pleure, chacun s'approche; on lui fait toucher les livres, les médailles, les chapelets, les vêtements des malades, ou quelque linges pour les