Petits Bollandistes, t. X, p
des Pèlerinages 2?>j
ment sous la châsse en priant et en se recommandant à la protection du saint *. »
« Avant qu'elle sorte de l'église, nous dit-on de la statue de Notre-Dame-des-Vertus à Ligny , deux prêtres la soutiennent en l'air pendant que plusieurs milliers de pèlerins satisfont la dévotion qu'ils ont de passer dessous 2. »
Ne semble-t-il pas, à la tournure du récit, qu'il faille imputer l'idée de passer sous le brancard aux seuls pèlerins ? Cela est une dévotion à eux, ils la satisfont. Mais il serait si simple aux deux prêtres, au lieu d'élever obligeamment le brancard pour que ces pèlerins passent dessous, de leur affirmer que cet exercice est aussi superflu qu'enfantin.
Quelquefois on ne se contente pas de frotter à la relique des linges ou d'autres menus objets, on s'y frotte soi-même.
« Cette tombe vénérée, nous dit-on de la tombe de saint Erkembode, conservée dans l'église de Notre- Dame-de-Saint-Omer, porte les marques évidentes de la pieuse dévotion de nos aïeux ; en plusieurs endroits, en effet, le grès, malgré sa dureté extrême, se trouve assez profondément usé, résultat du passage d'une longue suite de générations de fidèles, qui venaient se
i. Petits Bollandistes, t. XIV, p. i3o. 2. Petits Bollandistes, t. V, p. i5o.
frotter avec confiance contre cette pierre pour se délivrer de leurs maux corporels *. »
Après diverses neuvaines inutiles « une vertueuse fille de quarante-huit ans » qui souffrait depuis sept ans « d'un mal occulte », prend, en 1867, le parti de se rendre au tombeau de saint Gilles, voisin de Nîmes.
« Etant descendue près du tombeau, raconte-t-elle elle-même, je le baisais avec effusion, je le touchais avec une espèce d'ivresse, comme pour en extraire une grâce, tandis que, de mes yeux attendris, coulaient des larmes ahondantes. Enfin, oserai-je le dire ! je m'assis sur la pierre sainte, bien que ma conscience me reprochât vivement cette irrévérence. Tout à coup je me sentis guérie. Ce fut aussi sensible qu'instantané. En même temps une ineffable consolation embauma mon âme et i'envahit de toutes parts. Et j'entendis comme une voix qui me disait : ce Eh bien, vous voilà guérie ; » maintenant prenez du lait. » Je prends du lait depuis, avec un appétit presque sensuel, moi qui ne pouvais en supporter la vue. »
L'abbé Trichaud, qui publie ce récit, n'hésite pas à déclarer qu'il en trouve les détails « saisissants ». Le fait est que cette voix mystérieuse — celledu saint, sans doute — recommandant à la malade assise irrévéren-